Chronique ” Gaza Urgence Déplacé.e.s” | Gaza : une réalité humaine de plus en plus dure jour après jour

22 mars 2026
Encore de nouveaux ateliers de soutien psychologique pour les femmes! crédit photo ujfp Gaza

Dans cette réalité l’équipe de l’UJFP persiste dans ses actions humanitaires, compte rendu de la troisième semaine de Mars : soutien psychologique, sécurité alimentaire, agriculture, distribution nécessaires dans les camps et éducation !

Dans les camps les femmes deviennent les gardiennes de la vie

Atelier de soutien psychologique organisé dans le camp “des amis”

Dans les camps qui s’étendent à l’ouest de Deir el-Balah la surpopulation n’est plus un simple mot, mais une réalité quotidienne qui s’impose dans chaque recoin. Les lieux d’hébergement sont si rapprochés que l’air semble manquer, les infrastructures de base font défaut, et obtenir de l’eau potable devient une tâche ardue nécessitant une gestion très prudente. Chaque goutte compte, et chaque usage fait l’objet d’un calcul minutieux entre nécessité et crainte de pénurie. Dans ce contexte, les prix des biens essentiels grimpent de manière inédite, rendant ces derniers inaccessibles pour beaucoup, en raison de la guerre continue qui a réduit l’arrivée des aides et des marchandises. Les femmes jouent à la fois le rôle de mère et de père, gèrent la vie quotidienne et protègent leurs enfants d’un environnement sanitaire fragile, où les maladies se propagent facilement dans un espace surpeuplé et exposé à la pollution.

L’équipe de UJFP a organisé une séance au « Camp des Amis » à l’ouest de Deir el-Balah, avec la participation de 20 femmes.. La session était un espace interactif combinant éducation sanitaire, soutien psychologique et social.

L’activité a commencé par des exercices psychologiques doux, centrés sur la respiration et la relaxation. Les participantes se sont assises en cercle, prenant de courts moments pour fermer les yeux et tenter de s’extraire momentanément du tumulte quotidien. Les activités ont progressivement inclus de simples exercices de méditation, demandant aux femmes d’imaginer un lieu où elles se sentent en sécurité. Les réponses ont été diverses : des maisons anciennes, des coins familiers, ou même de petits détails d’une vie avant le déplacement. Une participante a dit calmement :
«
J’ai imaginé ma maison pas parce qu’elle était meilleure, mais parce qu’elle avait un sens pour moi. »

Dans la partie éducative, les discussions ont porté sur la santé publique et l’hygiène à travers un dialogue ouvert. Des questions ont été posées sur la gestion de l’eau limitée, la réduction des risques de contamination dans un espace surpeuplé et la prise en charge des maladies cutanées et intestinales avec des moyens simples. Les réponses venaient de l’expérience quotidienne. Une femme a expliqué :
«
Nous partageons l’eau comme si nous la divisons entre deux besoins essentiels dont aucun ne peut être négligé. »Une autre a ajouté :« Même les gestes les plus simples, comme se laver les mains, doivent être calculés avec soin. » Les participantes ont été réparties en petits groupes pour discuter de situations récurrentes : manque d’eau, maladie d’un enfant, difficulté à maintenir la propreté dans un espace restreint.

Puis le volet psychologique à travers une activité d’expression de leur quotidien.Une participante a raconté ses réveils matinaux pour obtenir de l’eau, une autre son inquiétude constante pour la santé de ses enfants, et une troisième ses efforts pour cacher sa peur derrière un calme apparent.

Une participante a dit :« Nous ne vivons pas des journées différentes, nous répétons le même jour, mais avec plus de fatigue. »
Une autre a répondu avec un léger sourire :
« Nous parlons entre nous parce que parler soulage, même si rien ne change. »

La session comprenait également des activités éducatives interactives, avec des idées pratiques sur des alternatives simples pour l’hygiène et la désinfection, et des discussions sur la gestion des ressources limitées au sein de la famille, ainsi que sur l’importance de la sensibilisation sanitaire pour limiter la propagation des maladies, notamment chez les enfants et les personnes âgées.

En conclusion, les femmes ont participé à une activité collective autour d’une phrase unique : « Qu’est-ce qui m’aide à continuer ? »
Les réponses étaient variées, mais convergentes dans leur essence :
« Mes enfants. »« La patience. »« L’habitude. » « Être ensemble. »

La femme palestinienne se distingue comme gestionnaire de la vie quotidienne, mais aussi comme pilier de la santé publique au sein de sa petite communauté. À travers les détails de la vie quotidienne et malgré des conditions extrêmement difficiles, ces femmes continuent de tracer les contours d’une vie possible.

Lien vers les photos et vidéos

https://drive.google.com/drive/folders/1oQ2-rOqb1NeZxgxutq5m6x4Dk2TymbYs

Deuxième atelier de soutien pour les femmes à Gaza 

Un espace sécurisé où elles peuvent exprimer leurs émotions et partager leurs expériences. Ces rencontres constituent un véritable soulagement face aux tensions et à l’anxiété. Les ateliers abordent divers thèmes, tels que la gestion du stress quotidien, le soutien psychologique aux enfants et la recherche de solutions pratiques aux difficultés rencontrées. Ils incluent également des activités collectives qui renforcent les liens sociaux et créent un réseau de soutien.

https://drive.google.com/drive/folders/1GZzJPqxFDRkCB89yYa8g6CCqt7HK9UV8

La bande de Gaza traverse une phase humanitaire complexe qui dépasse les crises. Des milliers de personnes déplacées vivent dans un cycle incessant de perte et de déracinement. La vie quotidienne n’est plus la même : elle s’est transformée en une succession d’épreuves liées à la survie elle-même. Accéder à de l’eau potable, obtenir un repas ou trouver un abri sûr est devenu un accomplissement en soi. Cette crise ne touche pas une catégorie spécifique, mais l’ensemble de la société. Médecins, ingénieurs, enseignants, agriculteurs, pêcheurs et ouvriers, autrefois piliers de la communauté se retrouvent aujourd’hui confrontés à la pauvreté et au besoin. Les rôles se sont inversés : ceux qui apportaient de l’aide attendent désormais d’en recevoir.

Les scènes quotidiennes aux points de distribution de l’aide illustrent l’ampleur de cette transformation : longues files d’attente, visages épuisés et enfants qui attendent silencieusement leur tour. En parallèle, les familles vivent dans des tentes rudimentaires qui n’offrent qu’une protection minimale face aux conditions climatiques difficiles. L’ensemble de ces conditions dresse un tableau d’une souffrance prolongée, où il n’est plus question de confort ou de stabilité, mais de survie et de résistance face à une réalité qui s’aggrave jour après jour.

Sécurité alimentaire : des repas qui redonnent un souffle à la vie

Dans la région d’Al-Mawasi à Khan Younès, les efforts ont débuté auprès des familles d’agriculteurs ayant perdu leurs moyens de subsistance, puis se sont étendus aux déplacés dans les camps de Deir al-Balah. Cette expansion reflète une réponse directe à l’ampleur croissante des besoins. Le spectacle des enfants attendant dès les premières heures du matin devant les points de distribution est devenu une scène quotidienne. Ils tiennent de simples récipients, portés par l’espoir d’un repas chaud. Pour certains, ce repas représente bien plus qu’une simple nourriture. Souvent, les enfants partagent leurs portions, illustrant un esprit de solidarité malgré la dureté des circonstances. Ces repas ne nourrissent pas seulement les corps ; ils apportent aussi un apaisement aux mères et donnent aux enfants l’énergie nécessaire pour continuer. .

Distribution de repas aux familles de Deir al-Balah

https://drive.google.com/drive/folders/16gDZM0LjiRBarUIdp_n_uJx9kkkCzYwa

Distribution de repas aux familles de Khan Younis

https://drive.google.com/drive/folders/12ygx8lCxz7LDf0Ic04W198Xqrywv-sz8

Soutien aux moyens de subsistance : l’agriculture comme source d’espoir

Face à l’effondrement des moyens de subsistance, l’agriculture apparaît comme une voie essentielle pour retrouver une certaine stabilité économique et alimentaire. Malgré les dégâts considérables subis par les terres agricoles, la terre reste une source de vie et d’espoir. Les équipes de l’UJFP ont mis en œuvre plusieurs initiatives visant à réhabiliter ce secteur : labour des terres, réparation des serres et remise en fonctionnement des réseaux d’irrigation. Ces efforts visent à permettre aux agriculteurs de retourner sur leurs terres et de reprendre leurs activités. Dans ce cadre, 15 000 plants sont actuellement distribués dans la région de Deir al-Balah, prêts à être cultivés dans un avenir proche. Cette initiative offre aux agriculteurs une opportunité de générer à nouveau des revenus. L’impact attendu ne se limite pas aux agriculteurs, mais s’étend à l’ensemble de la communauté, en contribuant à améliorer la sécurité alimentaire locale. Des séances de dialogue sont également organisées afin d’écouter les défis rencontrés et d’élaborer des solutions adaptées en collaboration avec les agriculteurs. Soutenir l’agriculture dans ce contexte ne signifie pas seulement produire de la nourriture, mais investir dans la capacité de la société à devenir plus autonome malgré les contraintes.

Une réponse globale : des initiatives pour répondre aux besoins quotidiens

La réalité sur le terrain dans les camps révèle des besoins multiples et évolutifs. Les familles déplacées, ayant fui précipitamment, ont perdu la plupart de leurs biens et dépendent presque entièrement de l’aide. Depuis le début de l’escalade à Gaza, les équipes ont mis en place une série d’initiatives pour répondre à ces besoins : distribution de tentes, de vêtements et de couvertures, ainsi que de bâches en plastique pour protéger contre les intempéries, en plus de paniers de légumes. Les aspects sanitaires n’ont pas été négligés, avec la distribution de produits d’hygiène, de compléments nutritionnels et de lait infantile, essentiels pour préserver la santé. Dans ce contexte, au cours de la semaine écoulée, 37 bâches en plastique, 39 couvertures et 22 vêtements pour enfants ont été distribués, dans le cadre de la réponse aux besoins urgents des familles déplacées dans la zone centrale de Gaza. Ces initiatives constituent une réponse intégrée qui respecte la dignité humaine et le droit à un minimum de stabilité.

Distribution d’aide d’urgence aux familles de la région de Deir al-Balah

https://drive.google.com/drive/folders/1IT9qJXEoYXNi6uNUgWXAOqvJbgVpAJpL

Continuité de l’apprentissage : l’éducation comme forme de résistance

Malgré les immenses difficultés, l’éducation demeure une priorité essentielle pour la communauté. Les familles s’efforcent de trouver des moyens permettant à leurs enfants de poursuivre leur apprentissage. Face à la fermeture des écoles, l’UJFP a mis en place plusieurs centres éducatifs dans les camps de déplacés afin d’assurer une continité pédagogique. Ces centres accueillent un grand nombre d’élèves et proposent des cours de base pour compenser les pertes éducatives. Les enseignants, malgré leurs propres difficultés, poursuivent leur mission avec détermination. Pour les enfants, ces centres représentent bien plus qu’un lieu d’apprentissage : ils offrent un sentiment de stabilité et permettent de retrouver une routine quotidienne. Ils apportent également un soutien psychologique indirect grâce à des activités éducatives et interactives. Dans ces conditions, l’éducation devient un acte de résistance et un outil fondamental pour construire l’avenir.

programmes éducatifs

https://drive.google.com/drive/folders/1bCF-COe-wDiXCJ-06PfVzZX5Q-2ELiTg

L’impact du don dans la continuité de la vie

La poursuite des activités humanitaires et de secours n’aurait pas été possible sans cet élan sincère de solidarité, qui constitue un pilier fondamental du soutien aux populations déplacées. Ce soutien, sous toutes ses formes, n’est pas un geste ponctuel, mais une force durable qui a permis de maintenir les initiatives et d’atteindre des milliers de familles confrontées à des conditions difficiles. Ce qui a été accompli démontre clairement que la solidarité n’est pas un concept abstrait, mais une réalité concrète qui se traduit par un impact tangible dans la vie des personnes. Cette rencontre humaine entre ceux qui donnent et ceux qui reçoivent renforce le sens de la responsabilité collective et confirme que la dignité humaine peut être préservée lorsque les efforts convergent. Face à la persistance des défis, cet engagement demeure un facteur essentiel de continuité, renforçant la capacité des déplacés à résister et à avancer malgré toutes les difficultés.

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