Soutenir la Journée de Jérusalem à Montpellier ou se rendre complice du crime d’Apartheid

Le Poing Publié le 20 juin 2021 à 13:24
Rassemblement de BDS sur la place de la Comédie à Montpellier le 19 juin 2021.

Cela fait plus de 44 années qu’à Montpellier- seule ville en France où existe cette initiative- le Centre Culturel Juif de Montpellier célèbre « la journée de Jérusalem réunifiée, annexée par Israël ». Cette journée coloniale a été initiée à l’époque par Georges Frêche, soutenue tout au long de ces années par les trois collectivités territoriales : municipales, départementales et régionales donc par les impôts des contribuables ! Au début il était assez simple de tracer le soutien des collectivités, Parc de Grammont donnée gratuitement par exemple, mais au fur et à mesure des dénonciations de l’illégitimité de cette journée notamment par le mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions il est de plus en plus difficile de savoir quel est le soutien en « pièces sonnantes et trébuchantes » et s’il existe. Mais en tout cas le soutien institutionnel est patent, les trois logos sur les éléments de communication et la présence de leurs représentants lors de la journée que l’on espère bien orageuse et pluvieuse ce dimanche ! D’ailleurs même l’annonce de cette journée est de plus en plus difficile à repérer sur leur site ou ailleurs dans les médias, comme si elle se dissimulait, en effet chaque année c’est au cours du mois de juin et ultime provocation cette année puisqu’elle a lieu le jour J des différentes élections des représentants de nos collectivités !

En 2020 cette journée n’a pas pu être célébrée à cause de la pandémie, « nous voulons donner à cette édition l’ampleur qu’elle mérite pour souligner le soutien de notre communauté à Israël et à sa capitale, Jérusalem » déclare la présidente du C.C.J.M. Sachant que selon les résolutions de l’O.N.U la ville de Jérusalem est sous juridiction internationale et que Jérusalem -Est fait partie des Territoires Palestiniens. Et justement c’est à bien à Jérusalem Est que l’automne dernier, les tribunaux israéliens ont décidé d’expulser plusieurs familles palestiniennes de leurs maisons de Sheikh Jarrah, dans la poursuite d’une prise de contrôle dévastatrice et violente par les colons israéliens, soutenus par la police et le système judiciaire israéliens.

La suite on la connaît, 254 morts palestiniens dont 66 enfants dans la bande de Gaza, une offensive militaire et répressive israélienne de grande ampleur encore une fois, pire qu’en 2014 aux dires de nombreux témoignages palestiniens. Et c’est dans ce contexte que la célébration de cette journée persiste, soutenue par nos collectivités avec la cerise sur le gâteau de la provocation : l’interdiction par arrêté préfectoral de la manifestation déclarée par BDS France Montpellier contre cette journée coloniale !

Dans le climat nauséabond entretenu par le maire M. Delafosse sur « la laïcité » on peut effectivement se demander quelle est la nature de cette complaisance à autoriser certaines initiatives, à en soutenir d’autres et à interdire, pour de fausses raisons, des mobilisations essentielles.

C’est donc sur la Place de la Comédie que le comité BDS France Montpellier a tenu un stand d’information et de dénonciation de cette journée en distribuant pendant plus de deux heures un tract d’information et une lettre ouverte aux représentants des collectivités locales et territoriales de la ville, département et région de Montpellier.

Beaucoup de passage, des prises de paroles, pendant plus de deux heures les passant.e.s ont pu connaître les raisons de la dénonciation de cette journée comme « une manifestation politique de soutien à la colonisation et à l’ Etat d’apartheid israélien » .

Dans cette situation de provocation, on peut se réjouir que le mouvement BDS ait pu encore une fois ré-occuper la place de la Comédie comme le 29 mai dernier.

Pour plus d’informations, la lettre publique de Pierre Stambul, vice-président de l’Union Juive Française pour la Paix.

Nos articles sont gratuits car nous pensons que la presse indépendante doit être accessible à toutes et tous. Pourtant, produire une information engagée et de qualité nécessite du temps et de l’argent, surtout quand on refuse d’être aux ordres de Bolloré et de ses amis… Pourvu que ça dure ! Ça tombe bien, ça ne tient qu’à vous :


ARTICLE SUIVANT :

Delafosse de nouveau épinglé sur la laïcité