Montpellier : entre 300 et 400 personnes défilent contre les centres de rétention administrative

Le Poing Publié le 4 octobre 2026 à 16:58
Entre 300 et 400 personnes ont manifesté ce dimanche 4 octobre à Montpellier contre le projet de centre de rétention administrative (CRA) de Béziers, et plus largement contre les lieux d'enfermement. ("Le Poing")

Entre 300 et 400 personnes ont manifesté ce dimanche 4 octobre à Montpellier contre le projet de centre de rétention administrative (CRA) de Béziers, et plus largement contre les lieux d’enfermement. Les opposants biterrois disent n’avoir trouvé aucun lieu pour les accueillir chez eux

Le terrain a été clôturé, mais les fleurs ont poussé. L’an dernier, le collectif anti-CRA de Béziers avait jeté des graines sur la parcelle où doit sortir de terre un centre de rétention de 140 places. Un an plus tard, la végétation a pris un peu d’avance sur le chantier.

Le dossier, lui, avance aussi. Un arrêté préfectoral paru début 2026 autorise la construction au nom de l’intérêt général. « Pour nous, enfermer des gens n’est pas d’intérêt général », répond Nicolas*, membre du collectif, qui a déposé un recours contre l’arrêté. Le permis de construire a été déposé et un marché public ouvert. « On va suivre ça », prévient-il.

Si le cortège défilait à Montpellier ce dimanche 4 octobre, c’est faute d’alternative. « À la base, on voulait organiser cette manifestation à Béziers ou à proximité, mais on n’a trouvé aucun lieu qui pouvait nous accueillir. Ça en dit long sur le climat politique chez nous. »

« Une politique d’affichage »

Pour Thierry, représentant de la Cimade Montpellier, les CRA sont « des zones de non-droit où les gens ne peuvent pas se défendre, car on a difficilement accès à ces lieux ». Il met en doute leur utilité : « On peut être retenu jusqu’à 210 jours, mais ce qu’on observe, c’est que si les gens ne sont pas expulsés dans les dix jours, ils ne le sont pas, et restent enfermés inutilement. » Il décrit des conditions de vie difficiles, entre manque de nourriture et accès aux soins limité. « Beaucoup d’étrangers qui sont passés par la prison la regrettent quand ils arrivent au CRA. C’est dire… »

La France délivre environ 140 000 obligations de quitter le territoire français (OQTF) par an. « On a le record d’Europe d’OQTF sans fondement juridique », affirme le militant associatif.

Le projet biterrois est soutenu par le maire Robert Ménard, réélu au premier tour en mars dernier. « C’est encore une fois de l’affichage politique, car ça ne règle rien au fond du problème », estime Thierry. Le collectif anti-CRA compte remettre le sujet sur la table en 2027, année d’élection présidentielle, avec de nouveaux événements à Béziers. À condition, cette fois, de trouver une salle.

*Le prénom a été modifié.

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