Municipales à Montpellier : voter… ou imaginer la Commune ?

Pascal Praudpotkine Publié le 16 mars 2026 à 10:40 (mis à jour le 16 mars 2026 à 10:41)
Mairie de Montpellier (photo de Mathieu Le Coz/Hans Lucas)

Alors que Montpellier s’apprête à voter pour le second tour des municipales le 22 mars, le collectif libertaire le Barricade propose une autre voie : ne pas choisir un maire, mais imaginer la gestion collective de la ville. Rendez-vous ce dimanche à 15 heures au Centre Ascaso-Durruti

À Montpellier, le premier tour des élections municipales confirme une nouvelle fois l’hégémonie de l’aile la plus droitière du parti socialiste, incarnée par le maire sortant, Michaël Delafosse. La liste « Gauche et écologistes » qu’il conduit est arrivée largement en tête avec 33,41 % des suffrages. Derrière lui, Nathalie Oziol (LFI) obtient 15,36 %, suivie par le milliardaire Mohed Altrad (11,31 %). L’ancien maire Philippe Saurel recueille 8,86 %, juste devant l’humoriste et vidéaste Rémi Gaillard (8,21 %).

Plus loin, Isabelle Perrein (7,5 %), France Jamet pour le Rassemblement national (7,26 %) et Jean-Louis Roumégas (4,72 %) complètent le tableau des principales candidatures. Les autres listes restent marginales : Max Muller (1,4 %), Thierry Tsagalos (1,11 %), Morgane Lachiver (0,49 %), Kadija Zbairi (0,2 %) et Sylvie Trousselier (0,15 %).

Un premier tour marqué par une forte dispersion des voix, qui laisse place aux tractations d’entre-deux-tours et aux recompositions habituelles du jeu électoral local. Mais pendant que les états-majors négocient, certains préfèrent regarder ailleurs que dans les urnes.

C’est le cas du groupe libertaire Barricade, convaincu que notre avenir commun ne se jouera pas dans des isoloirs. Celui-ci propose le même jour que le second tour, le 22 mars à 15 heures, un rendez-vous au centre Ascaso-Durruti (6 rue Henri-René). Le mot d’ordre : « Construire la Commune de Montpellier ».

Pour le collectif, l’enjeu dépasse largement l’élection d’un maire. Leur précédent événement, dont un podcast doit bientôt être publié, posait déjà la question d’une alternative politique « émancipatrice et non capitaliste ». Selon eux, si le rejet du capitalisme est aujourd’hui largement partagé, les perspectives concrètes pour s’en affranchir restent encore à construire.

L’initiative du 22 mars se veut donc un moment de réflexion collective autour d’une hypothèse auto-gestionnaire : et si la population reprenait directement la gestion de la ville ? Le collectif invite à imaginer comment organiser concrètement une société sans marché ni hiérarchie, capable de répondre aux besoins essentiels — eau, énergie, logement ou alimentation — par une gestion collective.La rencontre doit alterner ateliers en petits groupes et discussions en plénière. Des intervenants issus de domaines comme l’alimentation, l’énergie ou encore la justice viendront partager leurs expériences pour réfléchir aux premières étapes d’une organisation égalitaire de la ville.

Pendant que certains glisseront un bulletin dans l’urne, d’autres se retrouveront donc rue Henri-René pour discuter d’une hypothétique Commune de Montpellier. Deux manières très différentes d’envisager l’avenir politique de la ville.

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