À Sète et Montpellier, deux marches pour demi loi climat

Le Poing Publié le 28 mars 2021 à 23:18

Près de 110 000 personnes dans toute la France, dont plus de 1500 à Montpellier et 300 à Sète se sont mobilisées, à la veille de l’examen du projet de loi « Climat et Résilience » à l’Assemblée nationale, pour dénoncer le manque d’ambition du texte et réclamer « une VRAIE loi climat ».

Sous un soleil digne d’un mois de juin et répondant présent à l’appel du dérèglement climatique, le cortège montpelliérain s’est élancé peu après 14 heures, emmené par plusieurs danseuses ayant répondu à l’appel de la marche blanche d’une poignée de citoyennes et citoyens et du collectif « Citoyens pour le climat » derrière le message « Loi climat aux enchères, citoyens en colère ». Rappelons toutefois, s’il était encore nécessaire de le dire, que les premières victimes du dérèglement climatique et des conséquences de cette loi climat détricotée ne seront pas les « citoyens » mais précisément celles et ceux ne jouissant pas de ce droit à la citoyenneté française, fuyant des territoires mis à mal par l’impérialisme occidental et rejoignant un pays en pente raide vers l’extrême droite qui les logera au mieux dans des passoires thermiques, au pire sur ses trottoirs.

Quelques encablures plus loin ce sont les percussions de la batucada La Battante qui enjaillaient le reste du cortège derrière la banderole du collectif « Changeons le système pas le climat » regroupant plus de 30 collectifs militants, des associations écologistes Greenpeace, Extinction Rebellion ou Anv-Cop21/Alternatiba mais aussi la Carmagnole, les anti-nucléaires ou l’Union Communiste Libertaire.

Loin derrière, les fanions EELV flottaient dans les airs, aussi hors-sol que la politique locale derrière laquelle se range le parti. Mais nous y reviendrons plus loin.

A Sète, ce sont « 300 personnes qui ont manifesté ce matin, une belle marche joyeuse et déterminée avec de nombreuses prises de parole des associations, de citoyen-nes et de politiques de différents bords » selon la porte parole de Alternatiba Thau. Les organisations, elles, donnent déjà rendez-vous : si la loi est votée en l’état, elles seront de retour dans la rue. Gageons donc que vous lirez bientôt un nouveau reportage sur Le Poing d’une mobilisation climat…

Directives nationales, conséquences locales

Hasard du calendrier, c’est également demain que devrait être approuvé le Règlement Local de Publicité Intercommunal (Rlpi) lors du Conseil de la Métropole de Montpellier.

Le maire Delafosse en parfait communiquant s’était bien entendu engagé à « limiter l’espace de la publicité dans l’espace public ». Et pimpant, il nous est apparu sur le parcours de la marche climat du jour :

Mais une fois n’est pas coutume, les promesses n’engagent que celles et ceux qui y croient. Et cette annonce n’est pas de l’édile mais un canular. Et c’est un vote opaque et précipité que dénoncent associations et élu-es et que relate de façon plus complète notre confrère de La Mule.

Du préfet héraultais, parfait soldat de Darmanin démontrant un coup de force hier au Peyrou, à Michael Delafosse et sa majorité PS-EELV en ligne directe de Macron et sa Loi Climat au rabais, il semble donc illusoire de croire que la politique locale montpelliéraine puisse se démarquer des logiques démagogiques nationales. Rendez-vous donc dans les jours qui viennent pour assister à de nouvelles fort peu réjouissantes.

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