Travailleurs sociaux de la Sécu en grève : mobilisation inédite devant la préfecture de l’Hérault
Ce jeudi 29 janvier, les assistantes sociales et conseillères en économie sociale et familiale des Caisses d’allocations familiales, des caisses d’assurance retraite et de la santé au travail et des mutualités sociales agricoles étaient en grève. Une journée d’action nationale pour demander l’octroi de la prime Ségur, la reconnaissance de leur diplôme et des revalorisations salariales
Sur la place du Marché aux fleurs, devant les grilles de la préfecture, des syndicalistes installent un barnum de la CGT ce jeudi 29 novembre. “Des travailleurs sociaux de la sécurité sociale réunis en collectif qui se mettent en grève nationalement, c’est inédit”, commente Thierry Barthez, secrétaire CGT CARSAT (caisses d’assurance retraite et de la santé au travail) Languedoc Roussillon.
En cause, des conditions de travail qui se dégradent et une précarité grandissante pour les assistantes sociales et conseillères en économie sociale et familiale des Caisses d’allocations familiales, des caisses d’assurance retraite et de la santé au travail et des mutualités sociales agricoles. “On touche parfois moins que certains allocataires”, souffle Elsa, assistante sociale à la CAF, qui se sent “épuisée au travail”.
“On est en première ligne face à des femmes victimes de violences conjugales, des familles qui perdent des proches ou qui se séparent, c’est très prenant émotionnellement”, raconte l’assistance sociale. Celle-ci dénonce une “division par deux” des effectifs de son équipe en dix ans. “On est douze, on devrait être une trentaine”, analyse-t-elle. Amandine, l’une de ses collègues, complète : “Notre métier n’est pas attractif et peine à recruter, et ce alors que les situations des gens deviennent de plus en plus complexes, de plus en plus précaires.” Des conditions de travail dégradées qui ont, selon ces assistantes sociales, des conséquences directes sur le public accompagné : allongement des délais de prise en charge, accompagnements insuffisants, risque d’accentuer le non-recours aux droits…
“Reconnaître notre métier”
“L’enjeu aujourd’hui est de rencontrer la préfète de l’Hérault pour qu’elle transmette nos revendications à la ministre chargée de la sécurité sociale : il faut que les agents puissent toucher la prime Ségur”, détaille Thierry Barthez.“Les travailleurs sociaux des établissements médico-sociaux, des collectivités territoriales et des collectivités l’ont eu, mais pas nous.” De plus, les salariées concernées demandent des revalorisations salariales et une reconnaissance de leur diplôme : “Nous avons BAC+3 mais nous sommes reconnus comme des BAC +2”, déplore Elsa.
Difficile, pour l’heure, de connaître l’ampleur de la mobilisation. Pour Thierry Barthez, elle s’annonce massive : “Au sein des travailleurs sociaux de la CARSAT, on est à 90% de grévistes”, affirme-t-il. Pour Elsa et ses collègues, c’est plus compliqué : “Pour beaucoup, il n’est pas possible financièrement de faire grève, on est déjà trop précaire”, constate l’assistante sociale avec amertume.
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