Chronique ” Gaza Urgence Déplacé.e.s” | Un hiver au chaud, de petits manteaux pour les enfants de Gaza

29 janvier 2026
Un hiver au chaud pour les enfants des agriculteurs du camp d’Al-Rayan situé dans la ville de Hamad crédit photo ujfp Gaza

Dans la bande de Gaza, les histoires des enfants ne commencent pas avec les jouets et les rires, mais avec les décombres, la poussière et le bruit du vent qui traverse les tentes de déplacement. Les enfants de Gaza ne portent pas des cartables scolaires, ils portent des questions plus grandes que leur âge : pourquoi avons-nous été privés de nos maisons ? Pourquoi notre enfance dort-elle sur un sol froid ? Et pourquoi le monde reste-t-il plongé dans un long sommeil face à cette douleur ouverte ?

Au cœur des camps de déplacés, les petits rêves s’entassent dans des tentes étroites, et les rires sont arrachés aux lèvres des enfants pour être remplacés par un lourd silence. C’est une enfance perdue, la guerre, qui s’est étendue sur près de deux ans, n’a pas seulement volé le présent ; elle a aussi étendu ses bras cruels pour manipuler l’avenir, laissant toute une génération affronter la vie pieds nus et le cœur chargé de douleur.

Des droits piétinés et des besoins reportés

La guerre n’a pas été seulement la destruction des bâtiments, mais aussi une destruction systématique des droits fondamentaux des enfants : le droit à l’éducation, à la santé, à une alimentation sûre, au jeu et au sentiment de sécurité. Même après l’arrêt des combats, les enfants restent prisonniers de la pauvreté et du besoin, à la recherche des conditions les plus élémentaires d’une vie digne. Des écoles détruites ou surpeuplées, des services de santé limités, une nourriture rare et des vêtements incapables de les protéger du froid rigoureux de l’hiver. À chaque coin des camps, le besoin se dresse comme un témoin que la bataille de la survie n’est pas encore terminée.

Un hiver au chaud: une initiative qui a ravivé l’espoir

Au milieu de cette réalité difficile, l’initiative Un hiver au chaud, lancée par l’UJFP chaque hiver, est venue comme un rayon de lumière dans l’obscurité hivernale. Nos équipes ont ciblé les enfants des agriculteurs du camp d’Al-Rayan situé dans la ville de Hamad, qui a rassemblé un grand nombre d’enfants d’agriculteurs dispersés dans d’autres camps de la région d’Al-Mawasi à Khan Younès, et qui n’avaient pas bénéficié de cette initiative auparavant. Nos équipes ont distribué 375 pièces de vêtements d’hiver, transformant ainsi les tentes froides en petits espaces de joie temporaire.

Une joie qui défie le froid

Dès l’arrivée de nos équipes au camp, les enfants les ont accueillies avec des cris de joie et des rires, comme s’ils accueillaient une fête longtemps attendue. De petits yeux brillaient de bonheur et des mains se tendaient avec empressement vers de nouveaux manteaux, comme si elles se tendaient vers la chaleur de la vie elle-même.

Quant aux mères, leurs sourires se sont mêlés aux larmes de gratitude, de joie et de tristesse enfouie à la fois. En voyant leurs enfants porter des vêtements neufs qui les protègent du froid des nuits rigoureuses, elles ont senti, ne serait-ce qu’un instant, que la douleur s’allégeait et que l’espoir restait possible malgré tout. Les pères, de leur côté, ont salué cette initiative qui a ciblé leurs enfants et ont remercié nos équipes pour la rapidité de la réponse à leurs appels, considérant que ce geste humanitaire leur a rendu une part de dignité et de sécurité.

Une chaleur qui dépasse les manteaux

L’initiative Un hiver au chaud a semé l’esprit d’espoir parmi les enfants et a affirmé que Gaza n’est pas seule, et qu’il existe encore des cœurs qui battent d’humanité. La solidarité avec les enfants et les familles de Gaza, touchés par la guerre, n’est pas un choix secondaire, mais un devoir moral et humain. Chaque contribution, aussi modeste soit-elle, dessine un nouvel espoir, diffuse de la chaleur dans les cœurs et renforce les ponts de solidarité entre les peuples.

De l’espoir malgré la douleur

Aujourd’hui, nous avons plus que jamais besoin de la continuité de ces initiatives afin d’éloigner le spectre de la faim, de répandre la chaleur et de ramener le savoir dans un lieu meurtri par les guerres et alourdi par les souffrances. Les enfants de Gaza n’ont pas seulement besoin d’un manteau pour se protéger du froid, mais d’un monde plus juste, d’une conscience humaine vivante et d’une véritable chance de vivre leur enfance comme ils le méritent. En attendant ce jour, chaque initiative humanitaire restera comme une petite bougie, mais capable, lorsqu’elles se multiplient, de dissiper une part de cette longue obscurité.

Lien vers les photos et vidéos

https://drive.google.com/drive/folders/1sM–rYP2pO4iWShYXMpomvuelF4gMv6Y

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