À Montpellier, des électeurs RN fans de Delafosse ?
Un récent sondage de l’Ifop pour Midi Libre et le Cercle Mozart montre qu’à Montpellier, Michaël Delafosse arrive en deuxième position des intentions de vote au premier tour chez les électeurs de Marine Le Pen en 2022, derrière la candidate RN France Jamet. Une dynamique qui en dit long sur le tournant droitier du mal-nommé courant social-démocrate
Au Poing, voilà six ans qu’on s’interroge : Michaël Delafosse, maire socialiste de Montpellier, est-il vraiment de gauche ? Ses sorties régulières sur les barbiers et les épiceries de nuits ainsi que les articles dithyrambiques rédigés à son propos dans la presse la plus droitière ( Le Figaro, Valeurs actuelles ) nous ont déjà donné des éléments de réponse. Et puisque la presse locale se délecte de sondages à quelques semaines des élections municipales, tentons de répondre à notre question en regardant le dernier en date publié par l’Ifop, commandé par Midi Libre et le Cercle Mozart (réseau d’influence des nantis locaux) : d’après celui-ci, 14% des électeurs ayant voté pour Marine Le Pen en 2022 envisagent de voter pour Michaël Delafosse au premier tour des municipales.
Un niveau qui reste minoritaire — la candidate RN France Jamet concentre 44% de cet électorat — mais qui place Delafosse à la deuxième place des candidats préférés des électeurs RN à Montpellier. Il est ainsi devant Isabelle Perrein (6%), — qui a enfin fait son coming-out de droite après deux ans et demi de campagne “sans étiquette” — , Philippe Saurel (5%) ou encore la liste d’extrême droite de Thierry Tsagalos (4%). Il se situe également au-dessus de Mohed Altrad (11%), autre candidat capable de capter une partie de ces voix.
Delafosse : l’extrême droite du parti socialiste
À y regarder de plus près, ce chiffre doit être manié avec prudence. Il repose sur un échantillon limité et reste soumis aux marges d’erreur inhérentes à tout sondage. Il n’en dessine pas moins une tendance : celle d’une droitisation du Parti socialiste, aujourd’hui incarnée à Montpellier par Michaël Delafosse.
Héritier d’un PS converti au néolibéralisme, prompt hier à brandir la déchéance de nationalité après les attentats et à s’ériger contre l’abaya à l’école, l’édile montpelliérain a, tout au long de son mandat, multiplié les marqueurs à droite. Attaques contre le droit de grève des agents municipaux, mise en place d’une « charte de la laïcité » dénoncée comme stigmatisante pour les musulmans — sorte de déclinaison locale de la loi dite « séparatisme » portée plus tard par Gérald Darmanin —, focalisation sur les enjeux sécuritaires et policiers, croisade contre un « narcotrafic » présenté comme omniprésent, ou encore offensives contre les épiceries de nuit… Bref, une illustration du parti socialiste de son temps : quand la rose fane, elle vire au brun.
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