Une lettre ouverte des Etats Généraux des Migrations groupe de Montpellier

par Le Poing 11 juin 2021
états généraux des migrations

Nous avons reçu cette lettre ouverte -des Etats généraux des migrations /  groupe local Montpellier – aux candidat.e.s et élu.e.s,  le Poing la relaie

LETTRE OUVERTE à Mesdames et messieurs les candidat.e.s et élu.e.s,

Dans la perspective des élections départementales à venir, les États Généraux des Migrations souhaitent inciter les futur.e.s élu.e.s à prendre des engagements concrets pour la mise en place de mesures d’accueil et pour le respect des droits des personnes exilées. Alors que vous vous apprêtez à concourir pour le premier tour des élections départementales, il nous est apparu fondamental de vous faire part de nos réflexions concernant la responsabilité des départements dans l’accueil et la protection des personnes étrangères et plus particulièrement des jeunes mineur.e.s. Nos constats et propositions figurent dans le document que vous trouverez annexé à la charte d’engagement proposée.

Dans l’Hérault, il nous paraît indispensable que les nouveaux élus du Département prennent très rapidement en compte des propositions que nous faisons concernant les MNA, notamment

  • Depuis quelques années, tous les dossiers des jeunes se présentant mineurs au Département sont transmis, après l’évaluation sociale, au Parquet qui mène alors une enquête qui peut durer jusqu’à 2 voire 3 années. Pendant cette période, le jeune est livré à lui-même, sans suivi éducatif régulier, sans scolarisation, ou de préparation à une future entrée en formation. Toutes les démarches administratives pour obtenir un passeport ou demander une carte se séjour sont bloquées.

Nous souhaitons que le Conseil Départemental prenne les initiatives nécessaires pour mettre fin à cette situation et ramener cet accueil provisoire d’urgence à une durée qui doit être la plus courte possible.

  • Nous nous inquiétons par ailleurs du nombre croissant de jeunes se présentant comme mineurs au Département pour demander une protection qui n’ont pas accès à l’évaluation et sont mis directement à la rue. Nous demandons le respect de la loi qui prévoit la mise à l’abri et l’accès à l’évaluation pour tout jeune se présentant mineur.

  • Nous demandons également que l’engagement pris par le CD de ne pas avoir recours au fichier AEM soit maintenu.

La crise sanitaire que nous traversons révèle et accentue les inégalités déjà existantes au sein de notre société. Elle se double d’une crise économique, écologique et sociale qui affecte particulièrement les populations vulnérables, dont font partie un certain nombre de personnes exilées. Pendant la période de confinement, l’aggravation de leurs conditions de vie, déjà souvent précaires, ainsi que les difficultés renforcées d’accès aux droits et aux services publics ont montré les limites du modèle dans lequel nous vivons. Un changement radical des politiques publiques s’impose, prenant en compte l’égalité d’accès aux droits entre les nationaux et toutes les personnes exilées.

Il n’y a pas de « crise migratoire » mais une crise de l’accueil des exilé.e.s.

Faire le choix d’accueillir et non de rejeter, c’est créer une dynamique positive bénéfique pour l’ensemble des habitant.e.s d’un territoire. D’autres réponses sont possibles

Il existe de multiples réseaux et initiatives de solidarité en faveur d’une autre politique migratoire. À leur création en 2017, les Etats Généraux des Migrations ont permis à des ONG et des collectifs/associations de se rassembler et ont contribué à les rendre visibles. La solidarité est toujours très forte aujourd’hui

Nous comptons sur votre volonté de faciliter l’accueil des personnes exilées dans notre département. Et vous invitons dès maintenant à signer la charte d’engagements ci-jointe.

http://file:///tmp/mozilla_bri0/egm-departement-charte-impression.pdf


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