Complexe funéraire de Grammont : des salariés dénoncent des “sanctions disciplinaires déguisées”

Elian Barascud Publié le 26 mai 2026 à 14:44
l'affaire remonte aux plaintes déposées en octobre 2022 par plusieurs salariées du funérarium, géré par une société dont Montpellier Méditerranée Métropole est actionnaire majoritaire. Elles dénonçaient des fessées, des frôlements, des propos sexistes répétés. (Photo de Georges Seguin, licence Creative Commons)

Dans une note interne adressée aux salariés du complexe funéraire de Grammont, la direction annonce la suspension de primes, invoquant l’impact financier potentiel de la procédure judiciaire en cours pour des faits présumés de harcèlement sexuel. Le collectif de plaignants dénonce des « sanctions disciplinaires déguisées » dans une lettre ouverte adressée à Michaël Delafosse, président de la Métropole de Montpellier

L’audience de consignation du 6 mai dernier dans l’affaire de harcèlement et d’agressions sexuelles présumés au complexe funéraire de Grammont semble déjà avoir des effets. Une note de service diffusée après l’audience évoque les conséquences financières potentielles de la citation directe en cours : « Cette action engagée à notre encontre est susceptible d’avoir un impact sur les comptes de l’exercice 2025, notamment via la comptabilisation éventuelle d’une provision pour risque. » Un impact impossible à chiffrer, selon la direction, dans la mesure où les avocats des plaignants n’auraient pas transmis les pièces justificatives nécessaires à l’analyse du dossier. La direction annonce en conséquence le gel de la prime de partage de la valeur et la suspension de la prime d’intéressement.

Pour le collectif de plaignants, il s’agit de « sanctions disciplinaires déguisées ». Dans une lettre ouverte adressée à Michaël Delafosse, (président de la Métropole et lui-même mis en cause pour complicité présumée dans l’absence de mesures de protection des salariés), ils dénoncent des mesures de rétorsion destinées à faire pression sur les salariés ayant agi en justice pour les pousser à abandonner la procédure. Leur avocat, Stéphane Fernandez, réfute par ailleurs l’argument avancé par la direction : « À ce stade de la procédure, aucune pièce visée dans la citation directe ne doit être communiquée aux avocats des mis en cause. »

Pour rappel, l’affaire remonte aux plaintes déposées en octobre 2022 par plusieurs salariées du complexe funéraire de Grammont, géré par une société dont Montpellier Méditerranée Métropole est actionnaire majoritaire. Elles dénonçaient des fessées, des frôlements, des propos sexistes répétés, et affirmaient avoir alerté leur hiérarchie sans résultat. Une citation directe déposée par l’avocat Stéphane Fernandez vise plusieurs cadres et salariés, ainsi que le maire Michaël Delafosse, pour complicité présumée dans l’absence de mesures de protection des salariés.L’audience du 6 mai dernier visait à fixer les consignations dues par les parties civiles. Cette somme, versée au greffe du tribunal, constitue une garantie destinée à couvrir d’éventuels frais de procédure en cas de condamnation pour poursuites abusives. Elle s’élève à 1 000 euros pour la plupart des plaignants, 800 euros pour trois autres, à régler dans les deux mois.

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