Chronique ” Gaza Urgence Déplacé.e.s” | Gaza sous l’emprise du froid et d’un silence permanent

26 février 2025
Habiter dans le Nord de la bande de Gaza

Un texte d’Abu Amir reçu le 25 Février au soir : Gaza un territoire ravagé, une tragédie sans fin

Les crises continuent de ravager la population de Gaza, les unes après les autres, comme si la mort elle-même ne suffisait pas. Aujourd’hui, le froid glacial est venu aggraver les souffrances, révélant l’ampleur de la catastrophe que subissent les survivants de la destruction.

Depuis des semaines, Gaza est frappée par une chute brutale des températures, apportant un froid insupportable que la ville n’avait pas connu depuis des années. Cet hiver brutal ne fait qu’aggraver les souffrances de centaines de milliers de personnes qui ont perdu leur maison et sont désormais contraintes de vivre dans des tentes qui ne conviennent même pas aux animaux – et encore moins aux humains.

Dans ces camps de fortune, le froid s’infiltre de toutes parts. Les gens n’ont rien pour les protéger des vents glacials qui transpercent leurs corps fragiles. Il n’y a pas assez de couvertures, pas de chauffage, pas de nourriture pour calmer leur faim, pas de médicaments pour traiter leurs maladies. Dans ces conditions désastreuses, les conséquences ont été dévastatrices : des dizaines de nouveau-nés et de bébés prématurés sont morts de froid, dans une scène trop horrible pour être imaginée. Leur seul crime est d’être nés dans une terre assiégée, où personne ne vient à leur secours et où leur vie est à la merci d’un blocus inflexible.

La tragédie est encore aggravée par l’absence de tout moyen de chauffage. L’électricité est complètement coupée à Gaza depuis le 7 octobre, ce qui rend la vie encore plus insupportable qu’elle ne l’était déjà. Il n’y a pas de carburant, pas de gaz, et même lorsqu’il y en a, les prix sont si exorbitants que la plupart des familles ne peuvent pas se les permettre. Même le bois de chauffage, auquel beaucoup se tournent en dernier recours, est devenu rare.

Les décombres des maisons détruites ont été réduits à néant, les gens cherchant désespérément tout ce qui pouvait être brûlé pour se réchauffer, mais maintenant, même cette option a disparu. Dans les hôpitaux en ruine, de nombreux enfants sont entre la vie et la mort, leurs corps fragiles incapables de supporter les températures glaciales ou de supporter davantage de négligence.

Leurs cris faibles emplissent les couloirs, mais personne ne les entend, personne ne répond. De quel péché sont morts ces enfants ? Qui est responsable de toutes ces souffrances ? Est-ce l’occupation israélienne, qui ne s’est pas contentée de bombarder et de détruire, mais continue de bloquer l’entrée des caravanes et de l’aide humanitaire qui pourraient soulager les souffrances des déplacés ?

Ou est-ce le silence international qui a permis à ces catastrophes de se répéter sans aucune intervention significative ? Malgré les appels à l’aide incessants, Israël persiste dans ses tactiques dilatoires, empêchant l’entrée des caravanes censées remplacer ces tentes usées, sous lesquelles souffrent des centaines de milliers de Palestiniens déplacés.

Chaque retard dans la livraison de ces abris essentiels signifie davantage de morts et davantage de souffrances insupportables.

Même après la fin officielle de la guerre, les massacres n’ont pas cessé, seule la méthode a changé. Aujourd’hui, ils se font par le siège, la famine, les températures glaciales et la négligence internationale. Le monde reste complice, regardant ces massacres se dérouler sans lever le petit doigt, comme si la vie de personnes innocentes ne signifiait rien dans le grand calcul des intérêts politiques.

Gaza n’est plus seulement une ville assiégée, c’est un théâtre de souffrances à ciel ouvert. Ses habitants ne demandent pas grand-chose : seulement le droit de vivre, le droit de voir leurs enfants survivre, un toit pour les abriter du froid, de la nourriture pour les empêcher de mourir de faim et des médicaments pour soigner leurs blessures.

Mais dans un monde qui prétend défendre les droits de l’homme, même ces besoins fondamentaux sont devenus impossibles à satisfaire. Les images qui émergent de Gaza racontent une histoire plus tragique que n’importe quel discours ou déclaration humanitaire.

Des mères bercent leurs enfants gelés, des pères creusent de leurs mains nues de minuscules tombes pour des nourrissons qui n’ont pas pu supporter le froid et les privations. Ils meurent en silence, comme si le monde avait décidé de les enterrer vivants sous des couches d’indifférence et d’hypocrisie.

Les nuits à Gaza apportent désormais un nouveau type de terreur, non seulement à cause du bruit familier des avions de guerre qui fauchent des vies, mais aussi à cause du froid mordant qui s’insinue dans les corps mal nourris, transperçant leurs os et coupant le souffle des enfants avant même qu’ils n’aient la force de pleurer.

Où est la conscience mondiale dans tout cela ? Où sont les organisations de défense des droits de l’homme qui défendent la justice et l’égalité ? Comment le monde peut-il justifier une telle inaction ?

Comment peut-il tourner le dos à un peuple qui est systématiquement tué de différentes manières chaque jour ?

Chaque minute qui passe sans action est une condamnation à mort pour de nouvelles vies innocentes.

Chaque jour où la population de Gaza est exposée au grand jour est une nouvelle tache sur la conscience du monde.

Combien de temps ces crimes resteront-ils impunis ?

Combien de temps encore le peuple palestinien sera-t-il laissé seul face à la mort pendant que le monde ferme les yeux ?

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