“La 5G ne sert qu’une infime portion de l’économie au service du tout-numérique” | Lettre aux élus de l’Hérault

par Le Poing 10 février 2021

Le Poing relaie cette lettre ouverte du collectif « Changeons le système, pas le climat ! » aux élus de l’Héraut pour connaître leur position sur la 5G et les convaincre de la pertinence d’un moratoire.



Mesdames, Messieurs les élu·e·s, des municipalités, des métropoles, communautés de communes de l’Hérault, du conseil général de l’Hérault, de la région Occitanie.

Nous avons l’honneur de vous adresser la présente lettre ouverte afin connaître votre position publique concernant la 5G et vous inviter à en débattre avec les citoyennes et citoyens et décider d’un moratoire sur son déploiement.

Le déploiement de la 5G est controversé. Certaines villes d’Europe (en Autriche, Suisse, Italie, par exemple),et des Etats-Unis (comme au Connecticut, au Tennessee, en Floride, en Californie, etc…) , ont réussi à en bloquer le déploiement, et en France, une soixantaine d’élus dont les maires de Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Tours, Grenoble, Marseille…, Grabels ont demandé dans une tribune un moratoire.

Nous vous détaillons à la fin de ce courrier les différents points qui suscitent des interrogations et des inquiétudes des institutions, des chercheurs et des citoyen·ne·s.
Nous souhaitons vous apporter un éclairage indispensable fondé sur des études scientifiques tangibles concernant les problèmes démocratiques, environnementaux, de santé publique et de libertés individuelles qui adviendraient si la 5G venait à être déployée ou étendue dans notre territoire.
Cette technologie se déploie en ce moment même sans concertation alors que son développement inquiète de plus en plus de citoyen.ne.s , vos administré.e.s.
Cela a été relayé par la Convention Citoyenne pour le climat qui a également demandé un moratoire. Il est inacceptable que l’exploitation commerciale de la 5G débute avant une évaluation complète sur ses impacts sanitaires, environnementaux et sociétaux et sans un débat public éclairé.

Les pouvoirs publics et privés, dans leur course à la compétitivité, font fi de toutes les recommandations émanant de la littérature scientifique, des pétitions et actions des associations, des alertes de plus en plus insistantes de milliers de citoyen·e·s et d’expert·e·s scientifiques. Le principe de précaution, inscrit dans la loi en est bafoué.

Depuis un certain temps, de très nombreux appels dans de nombreux pays demandent l’arrêt de ces projets. L’Appel international pour l’arrêt du déploiement de la 5G sur terre et dans l’espace, notamment, a été signé par quantité de biologistes, biochimistes, médecins, physiciens, ingénieurs en génie électrique et autres personnalités.

Nous savons que ce déploiement ne servira in fine qu’à une infime portion de l’économie, pour la mise en œuvre d’une société du tout numérique, aux graves conséquences quant aux libertés individuelles, à l’environnement, à la gestion énergétique, à l’existence du vivant lui-même, le tout dans le plus grand déni du droit des peuples.

Le rapport préliminaire de l’ANSES d’octobre 2019, dit que la 5G va « favoriser la numérisation de la société en autorisant le développement de nouveaux usages tels que la réalité virtuelle, les transports intelligents (contrôle du trafic routier, optimisation énergétique…), l’industrie du futur (pilotage à distance des outils industriels, connectivité des machines…), la télémédecine ou encore l’éducation en ligne par exemple ».

Ces objectifs sont hautement contestables, surtout pour les territoires où la fibre optique est déjà déployée. Le choix de civilisation sous-jacent n’a jamais été explicitement mis en débat : incidences sanitaires, impact environnemental, croissance exponentielle de la consommation d’énergie, impacts sur les libertés individuelles, augmentation exponentielle des volumes de données exploitées.

En décembre 2020, le Haut Conseil pour le Climat (nommé par Emmanuel Macron) a estimé que les prochaines attributions de fréquences pour la 5G ne devraient pas se faire sans évaluation préalable de ses impacts sur l’environnement et prévoit une augmentation de l’empreinte carbone du secteur numérique de 18 à 44,6% à l’horizon 2030, selon l’intensité du déploiement de la 5G .

Nul ne pourra plus dire qu’il ne savait pas.

Nous avons l’honneur de vous demander d’agir pour nous protéger en vous prononçant pour un moratoire sur le territoire dont vous avez la responsabilité.

Il nous semble par ailleurs important de proposer des débats éclairants au sein de votre commune, de votre territoire afin de voir notamment si la société ultra connectée que nous propose cette technologie est bien le projet des citoyens ? Nous sommes à votre disposition pour toute rencontre sur cette thématique.

Vous pouvez nous adresser votre position, que nous relayerons objectivement, ou votre souhait de participer à un débat, prochain, sur le sujet en nous contactant via cette adresse mail : stop5G[at]protonmail.com

Nous comptons sur vous !

Dans l’attente de connaître vos propositions dans ce sens, nous vous prions de croire, Madame, Monsieur l’élu·e à l’assurance de notre respectueuse considération.

Le Collectif Changeons le système, pas le climat !

Élements complémentaires

Le déploiement de la 5G suscite une inquiétude grandissante sur les risques sanitaires associés à son exploitation, relayée par la Convention Citoyenne pour le climat. Si cette inquiétude peut parfois découler pour partie d’une préoccupation globale sur l’exposition aux ondes électromagnétiques, elle est surtout en lien avec l’exploitation spécifique de la bande de fréquences 3,5 GHz, dont les effets sur le vivant n’ont pas encore donné lieu à l’élaboration d’une littérature scientifique permettant d’éclairer utilement le débat public.
Pire encore : ultérieurement cette technologie imposera des ondes dites « millimétriques » à très hautes fréquences (> 24 GHz) dont les conséquences sur le vivant sont encore moins évaluées scientifiquement.
Alors que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) doit publier au cours du premier trimestre 2021 son expertise permettant d’indiquer s’il existe ou non un risque sanitaire avéré lié à la 5G, il est inacceptable que son exploitation commerciale débute avant.

Les rayonnements des radiofréquences et micro-ondes ou « RF/MWR » pour « radiofrequency/microwave radiation », consécutifs aux installations des antennes-relais affectent l’ensemble des organismes vivants, et la population entière en subit les effets biologiques dangereux.

Du fait de cette pollution électromagnétique exponentielle, de plus en plus de personnes souffrent de symptômes sévères : détresse respiratoire, hypoxie cérébrale, troubles du rythme cardiaque, troubles cognitifs comme les déficits de l’attention et pertes de mémoire, troubles du comportement, maux de tête, vertiges, acouphènes, insomnies, fatigue chronique, dépression, et plus.

De nombreux scientifiques s’accordent à reconnaître que ce syndrome de sensibilité électromagnétique « EMS » ou « EHS », est une maladie environnementale qui atteint aujourd’hui un pourcentage sérieux de la population. Contrairement à d’autres pays, la France est très en retard dans la considération de ce handicap exogène. [Au propos de l’hypersensibilité électromagnétique, l’Organisation Mondiale de la Santé évoque bien « divers symptômes […] de gravité très variable » potentiellement « handicapant », en précisant qu’il n’existe pas de « base scientifique permettant de relier ces symptômes à une exposition aux champs électromagnétiques », NDLR]

La société civile, et aussi des médecins, professeurs, experts internationalement reconnus s’élèvent dans le monde entier pour prévenir des inexorables préjudices scientifiquement établis.

L’Appel international pour l’arrêt du déploiement de la 5G sur terre et dans l’espace, notamment, a été signé par quantité de biologistes, biochimistes, médecins, physiciens, ingénieurs en génie électrique et autres personnalités.
Très circonstancié, et des plus inquiétants, il contient en langage simple nombre d’explications techniques rarement fournies.
Selon la version française de cet appel, le déploiement de la 5G prévu dans les rues avec une multiplication d’antennes et par satellites (50 000 seraient prévus), entraînerait « une augmentation considérable de l’exposition au rayonnement de radiofréquence, qui s’ajoutera au rayonnement induit par les réseaux de télécommunications 2G, 3G et 4G déjà en place. […]
Si les plans de l’industrie des télécommunications pour la 5G se concrétisent, pas un être humain, pas un mammifère, pas un oiseau, pas un insecte et pas un brin d’herbe sur terre, quel que soit le lieu de la planète où il se trouve, ne pourra se soustraire à cette exposition, à un tel électrosmog, 24 heures sur 24 et 365 jours par an […] Toutes les issues de secours seront barrées. Ces plans pour la 5G risquent d’avoir des effets graves et irréversibles sur les êtres humains et de causer des dommages permanents à tous les écosystèmes terrestres. »

Cependant, ces objectifs sont hautement contestables : la rapidité obtenue grâce aux câbles à fibre optique fournit aux utilisateurs d’internet un service beaucoup plus rapide encore que la 5G, et plus fiable, plus sécurisé et plus efficace en termes de consommation électrique. La télémédecine a également une valeur discutable : des dommages ont été récemment observés, notamment en Italie où la médecine « high tech » est intervenue avec des conséquences bien plus néfastes que si rien n’avait été fait. Quand bien même elle pourrait permettre de soigner à distance, la fibre optique remplirait ce rôle de manière bien plus performante et sécurisée.

Au-delà du choix de civilisation sous-jacent, jamais explicitement mis en débat, et des dégâts sanitaires, la 5G c’est aussi, à travers l’impact environnemental et la croissance exponentielle de la consommation d’énergie générés par son déploiement, une question cruciale pour le devenir de notre planète, dont il nous paraît nécessaire et urgent que chaque représentation municipale s’empare.

La 5G permettra de connecter une grande quantité d’objets et véhiculera donc beaucoup plus de données. Cet accroissement des objets connectés, l’augmentation inutile des débits impliqueront, par effet rebonds, une augmentation exponentielle des trafics et stockages de données.

  • Les millions d’antennes 5G ne seront jamais en “mode veille”, en raison des connexions permanentes de tous les objets connectés.
  • Des centaines de milliards d’appareils deviendront autant de déchets (très peu recyclables) dans moins de dix ans, aggravant un bilan écologique déjà lourd
  • Il faudra détruire la totalité des appareils mobiles existants devenus obsolètes, et produire des milliards de nouveaux appareils, en plus des dizaines de millions d’antennes.
  • La production de ces appareils nécessite des matériaux qui sont extraits au mépris des droits humains.
  • De telles augmentations entraîneront inévitablement une augmentation de la consommation et de la production d’énergie.

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