Chronique ” Gaza Urgence Déplacé.e.s | Ateliers de soutien destinés aux femmes 6 /7 Juillet camps Al-Asdiqa et Al- Israa
7 juillet 2026Faire face à la pénurie d’eau et à la chaleur dans les tentes : la chaleur accablante de l’été et la soif
À l’intérieur des tentes, conçues à l’origine comme un abri temporaire mais devenues une réalité prolongée, les besoins humains les plus élémentaires — au premier rang desquels l’eau — se transforment en un défi quotidien complexe, touchant à la santé physique, à la stabilité psychologique et aux relations sociales dans un environnement dépourvu des infrastructures les plus essentielles.
Les équipes de UJFP ont organisé, au camp Al-Asdiqa, à l’ouest de Gaza, un atelier La chaleur accablante de l’été et la soif : faire face à la pénurie d’eau et aux défis environnementaux dans les tentes avec la participation de vingt femmes déplacées vivant dans le camp. L’objectif était un espace sûr de dialogue, analyser l’expérience quotidienne liée au manque d’eau et aux températures élevées dans les conditions de déplacement, tout en explorant les mécanismes d’adaptation individuels et collectifs que les femmes ont développés pour faire face à cette réalité particulièrement difficile. L’atelier s’est tenu au cours d’une intense vague de chaleur qui rendait les conditions de vie dans les tentes en toile et en nylon encore plus éprouvantes. Les difficultés ne se limitaient pas à la hausse des températures, mais concernaient également la détérioration des conditions d’hygiène et de santé publique en raison de la grave pénurie d’eau et de son approvisionnement irrégulier. Cet atelier a constitué un cadre psychosocial permettant aux participantes de retrouver leur capacité d’expression et de réorganiser collectivement leur expérience quotidienne afin de mieux comprendre les mécanismes d’adaptation et de résilience.
Au fil des discussions, les participantes ont commencé à décrire les réalités de leur quotidien sous la pression de la pénurie d’eau. Les témoignages mêlaient fatigue physique et épuisement psychologique provoqués par la recherche permanente d’eau. L’une des participantes a résumé la situation en déclarant : « L’été sous la tente, c’est comme vivre dans un four fermé, et le plus difficile est de trouver suffisamment d’eau pour les enfants tout au long de la journée. » Ce témoignage a ouvert la voie à une discussion plus large sur les stratégies d’adaptation mises en œuvre dans le camp. Les femmes ont évoqué différentes pratiques développées spontanément, telles que la réduction maximale de la consommation d’eau, la réutilisation de l’eau pour plusieurs usages, ainsi que l’organisation d’une coopération entre voisines lors des périodes de remplissage des réservoirs et le partage des ressources disponibles, en particulier pour les familles vivant sans soutien familial direct.
L’atelier a également abordé les conséquences sanitaires directement liées à la pénurie d’eau et aux températures élevées. Les participantes ont attiré l’attention sur les risques croissants de déshydratation et d’insolation, notamment chez les enfants et les personnes âgées. Elles ont discuté de plusieurs mesures préventives simples pouvant être appliquées dans un contexte de ressources limitées, telles que limiter l’exposition directe au soleil pendant les heures les plus chaudes, maintenir autant que possible une bonne hygiène personnelle, ou encore utiliser des moyens rudimentaires pour couvrir les récipients d’eau afin d’en réduire la contamination et de limiter la propagation des maladies cutanées et intestinales dans le camp. Les participantes ont présenté plusieurs initiatives illustrant un niveau élevé d’adaptation communautaire. Parmi celles-ci figuraient l’organisation d’horaires communs entre familles pour le remplissage de l’eau afin de réduire les files d’attente et la congestion, ainsi que le renforcement des mécanismes de solidarité communautaire dans les situations d’urgence, permettant de soutenir les familles les plus vulnérables grâce aux réseaux de voisinage existants dans le camp.
L’atelier a également offert un espace permettant l’expression des émotions et la libération du stress psychologique accumulé à force de vivre dans des conditions exceptionnelles. Cette approche s’est traduite par un sentiment collectif de soulagement parmi les participantes, qui ont pris conscience que leurs expériences ni individuelles ni isolées, faisaient partie d’une réalité collective partagée.
À la fin de l’atelier, il est apparu clairement que la crise de l’eau au camp Al-Asdiqa ne constitue pas simplement un problème de services, mais représente un facteur central qui redéfinit l’ensemble de la vie quotidienne et affecte directement la santé physique et mentale des femmes et des enfants.

Les équipes de UJFP ont confirmé que cet atelier s’inscrit dans une série d’interventions de terrain destinées à renforcer les mécanismes d’adaptation psychosociale au sein des environnements de déplacement, en offrant des espaces sûrs de dialogue et en soutenant les initiatives communautaires qui contribuent à atténuer les effets de la crise, tout en poursuivant l’évaluation et le suivi des besoins croissants des familles déplacées tout au long de la saison estivale.
https://drive.google.com/drive/folders/1_wMva_aMwXoT5M7L21firQYOt_DbDZzf
Gérer les défis quotidiens : mécanismes d’adaptation et gestion du stress continu
Les équipes de UJFP ont organisé, au camp Al-Israa, à l’ouest de Gaza, un atelier de soutien psychosocial intitulé Gérer les défis quotidiens : mécanismes d’adaptation et gestion du stress continu, réunissant vingt-cinq femmes déplacées. La séance s’est déroulée dans un environnement de camp fortement surpeuplé, où les bruits constants de la vie quotidienne se mêlent à la pression des conditions de vie particulièrement difficiles, générant un état d’épuisement permanent qui dépasse largement la fatigue physique pour atteindre des niveaux profonds de stress psychologique et d’anxiété chronique.
Au cours de la première phase de l’atelier, les participantes ont été invitées à décrire le moment le plus difficile de leur journée, un exercicequi a permis de briser progressivement le silence et de renforcer la confiance au sein du groupe. Les réponses étaient variées : certaines ont évoqué la pression du matin liée à la préparation des enfants dans des conditions extrêmement difficiles ; d’autres ont parlé de l’épuisement causé par la nécessité de répondre aux besoins du foyer malgré la rareté des ressources ; tandis que plusieurs participantes ont décrit le sentiment permanent de ne jamais disposer d’un véritable moment de repos au cours de la journée.
Par la suite, un exercice pratique de respiration consciente a été proposé. Les participantes ont été invitées à s’asseoir dans une position confortable, à fermer les yeux si elles le souhaitaient, puis à inspirer lentement par le nez pendant quatre secondes, retenir leur respiration durant deux secondes, avant d’expirer lentement par la bouche. Au fil de l’exercice, une diminution progressive de la tension apparente a été observée chez plusieurs participantes, accompagnée d’un apaisement perceptible de l’ensemble du groupe.
L’atelier comprenait un exercice intitulé Décharger le fardeau mental, au cours duquel chaque participante était invitée à imaginer qu’elle déposait toutes ses pensées, responsabilités et inquiétudes dans un sac symbolique, avant de le refermer temporairement. Cet exercice a permis aux participantes de visualiser plus clairement l’ampleur des pressions accumulées, facilitant ensuite leur expression au cours de la discussion collective.
Lors de l’échange ouvert qui a suivi les activités, les participantes ont décrit les effets de ces exercices sur leur état émotionnel. L’une d’entre elles a déclaré : « C’est la première fois depuis longtemps que je parviens à arrêter de penser, même seulement quelques minutes. » Une autre a ajouté : « Le simple fait de respirer calmement m’a donné l’impression que mon corps était devenu un peu plus léger. »
La séance a également abordé la redistribution de la charge psychologique, en encourageant les participantes à ne pas assumer seules l’ensemble des responsabilités, mais à impliquer les autres membres de la famille dans les tâches quotidiennes lorsque cela est possible. Les discussions ont également insisté sur le renforcement du soutien mutuel entre les femmes du camp, considéré comme un véritable réseau informel de protection.
En conclusion de la séance, un exercice de relaxation basé sur la relaxation musculaire progressive a été proposé. Les participantes ont été invitées à contracter les muscles des mains et des épaules pendant quelques secondes avant de les relâcher lentement, tout en portant leur attention sur la différence ressentie entre tension et détente. Cet exercice a contribué à renforcer la conscience corporelle et à rétablir un sentiment intérieur de sécurité relative.
L’atelier s’est achevé en rappelant que les pressions psychologiques vécues par les femmes dans un contexte de déplacement constituent une réaction normale face à des circonstances profondément anormales, et que la création de tels espaces sécurisés contribue à soutenir l’équilibre psychologique et social tout en renforçant leur capacité à faire face aux défis quotidiens.
https://drive.google.com/drive/folders/1OewWA6kRH87DQAen9NA5mnKF3zsFh6l1
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