À Béziers, les syndicats attaqués par Robert Ménard

Le Poing Publié le 12 février 2026 à 23:52
Manifestation syndicale contre l'extrême-droite à Béziers en avril 2024. Image d'illustration

Depuis son élection en 2014 à Béziers, le maire d’extrême droite a tenté de museler les syndicats. Après une première tentative infructueuse en 2017, Robert Ménard a tout bonnement supprimé leurs subventions en 2020

Par Louis Dupin (La Marseillaise)

Ce travail a été réalisé dans le cadre d’une enquête collective sur la politique associative des mairies d’extrême-droite par des journalistes du sud-est et leurs médias : L’Arlésienne, Le Poing, la Marseillaise, le Collectif de journalistes indépendants Presse-Papiers, Jean-François Poupelin et Raphael da Silva. Un travail de fourmis permis par le soutien financier du Fonds pour une presse libre dans le cadre de l’appel à projet “Extrême droite : enquêter, révvéler, démontrer”. L’ensemble des données sont issues des comptes administratifs et sont accessibles via ce lien, qui présente la méthodologie de notre enquête.

Sommaire de l’enquête collective « Couper, contrôler faire taire ».

L’extrême droite n’aime pas les syndicats. À Béziers, Robert Ménard l’illustre parfaitement bien. Arrivé aux commandes de la cité de Riquet en 2014, l’édile d’extrême droite tente une première attaque dès 2017. Logés à la Bourse du travail, Robert Ménard tente par tous les moyens de les faire partir. « Il a essayé de nous faire payer les charges concernant le chauffage, l’électricité, le gaz – et l’entretien au motif que cela coutait cher et que ce n’était pas à la collectivité de payer », décrit Patricia Barbazangue, secrétaire de l’Union locale de la CGT au moment des faits. Ce qui représente la bagatelle de 82 000 euros. « On n’a pas les moyens, nous n’aurions pas pu assumer ». Unie, l’intersyndicale – CGT, FO, CFDT, CFTC, CGC, UNSA, Solidaires – se lance alors dans une longue bataille et Robert Ménard finit par faire machine arrière en 2020.

Mais c’était sans compter sur la hargne de l’adepte des plateaux télés qui, décide de supprimer l’intégralité des subventions de fonctionnement aux syndicats. Soit près de 17 000 euros, selon les données que nous avons récoltées. « C’est une décision politique pas juste une question économique », soutient Patricia Barbazangue. Pour ne rien arranger, Ménard a également mis un terme à différents services. « Il a supprimé le gardiennage à la Bourse du travail. Or, c’était important pour nous car l’employé municipal filtrait les entrées, nous n’avons pas de vision sur les venues. Aussi, il effectuait une surveillance des locaux, détecter les fuites d’eau par exemple. Le ménage a aussi été supprimé. Il a fallu se débrouiller. C’est un coût pour la CGT, notre activité militante n’est pas de nettoyer les locaux, nous avons dû engager des frais pour le ménage », relate l’ancienne responsable syndicale. Contactée, la mairie de Béziers n’a pas donné suite à nos questions.

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