Chronique ” Gaza Urgence Déplacé.e.s” | Compte rendu des ateliers de soutien psychologique pour les femmes 8/09

9 septembre 2026
Atelier de soutien psychologique pour les femmes crédit photo ujfp Gaza

Accueillir l’espoir au cœur du déplacement : les femmes du camp d’Al-Durra, Deir al-Balah

Dans les camps de déplacement, la préparation à la nouvelle année scolaire ne commence pas par l’achat des cartables et des cahiers comme cela se faisait dans la vie normale, mais par une tentative de retrouver une part de la sérénité.

Entre les tentes qui se sont transformées en habitations temporaires, dans cet environnement exceptionnel, une parole encourageante devient un moyen de soutien, et le dialogue avec l’enfant prend une importance qui n’est pas moindre que celle de lui fournir les fournitures scolaires. Convaincre les enfants que l’école reste un lieu où l’on peut rêver, et que l’éducation peut être une fenêtre ouverte sur un avenir plus sûr et plus stable.

C’est à partir de ce besoin humain et éducatif qu’a été organisée la séance de sensibilisation et de dialogue dans le camp d’« Al-Durra avec 20 femmes» : Accueillir l’espoir : se préparer à la nouvelle année scolaire dans les conditions du déplacement.

La séance n’était pas simplement une rencontre consacrée à parler du début de l’année scolaire. Elle a constitué un espace sûr permettant aux femmes d’exprimer leurs craintes, de discuter des difficultés auxquelles leurs enfants sont confrontés et de rechercher ensemble des solutions pouvant être mises en œuvre dans les conditions du déplacement. Une séance centrée sur l’un des moments les plus sensibles pour les familles déplacées : le retour des enfants dans le parcours éducatif alors que la réalité n’a pas encore retrouvé sa stabilité. La nouvelle année scolaire suscite chez les enfants des sentiments contrastés : l’enthousiasme de reprendre l’apprentissage d’un côté, et l’anxiété face à l’inconnu de l’autre. Ces sentiments peuvent se manifester sous forme d’hésitation, de perte de motivation, de difficultés de concentration ou de changements dans le comportement. Les participantes ont découvert un ensemble de méthodes simples que la mère peut utiliser pour encourager son enfant à reprendre ses études, sans lui imposer de pressions ni lier la réussite scolaire à des conditions idéales qui peuvent ne pas être disponibles à l’intérieur du camp.

La séance a abordé la manière d’organiser le temps consacré aux études à l’intérieur de la tente, de tirer profit des espaces disponibles et de mettre en place une routine quotidienne qui donne à l’enfant le sentiment qu’un système clair existe dans sa vie malgré l’instabilité qui l’entoure.

Répartir le temps de l’enfant entre les études, le repos et le jeu, ne pas considérer le processus éducatif comme une obligation, le présenter en encourageant l’enfant à participer, à persévérer.

Aménager un petit coin consacré aux études ou fixer un moment quotidien régulier pour les révisions, créant ainsi chez l’enfant le sentiment de disposer d’un espace réservé à l’apprentissage.

Les voix des femmes : des détails du quotidien qui résument la dureté du déplacement

L’une des participantes a déclaré que penser au retour de ses enfants à l’école était désormais lié à une question plus vaste : comment assurer les fournitures scolaires à un moment où la famille lutte déjà pour subvenir à ses besoins quotidiens ? Elle a ajouté que le manque de vêtements, de fournitures scolaires et de cartables représentait une charge supplémentaire pour les mères, notamment avec l’augmentation des besoins et la diminution de la capacité à les satisfaire.

Une autre participante a parlé de la difficulté à obtenir de l’eau de manière régulière, expliquant qu’une grande partie de sa journée était consacrée à la recherche des besoins essentiels, ce qui rendait encore plus difficile l’organisation du temps des enfants pour les études. Elle a déclaré que l’enfant avait besoin de calme et de concentration, alors que la vie sous la tente imposait des conditions totalement différentes.

Une troisième participante a indiqué que ses enfants étaient devenus plus sensibles aux conditions qui les entourent et que certains d’entre eux perdaient rapidement leur concentration pendant les études. Elle a expliqué que sa responsabilité ne se limitait plus au suivi des devoirs scolaires, mais qu’elle devait également rassurer ses enfants, atténuer leurs craintes et les encourager à continuer.

L’une des mères a déclaré que le manque de nourriture et de besoins essentiels avait un impact direct sur l’état psychologique des enfants, expliquant que lorsqu’un enfant est préoccupé par la faim ou la fatigue, il lui est difficile de penser aux études ou d’assimiler ce qu’il apprend.

Une autre participante a évoqué le problème de l’espace de vie exigu à l’intérieur de la tente, soulignant qu’il n’était pas facile de réserver un endroit calme pour étudier.

Une sixième participante a déclaré que ce qui lui faisait le plus mal était le sentiment d’impuissance lorsqu’elle était sollicitée par ses enfants pour des choses simples liées à l’école et qu’elle ne pouvait pas les leur fournir. Elle a expliqué que, dans ces circonstances, la mère essayait de rester forte devant ses enfants, même lorsqu’elle-même avait besoin de quelqu’un pour la soutenir.

Une autre participante a indiqué que les femmes supportaient la plus grande part du fardeau de la gestion des affaires familiales, depuis l’approvisionnement en eau et en nourriture, en passant par la prise en charge des enfants, jusqu’au suivi de leurs besoins éducatifs et psychologiques.

Lors de son intervention pendant l’atelier, l’une des mères a expliqué que ses enfants lui demandaient constamment quand ils pourraient retrouver une vie normale et qu’elle se retrouvait obligée de chercher des mots pour leur donner de l’espoir, alors qu’elle-même ne disposait d’aucune réponse claire quant à la date de fin de ces circonstances. Une autre participante a déclaré que ce dont les femmes avaient le plus besoin aujourd’hui était de sentir qu’il y avait quelqu’un pour les écouter et comprendre l’ampleur des pressions qu’elles subissaient. Elle a affirmé que le simple fait de s’asseoir avec des femmes confrontées aux mêmes circonstances lui procurait un certain soulagement et lui faisait sentir qu’elle n’était pas seule dans cette expérience.

Certaines mères tentent d’organiser les horaires d’étude en fonction des conditions du camp, d’autres utilisent les matériaux disponibles pour aménager un petit espace destiné aux enfants, tandis que d’autres veillent à encourager leurs enfants par la parole et le dialogue lorsque les moyens éducatifs nécessaires ne sont pas disponibles en quantité suffisante.

L’atelier a constitué un espace important pour écouter ces voix, non seulement dans le but de parler des difficultés, mais également de rechercher des moyens pratiques permettant aux femmes d’y faire face et de renforcer leur capacité à soutenir leurs enfants à une étape où la famille a besoin du plus grand degré possible de cohésion et d’espoir.

Le soutien psychologique : un espace pour la femme avant d’être un espace pour l’enfant

Parmi les axes importants abordés lors de la séance figurait également la manière de gérer l’anxiété et la peur chez les enfants, notamment parce que certains d’entre eux portent de profondes séquelles psychologiques en raison des circonstances qu’ils ont traversées durant la période de déplacement.

L’écoute de l’enfant constitue une étape essentielle pour l’aider, lui donner la possibilité d’exprimer ses craintes sans le réprimander ni minimiser ses sentiments l’aide à retrouver une part de confiance et d’équilibre. Comparer les enfants entre eux ou exercer sur eux une pression constante peut entraîner des résultats inverses, tandis que l’encouragement et les éloges pour les efforts fournis peuvent renforcer leur désir d’apprendre.

La femme déplacée assume plusieurs rôles simultanément, allant de la prise en charge des enfants au suivi des besoins de la famille, jusqu’à fournir un soutien psychologique à ses membres dans des circonstances extrêmement complexes. L’atelier s’est concentré sur le renforcement des capacités des participantes leur permettant de gérer ces responsabilités sans négliger leurs propres besoins psychologiques et personnels. Il était également important de renforcer la communication entre la famille et les acteurs éducatifs, afin que la mère ne reste pas éloignée des détails du parcours scolaire de son enfant. La séance a insisté sur l’importance de suivre le niveau de l’enfant, d’être attentive aux difficultés auxquelles il pourrait être confronté et de communiquer avec les enseignants ou les acteurs éducatifs chaque fois que cela est possible, afin de permettre une intervention précoce lorsqu’un problème apparaît.

Pour les familles déplacées, l’éducation représente plus qu’une simple acquisition de connaissances : elle constitue une tentative de préserver la continuité de la vie des enfants et de maintenir ouvertes devant eux les portes de l’avenir malgré les circonstances actuelles.

Le dialogue collectif donne aux femmes l’occasion d’échanger leurs expériences, de partager des solutions et de découvrir de nouvelles méthodes pouvant être adaptées aux conditions de chaque famille. De ce fait, les ateliers de soutien psychologique et de sensibilisation mis en œuvre par l’UJFP revêtent une importance particulière, car ils placent la femme au cœur du processus de réponse et la considèrent comme une partenaire active dans la protection de sa famille.

Chaque étape qui aide un enfant à retrouver son envie d’apprendre, chaque espace sûr qui donne à une mère la possibilité d’exprimer ses craintes et chaque idée simple qui aide la famille à organiser sa journée peuvent faire une véritable différence dans la réalité du déplacement.Dans le camp d’Al- Durra, la préparation à la nouvelle année scolaire nécessite une conscience des besoins de l’enfant, un soutien psychologique continu et un environnement familial qui l’encourage à essayer. Alors que les familles déplacées sont confrontées à des défis liés au logement, aux besoins essentiels et à la stabilité, l’éducation demeure un espace à travers lequel une partie de la vie normale des enfants peut être protégée. Soutenir les mères dans ce domaine signifie soutenir également les enfants.

Le travail communautaire dans les camps de déplacement exige également d’investir dans l’être humain et dans sa capacité à continuer. À travers les séances de sensibilisation et de soutien psychologique, l’UJFP cherche à construire des espaces qui aident les femmes à retrouver le sentiment d’être capables d’agir, à renforcer leur rôle au sein de la famille et de la société et à leur fournir des outils pratiques pour faire face aux circonstances exceptionnelles.

La séance, Accueillir l’espoir, exprimait une véritable tentative d’ouvrir une petite fenêtre vers l’avenir, même dans un lieu où les conditions du déplacement imposent leur présence dans les moindres détails de la vie quotidienne. L’espoir signifie donner aux enfants une raison de continuer et donner aux mères des outils qui les aident à protéger les rêves de leurs enfants.

Avec le début de la nouvelle année scolaire, la mission de la famille reste plus vaste que le simple suivi des devoirs et des livres. Elle consiste également à aider l’enfant à retrouver confiance en lui-même, à l’encourager à penser à l’avenir et à lui faire sentir que son éducation demeure importante.

Depuis les tentes du camp d’Al-Durra, 20 femmes ont transformé une séance en discussion sur la préparation à la nouvelle année scolaire en un espace plus large pour parler de résistance, du rôle de la famille et de la force des femmes face aux crises.

L’enfant qui trouve une mère qui l’écoute, l’encourage et l’aide à organiser sa journée reçoit un soutien qui peut être plus influent que n’importe quel outil éducatif pris isolément.

Accueillir l’espoir : se préparer à la nouvelle année scolaire dans les conditions du déplacement confirme que la protection du droit des enfants à l’éducation commence également par le soutien aux femmes qui se tiennent à leurs côtés chaque jour.

Dans le camp d’Al-Durra, il n’a pas seulement été question du début de l’année scolaire ou de l’école, mais d’une tentative de retrouver le rythme naturel de la vie, de protéger le droit des enfants à rêver et de maintenir l’éducation comme une voie vers l’avenir. Dans chaque atelier de ce type, un petit pas est franchi vers une réalité davantage capable de résister. Quant à l’espoir, il reste présent dans les détails les plus simples : dans une mère qui encourage son enfant à ouvrir son livre, dans un enfant qui retrouve son enthousiasme pour apprendre et dans une famille qui tente, malgré tout, de dire à ses enfants que l’avenir n’a pas encore fermé ses portes.

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Un atelier de soutien psychologique pour les femmes du camp Baladna

Dans les camps de déplacement, la force d’une femme ne se mesure pas à ce qu’elle est capable d’accomplir durant les jours ordinaires, mais à ce qu’elle continue de faire lorsque les détails les plus simples de la vie deviennent une source d’inquiétude et de fatigue. Elle se réveille pour gérer les affaires de sa famille, recherche les besoins essentiels, écoute les craintes de ses enfants et tente de leur donner un sentiment de sécurité, même lorsqu’elle-même a besoin de sécurité.Très souvent, les femmes cachent leur fatigue afin que l’inquiétude ne se transmette pas à leurs enfants.

La séance de formation et de dialogue Des femmes plus fortes : du cœur de la souffrance naît la résistance , dans le camp Baladna, à l’ouest de Gaza, participation de 20 femmes déplacées.

Ces activités s’inscrivent dans le cadre du rôle joué par l’ UJFP dans le soutien et l’autonomisation des femmes, à travers la mise en œuvre d’ateliers et de séances visant à renforcer la santé psychologique, développer les capacités, accroître la sensibilisation et aider les femmes à développer des outils pratiques pour s’adapter aux conditions difficiles.

La souffrance est le point de départ de l’histoire

Les participantes sont venues chargées de différentes expériences quotidiennes, réunies par la réalité du déplacement et les pressions et responsabilités qu’il impose. Chaque femme avait sa propre histoire, mais un point commun était évident : le besoin de sentir que quelqu’un l’écoute.

L’une des participantes a déclaré que, dans les conditions de déplacement, la femme était désormais appelée à être forte en permanence, même dans les moments où elle sentait qu’elle était sur le point de s’effondrer. Elle a expliqué que le plus difficile n’était pas seulement la fatigue physique, mais aussi le sentiment constant d’être responsable d’enfants qui avaient besoin de protection et de réassurance. Elle a ajouté que la séance l’avait amenée à considérer la notion de force d’une manière différente, expliquant que la force ne signifie pas que la femme ne ressente jamais de fatigue, mais qu’elle trouve en elle-même ce qui l’aide à se relever et à continuer. L’une des participantes a parlé de la difficulté de prendre des décisions dans des circonstances qui n’offrent pas beaucoup de choix à la famille. Elle a indiqué que la femme était parfois obligée de classer les besoins de la famille selon les priorités et de choisir ce qui pouvait être reporté et ce dont il était impossible de se passer. Elle a déclaré que cette situation faisait vivre à la femme un état permanent de réflexion et d’inquiétude, mais qu’avec le temps, elle apprenait à faire face aux crises étape par étape. Une autre participante a parlé de l’impact du déplacement sur sa relation avec ses enfants. Elle a expliqué que les enfants avaient besoin de réponses et de réassurance, alors que la mère ne possédait pas toujours les réponses qu’ils recherchaient. Elle a déclaré que ses moments les plus difficiles étaient ceux où son enfant lui demandait quand ces circonstances prendraient fin et où elle ne trouvait rien d’autre à lui dire que d’essayer de lui donner de l’espoir.

Quand les femmes parlent d’elles-mêmes

Passer de la question Qu’est-ce que la femme a perdu ? à Qu’est-ce qu’elle possède encore ?

Certaines femmes ont parlé de leur capacité à assumer leurs responsabilités, d’autres de leurs compétences dans la gestion des affaires familiales, tandis que certaines participantes ont indiqué que la chose la plus importante qu’elles avaient découverte pendant le déplacement était leur capacité à s’adapter à des conditions qu’elles n’auraient jamais imaginé vivre un jour. L’une des participantes a déclaré qu’elle pensait auparavant que la force signifiait être capable de tout contrôler, mais qu’elle avait compris que la véritable force résidait parfois dans l’acceptation de la réalité, puis dans la recherche de la meilleure manière d’y faire face. Une autre femme a partagé son expérience dans la gestion des crises familiales, expliquant que le dialogue était devenu pour elle un moyen important de réduire les tensions au sein de la famille, plutôt que de laisser les pressions s’accumuler jusqu’à se transformer en conflits. Une participante a également parlé de l’importance de ne pas affronter les problèmes seule. Elle a déclaré que les femmes du camp étaient confrontées à des circonstances similaires et que l’échange d’expériences pouvait apporter des solutions pratiques auxquelles une femme seule ne penserait peut-être pas.

La solidarité : une autre force pour les femmes

L’un des principaux enseignements de la séance est que les femmes n’ont pas seulement parlé de leurs expériences individuelles, mais qu’elles ont découvert un espace commun qui les réunissait.

Le dialogue s’est alors transformé en une forme de soutien mutuel. L’une des participantes a déclaré que le fait de se retrouver parmi des femmes vivant des conditions similaires lui avait donné le sentiment qu’elle n’était pas seule. Elle a ajouté que l’écoute des expériences des autres lui avait donné de nouvelles idées pour faire face à ses problèmes et, surtout, lui avait procuré le sentiment que la solidarité entre les femmes pouvait être une véritable source de force. Une autre participante a souligné que la femme avait parfois besoin de quelqu’un qui l’écoute sans la juger ni minimiser ses sentiments. Elle a déclaré que le fait de parler librement au sein de la séance l’avait aidée à exprimer des sentiments qu’elle gardait en elle depuis longtemps. Pour une troisième participante, la création de relations fondées sur le soutien au sein du camp pouvait aider les femmes à surmonter de nombreuses pressions. Elle a expliqué que l’échange d’informations et d’expériences entre les femmes pouvait être important pour faire face aux besoins de la famille et aux problèmes quotidiens.

Des compétences pour faire face aux crises

En plus de l’aspect psychologique, la séance a abordé un ensemble de compétences dont les femmes peuvent tirer profit dans leur vie quotidienne. Les discussions ont porté sur les méthodes de résolution des problèmes, la manière d’analyser les situations avant de prendre des décisions et la distinction entre les choses qui peuvent être contrôlées et celles qui échappent aux capacités personnelles. Les participantes ont découvert l’importance de faire face aux crises progressivement, plutôt que d’essayer de résoudre tous les problèmes en même temps. L’accent a également été mis sur l’importance de définir les priorités, notamment dans un contexte de ressources limitées. Les participantes ont compris que certains problèmes pouvaient ne pas être directement modifiables par la femme, mais qu’elle pouvait en revanche changer sa manière d’y répondre. Cette idée a constitué un axe important de la séance, car elle permet à la femme de passer du sentiment d’impuissance à une réflexion sur les espaces dans lesquels elle peut exercer une influence.

La femme : un leadership qui commence au sein de la famille

L’atelier a également abordé le rôle joué par la femme dans le maintien de la cohésion familiale pendant les crises. Il se manifeste lorsqu’une mère tente de calmer un enfant effrayé, organise les besoins de la famille, cherche une solution à un problème urgent ou maintient la communication entre les membres de la famille.

L’une des participantes a déclaré qu’avec le temps, la femme déplacée était devenue plus capable de prendre des décisions, parce qu’elle s’était retrouvée face à des circonstances qui l’obligeaient à agir rapidement et de manière responsable. Elle a expliqué que cette expérience, malgré sa dureté, lui avait révélé des aspects de sa personnalité qu’elle ne connaissait pas auparavant. Une autre participante a déclaré que ce dont la femme avait le plus besoin était de croire en sa capacité à prendre des décisions, même lorsque les circonstances qui l’entouraient étaient difficiles. Elle a ajouté que la confiance en soi aidait la femme à faire face aux crises de manière plus calme et qu’elle se répercutait également sur ses enfants.

L’importance de ces ateliers réside dans le fait qu’elles considèrent la femme comme une personne jouant un rôle essentiel au sein de sa famille et de sa communauté, et non pas seulement comme une bénéficiaire du soutien. Renforcer la confiance en soi, développer les compétences d’adaptation et encourager les femmes à prendre des initiatives et à coopérer, afin de soutenir leur capacité à faire face aux pressions quotidiennes. Ces espaces donnent aux femmes la possibilité de parler de sentiments qu’elles ne trouvent parfois ni le temps ni le lieu d’exprimer dans leur vie quotidienne.

De l’atelier à la vie quotidienne

À la fin de la séance, ces petites transformations constituent l’un des principaux objectifs,

l’autonomisation ne se produit pas en un seul jour, et rester debout n’est pas un état fixe, mais un processus continu qui se construit à partir des expériences, de la prise de conscience et du soutien.

La participation des femmes dans le camp Baladna a montré qu’elles disposent de nombreuses expériences et capacités sur lesquelles il est possible de construire.

Dans le camp Baladna, à l’ouest de Gaza, la séance Des femmes plus fortes a réuni 20 femmes autour d’une seule idée : les conditions difficiles peuvent imposer de nombreuses restrictions, mais elles ne peuvent pas, à elles seules, effacer la capacité de l’être humain à se relever.

Les femmes ont parlé de la peur, du manque de ressources, des responsabilités qui pesaient lourdement sur leurs épaules, mais elles ont également parlé de leur capacité à continuer.

L’expérience vécue par les participantes lors de cet atelier confirme qu’investir dans les femmes, c’est investir dans la capacité de la société à se rétablir. Chaque femme qui retrouve confiance en elle, chaque mère qui apprend une meilleure manière de faire face aux pressions et chaque groupe de femmes qui construit un réseau de solidarité représente une pierre dans l’édification d’une société plus capable de faire face aux crises. Au milieu des tentes, et dans une réalité qu’elle n’a pas choisie, la femme déplacée continue d’écrire un nouveau chapitre de son histoire.

Des femmes plus fortes : du cœur de la souffrance naît la résistance devient l’expression d’une réalité vécue chaque jour par les femmes et confirmée par leurs petits pas vers la cohésion, l’adaptation, le rétablissement de la confiance et la création de l’espoir au cœur d’une réalité extrêmement difficile.

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