Des citoyens qui ont entamé une grève de la faim en soutien à la Palestine de passage à Montpellier

Jean-Luc Uedre Publié le 4 avril 2025 à 14:06 (mis à jour le 4 avril 2025 à 14:11)
Le 3 avril, le collectif est allé à la rencontre des étudiants de l'Université Paul Valéry de gauche à droite : Marie, Khaled Benboutrif, Ghyzlane Kabouli, Amina Mansouri, Pascal André. ("Le Poing")

Ce jeudi 3 avril, les membres du collectif de citoyens “Faim de Justice pour la Palestine” étaient de passage à Montpellier. Ils ont commencé une grève de la faim le 31 mars pour alerter le public sur le génocide en cours à Gaza et pour le respect du droit international

“Faim de justice pour la Palestine : Jour 4” est écrit sur une banderole, au bord de la table. Assis autour, ils sont cinq, le visage amaigri et fatigué, mais toujours rayonnant d’engagement. Amina Mansouri, une retraitée, Ghyzlane Kabouli, cadre dans la finance, Khaled Benboutrif et Pascal André, deux médecins ayant vécu l’horreur de Gaza et Marie, ouvrière agricole venue donner de la force au mouvement, sont en grève de la faim depuis le 31 mars pour dénoncer le génocide en Palestine. De passage à Montpellier pour faire connaître leur initiative, ils expliquent :“On a tout essayé, mais rien n’y fait, la situation à Gaza empire” déplore Amina, la doyenne du groupe. Marie rejoint le constat de sa camarade : “L’humanité perd un enfant toutes les 40 minutes à Gaza”. Khaled Benboutrif ayant exercé à plusieurs reprises dans l’hôpital européen de Khan Younès, ajoute : “J’ai passé tout le mois de juillet 2024 là bas, et ce sont bien des civils qui sont attaqués ! Le droit international et humanitaire n’est pas respecté.”

“J’ai participé à toutes les manifestations, les marches, et une chose est sûre, on ne doit plus rien attendre de nos politiques. C’est l’engagement de chacun, qui fera changer les choses”, affirme Ghyzlane Kabouli. Les chiffres sont alarmants : plus de 50 000 morts palestiniens depuis le 7 octobre, et environ 1 200 côté israélien selon les chiffres du Hamas considérés “fiables” par l’ONU, comme l’affirment nos confrères du Sud-Ouest

Pascal André insiste sur le fait que ce mouvement est une initiative citoyenne qui se veut “apolitique et éthique”, engagée “pour le respect du droit international”. Il ajoute : “On ne veut pas de cette étiquette d’islamo-gauchistes, on veut parler à tout le monde, même ceux dans l’indifférence.” C’est le sens du combat que chacun veut porter et affirmer : “Nous avons décidé de nous mettre en danger et de porter la voix du droit pour qu’il soit respecté”, précise Ghyzlane.

Une voix s’élève dans la salle : “vous croyez en l’État de droit c’est bien ! Pourtant avec toutes les résolutions de l’ONU les bombardements continuent.” Dr Pascal André rétorque : “C’est pour ça qu’il faut être dans un rapport de force en sensibilisant les citoyens et en disant que nos dirigeants sont complices car ils ne respectent pas le droit international et continuent les coopérations avec Israël.” “Le droit international est notre boussole”, complète Marie en rappelant qu’Israël commet des “crimes de guerre” en référence notamment au bombardement des hôpitaux. Dr Khaled Benboutrif atteste que “lorsque j’étais là bas, je n’ai pas soigné un seul militaire”. Il ajoute ne pas avoir “vu de tunnel sous l’hôpital”. Pascal rebondit : “Nous n’avons jamais entendu de discours de haine de la part des gens qu’on soignait, ils demandaient juste à être aidés”.       

L’objectif de ce mouvement est avant tout l’obtention d’un cessez-le-feu, même s’il sait l’objectif bien ambitieux. Le collectif essaye en partie d’empêcher “la présence d’Israël au Salon du Bourget” qui se tiendra en juin 2025. Mais surtout à amener la France et l’Union Européenne à arrêter toute coopération économique ou militaire avec Israël.“Il faut que nos pays arrêtent de faire l’autruche en mettant la tête dans le sable.” L’idée est aussi d’avoir “plus de grévistes ou de jeûneurs”, Pascal ajoute avec un regard déterminé “je tiendrais un mois sans manger, jusqu’à l’hospitalisation s’il le faut. Enseignants, journalistes, avocats, artistes, médecins, citoyens, tout le monde, rejoignez-nous pour la paix”.

Le mouvement poursuit son tour de France, ils se rendront prochainement dans les villes de Narbonne, Toulouse et Bordeaux. Vous pouvez les suivre sur les réseaux sociaux @hungryforjusticeinpalestine. Par ailleurs, le collectif a lancé une cagnotte. À ce jour, 11 jeûneurs (ponctuels) et 8 grévistes (qui jeûnent sur une durée indéterminée) ont rejoint l’initiative et plus de 700 euros ont été récoltés. 

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