Chronique ” Gaza Urgence Déplacé.e.s” | Au cœur de Gaza assiégée : quand l’espoir pousse malgré la guerre
4 avril 2025Dans cette horreur effroyable les équipes soutenues par l’ UJFP continuent envers et contre tout de maintenir la vie, un texte d’Abu Amir reçu le 4 Avril
Au cœur de la bande de Gaza assiégée, où aucune voix ne couvre celle de la souffrance, la crise humanitaire s’aggrave de jour en jour. Les points de passage sont fermés, et des milliers de camions chargés d’aides humanitaires, de carburant et de gaz de cuisson sont bloqués du côté égyptien, en attente d’une autorisation d’entrée de la part d’Israël. Mais la politique de famine imposée par l’armée israélienne, à travers la fermeture systématique et continue des frontières, a transformé la vie des habitants en un enfer insupportable. Et face à ce blocus étouffant, le spectre de la famine plane à l’horizon, menaçant la vie de millions de personnes qui ne trouvent plus de quoi se nourrir.
Les marchés de Gaza sont presque vides de produits alimentaires de base. Et ce qui reste est vendu à des prix exorbitants, inaccessible aux plus démunis. Dans cette obscurité, une lueur d’espoir persiste encore : elle se manifeste à travers la survie de quelques légumes sur les étals, grâce aux efforts de cultivateurs qui ont décidé de défier la guerre, la faim et la peur, en cultivant ce qu’ils pouvaient dans les zones intérieures de la bande, comme Deir al-Balah, Al-Zawaida et les zones côtières de Khan Younis. Ces régions, qui ont servi de refuge relatif à l’agriculture, ont connu une activité agricole modeste mais précieuse, permettant de couvrir une partie des besoins alimentaires de la population, même de façon limitée.
C’est dans ce contexte, au milieu des bombardements et des déplacements, qu’est née en septembre 2024 l’initiative « Soutenir les agriculteurs pour cultiver leurs terres », lancée par l’UJFP à Deir al-Balah. Cette initiative est venue comme une main tendre posée sur l’épaule de l’agriculteur gazaoui, soudain privé de terre, de revenus et d’espoir. Elle a représenté une impulsion précieuse, encourageant ces cultivateurs à retourner sur leurs terres malgré la peur, les destructions, malgré tout. L’initiative leur a fourni semences, plants, générateurs électriques, conduites d’eau et tout ce dont ils avaient besoin pour recommencer.
Peu à peu, les surfaces cultivées à Deir al-Balah ont commencé à s’étendre. La terre, presque desséchée par la douleur, a recommencé à verdir. Les agriculteurs, qui ne savaient plus comment nourrir leurs enfants, peuvent aujourd’hui vendre une partie de leurs récoltes, subvenir aux besoins de leurs familles et approvisionner leur communauté.
Mais l’initiative ne s’est pas arrêtée là. Les équipes ont poursuivi leur travail, notamment auprès des agriculteurs les plus fragiles, incapables de supporter les coûts élevés de la culture. Cette semaine, des milliers de plants ont été distribués à Deir al-Balah dans une nouvelle tentative de soutenir leur résilience et de les aider à cultiver à nouveau leurs terres, malgré tout ce qu’ils ont perdu.
Ce qui rend la situation encore plus difficile pour les agriculteurs de Gaza, c’est ce qu’ils ont enduré pendant la dernière guerre : terres arrachées, serres incendiées, absence totale de soutien. À cela s’ajoute le monopole des commerçants sur les médicaments et les intrants agricoles, ainsi que leur contrôle abusif des prix, au mépris du paysan pauvre et de sa situation économique catastrophique.
Face à cette réalité, l’importance de l’initiative de l’UJFP apparaît comme un geste stratégique visant à soutenir le secteur agricole et à préserver ce qui reste de la terre et de la dignité. Ce projet n’est pas une simple opération de distribution de plants, c’est un acte de résistance, profondément humain, qui vise à redonner espoir à ceux qui ont tout perdu.
Cette initiative a démontré que l’investissement dans l’agriculture à Gaza n’est pas un luxe, mais une nécessité. Car autonomiser l’agriculteur, c’est renforcer toute la société. Lorsqu’un champ est cultivé à Deir al-Balah, un affamé est nourri à Nuseirat, un espoir naît à Khan Younis, et une graine de dignité est plantée sur une terre épuisée par le siège et l’oubli.
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