À Montpellier, un happening pour dénoncer « l’abandon » des personnes à la rue

Elian Barascud Publié le 21 janvier 2026 à 15:09 (mis à jour le 21 janvier 2026 à 15:14)
ce mardi 21 janvier, un collectif citoyen récemment créé a interpellé la mairie de Montpellier sur l’inaction face au sans-abrisme, appelant à signer une pétition pour l’activation réelle du plan grand froid. ("Le Poing")

Un militant assis au sol, le visage masqué à l’effigie de Michaël Delafosse, une couverture de survie et une pancarte proclamant « même pas froid » : ce mardi 21 janvier, un collectif citoyen récemment créé a interpellé la mairie de Montpellier sur l’inaction face au sans-abrisme, appelant à signer une pétition pour l’activation réelle du plan grand froid

Assis à même le sol, immobile, recouvert d’une couverture de survie dorée, un homme attend devant l’office de tourisme de Montpellier. Sur son visage, un masque représentant le maire de Montpellier, Michaël Delafosse. A ses pieds, il y a ce panneau, orné d’un message lapidaire : « même pas froid ».

Ce happening, organisé ce mardi 21 janvier, est l’une des premières actions publiques d’un collectif citoyen né après un rassemblement devant l’hôtel de ville, le 12 janvier dernier où une quarantaine de personnes tentaient de remettre au maire et à la préfecture une pétition réclamant l’activation du plan grand froid et l’ouverture de lieux d’hébergement d’urgence pour les personnes vivant à la rue.

« Nous refusons que l’on meure dans la rue »

Dans un manifeste diffusé à l’occasion de cette nouvelle mobilisation, le collectif revient sur la mort d’un jeune homme de 28 ans, décédé d’hypothermie le 30 décembre dernier à Montpellier, devant un centre d’hébergement d’urgence saturé. « Cette mort n’est ni un tragique accident ni une chose malheureuse. C’est le résultat d’une politique d’abandon », écrivent les militants.

Ils dénoncent des réponses « insuffisantes » et « indignes », pointant l’ouverture temporaire d’un gymnase de 55 places pendant seulement quatre jours, alors qu’environ 1 000 personnes dormiraient dehors chaque nuit dans la métropole, dont 80 enfants. « Nous refusons cette normalisation de la misère. Nous refusons que l’on meure dans la rue », martèle le texte.

Une interpellation directe de la mairie

Par cette mise en scène, le collectif vise explicitement la municipalité montpelliéraine, accusée, avec l’État et la préfecture, de se renvoyer la responsabilité de l’hébergement d’urgence. Le collectif revendique également des mesures structurelles : réquisition des logements vacants, ouverture de places d’hébergement dans des bâtiments disponibles, développement de centres pérennes avec accompagnement social, encadrement des loyers et extension du permis de louer à l’ensemble de la ville..

Une pétition, qui a récolté environ 800 signatures, circule toujours pour exiger une réponse immédiate des pouvoirs publics. « Agissons maintenant, pensons sur le long terme », concluent les militants, qui promettent de nouvelles actions à venir.

Nos articles sont gratuits car nous pensons que la presse indépendante doit être accessible à toutes et tous. Pourtant, produire une information engagée et de qualité nécessite du temps et de l’argent, surtout quand on refuse d’être aux ordres de Bolloré et de ses amis… Pourvu que ça dure ! Ça tombe bien, ça ne tient qu’à vous :


ARTICLE SUIVANT :

« Il est urgent de re-populariser l'antimilitarisme » : Entretien avec Pierre Douillard-Lefèvre