Université Paul-Valéry : coup de force de la présidente sur le passage des partiels
Bloquée depuis le mardi 14 mars, la faculté Paul-Valéry Montpellier III reste pleinement mobilisée contre la réforme des retraites et la politique autoritaire du gouvernement d’E. Borne. Des assemblées générales hebdomadaires (plus d’un millier de personnes à chaque fois), un campus « à demi-occupé » par les étudiants, et comme un air de printemps 68 qui parcourt la fac. Seulement voilà : la présidente de l’université n’envisage pas la fin de l’année ainsi
Le rapport de force semble prendre un tournant entre les syndicats étudiants et la présidence de l’université. Le conseil des études et de la vie universitaire a adopté ce mardi 11 avril deux motions concernant la tenue des examens du second semestre : l’une accordant un « 12/20 améliorable » à l’ensemble des étudiants lors de la première session, l’autre prévoyant la possibilité de reporter la moyenne du premier semestre sur le second (avec une seconde session d’examen en juin, basée uniquement sur les cours dispensés en présentiel).
Ces motions, portées par les syndicats du campus (dont Solidaires), ne semblent pas être du goût des instances dirigeantes de la fac.
Le jour même, un mail atterrit dans la boîte mail de tous les étudiants, signé de la présidence (Anne Fraisse) : « Ces décisions sont illégales car elles contreviennent au principe général de souveraineté des jurys ainsi qu’à l’article L613-1 du code de l’éducation qui dispose que « Les aptitudes et
l’acquisition des connaissances sont appréciées, soit par un contrôle continu et régulier, soit par un examen terminal, soit par ces deux modes de contrôle combinés. Ces décisions ont été transmises au
rectorat qui exercera son contrôle de légalité. »
Le lendemain, sans doute après avoir épluché une (nouvelle) nuit le code de l’éducation, la présidence de l’université tranche : « En vertu de l’article L712-2(…), la présidente suspend la transmission au rectorat des motions votées hier en CEVU et un CEVU exceptionnel sera convoqué dans un délai qui ne peut être inférieur à huit jours et supérieur à un mois. Dans l’attente de cette nouvelle délibération, les épreuves prévues auront lieu selon les consignes données par vos composantes cette semaine (…). »
Depuis, les syndicats étudiants n’ont pas encore réagi à cette tentative de passage en force. La faculté reste entièrement bloquée depuis maintenant près de trois semaines, avec une vie alternative qui continue de fleurir sur le campus : une bibliothèque maintenue ouverte, des conférences, des expos, des concerts, des débats, des projections – et même des cours « ouverts » donnés par des enseignants pour les étudiants désireux d’étudier dans des conditions différentes, l’essentiel des bâtiments étant
toujours bloqués.
Voilà quelques années que la faculté n’avait pas connue une mobilisation aussi importante : semaines après semaines, la participation aux assemblées générales du campus reste significative, on relève même des tentatives de jonction avec les universités voisines (notamment la
faculté de sciences) et le mouvement syndical des cheminots (avec une action de blocage des voies ferrées ce mardi 11 avril, durant laquelle trois étudiants ont été interpellés).
Pendant que les manifestations intersyndicales ponctuent les jours de mobilisation, la méthode « 49.3 universitaire » adoptée par la présidence ne semble pas être la meilleure option pour apaiser la situation avec les étudiants en lutte…
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