Chronique “Gaza Urgence Déplacé.e.s” | Continuité de l’initiative Un hiver au chaud

18 février 2026
Pour un Hiver au chaud, distribution de bâches, de couvertures, de vêtements...crédit photo ujfp Gaza

Au vu de la situation liée à la météo dans les camps de Déplacé.e.s l’ UJFP continue à mettre en oeuvre cette intitiative : compte rendu du 17 Février

À l’aube, dans les camps de déplacés, la vie ne commence pas comme ailleurs ; elle reprend sous la forme d’une lutte quotidienne où les tentes se serrent sur une terre rude et l’hiver devient une épreuve lourde pour les corps et les cœurs. Dans cette réalité, les appels à l’aide reçus par téléphone et via les réseaux sociaux se transforment en véritable feuille de route pour les équipes de terrain de l’UJFP. Des voix fatiguées, de courts messages, des photos de tentes envahies par l’eau ou d’enfants blottis les uns contre les autres à la recherche de chaleur : tout cela constitue le point de départ d’une action humanitaire qui n’attend pas des conditions idéales pour se mettre en mouvement. Bien souvent, ces appels parviennent tard dans la nuit ou au plus fort des dépressions météorologiques, lorsque le besoin devient plus pressant et que le moindre retard dans la réponse représente un danger réel pour la sécurité des familles, en particulier des enfants et des personnes âgées.

Les équipes de terrain ne se contentent pas de recevoir les signalements ; elles procèdent à des vérifications sur place. Des tournées sont organisées vers les camps, parfois sur des routes boueuses, parfois dans des conditions climatiques difficiles, afin d’atteindre les familles les plus vulnérables. Là, les membres de l’équipe se trouvent face à une réalité qui ne ressemble en rien aux rapports écrits : elle se manifeste dans de petits détails, un sol détrempé, des couvertures trop fines. Au cours de ces visites, l’équipe est confrontée à des situations humanitaires complexes : des tentes abritant plusieurs familles, des enfants souffrant de maladies respiratoires à cause du froid et de l’humidité, des mères privées des moyens de chauffage les plus élémentaires. Dans un tel contexte, l’évaluation devient une responsabilité morale. Lors des visites, les besoins sont évalués avec précision, en tenant compte de la situation propre à chaque famille. Certains ont besoin d’une bâche pour protéger leur tente de la pluie, d’autres d’une couverture supplémentaire pour un enfant malade, tandis que d’autres encore ne possèdent que des vêtements d’été au cœur de l’hiver. Cette évaluation réaliste est ce qui donne à l’initiative Un hiver au chaud tout son sens.

L’équipe veille également à documenter ces situations par des photos et des données de terrain, non seulement à des fins médiatiques, mais surtout pour garantir l’équité dans la distribution et constituer une base d’informations permettant de planifier des interventions ultérieures plus efficaces et durables. Une fois les données collectées, commence la phase de préparation : les priorités sont établies en fonction du degré de risque, et les aides disponibles sont préparées dans un souci maximal d’équité et de transparence. Lors du retour dans les camps pour la distribution, la scène ne se limite pas à la remise de biens matériels ; il s’agit d’une rencontre humaine qui redonne aux familles une part du sentiment de sécurité.

Au cours de la semaine, les équipes ont pu distribuer 23 bâches plastiques qui ont contribué à renforcer la résistance des tentes face aux vents et aux pluies, ainsi que 31 vêtements pour enfants qui ont atténué la rigueur du froid pour les plus jeunes, et 16 couvertures distribuées à des familles déplacées dans les camps de Deir al-Balah et d’Al-Nuseirat, où le cercle des besoins ne cesse de s’élargir jour après jour.

Malgré la modestie de ces aides au regard de l’ampleur des besoins, elles ont contribué à améliorer les conditions de vie de dizaines de familles et à réduire les risques sanitaires imposés par l’hiver rigoureux à l’intérieur des camps. En dépit des moyens limités, l’impact a été manifeste : le sourire d’un enfant portant un manteau neuf, le soulagement d’une mère sentant sa tente plus sûre, la prière d’un vieil homme qui a vu quelqu’un se tenir à ses côtés dans cette épreuve. Ces petits moments sont ce qui donne aux équipes de terrain la motivation de continuer et transforme la fatigue, l’épuisement en une responsabilité accrue envers ceux qui n’ont d’autre choix que d’attendre.

Avec la poursuite de la saison hivernale, les équipes font face à des défis croissants, au premier rang desquels l’extension des camps, l’augmentation du nombre de familles déplacées et la hausse des besoins par rapport aux ressources disponibles. Dans les camps de déplacés, les tentes sont peut-être temporaires, mais la souffrance est bien réelle, tout comme l’espoir. Entre le froid de l’hiver et la dureté de l’attente, l’initiative Un hiver au chaud demeure une tentative sincère de tendre la main, et un message clair : la solidarité humaine peut être une source de chaleur, même dans les moments les plus difficiles.

Lien vers les photos et vidéos

https://drive.google.com/drive/folders/1YYHoCC09Iu0n4skV3unocllaRJdSySXB

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