Chronique ” Gaza Urgence Déplacé.e.s”| L’ action humanitaire partenaire et protectrice de la société gazaouie

30 juin 2026
Distribution de repas aux familles de Deir al-Balah. crédit photo UJFP Gaza

Compte rendu le 29 Juin des actions humanitaires avec la distribution de repas

Il est des guerres qui prennent fin lorsque les armes se taisent, et d’autres qui laissent derrière elles une société ayant besoin de longues années pour retrouver son équilibre. Dans la bande de Gaza, la guerre ne se limite plus aux scènes de destruction ou aux pertes humaines ; ses conséquences se sont étendues jusqu’au tissu social et économique de toute la société, au point que les moindres détails de la vie quotidienne sont devenus une lutte permanente pour préserver le minimum des conditions nécessaires à une existence digne. La guerre a transformé la vie à Gaza d’une manière sans précédent. Les familles qui planifiaient autrefois l’avenir de leurs enfants, réfléchissaient à leur éducation, à leur travail et à l’amélioration de leurs conditions de vie, sont aujourd’hui préoccupées par des questions bien plus urgentes : y aura-t-il de quoi manger aujourd’hui ? Trouverons-nous de l’eau potable ? Et la famille pourra-t-elle traverser une nouvelle journée dans cette réalité si difficile ? Au fil de la guerre, l’effondrement ne s’est pas limité aux bâtiments, aux routes et aux infrastructures publiques ; il a également frappé l’économie locale dans toutes ses composantes. Les usines ont cessé de produire, les activités commerciales ont fortement diminué, les terres agricoles ont subi d’importants dégâts, et des milliers d’emplois ont disparu. De nombreuses familles se sont ainsi retrouvées sans aucune source de revenus, alors qu’elles dépendaient auparavant de leur travail ou de leurs propres activités pour subvenir à leurs besoins. Dans les camps de déplacés répartis à travers toute la bande de Gaza, un nouveau mode de vie s’est imposé, très différent de celui que la population connaissait avant la guerre. Des centaines de tentes alignées les unes contre les autres abritent des milliers de familles ayant perdu leur maison, tandis que tous vivent dans des espaces restreints dépourvus de nombreuses conditions essentielles à une vie normale. Le déplacement n’est plus un simple changement de lieu ; il est devenu un mode de vie imposant chaque jour des défis qui étaient totalement étrangers à la réalité d’autrefois. Dans ces camps, la souffrance ne réside pas seulement dans l’exiguïté des lieux, mais aussi dans le manque de moyens permettant aux familles d’organiser leur quotidien de manière normale. Beaucoup d’entre elles ne disposent plus d’équipements de cuisine, ou les ont perdus lors de leur déplacement. Le combustible et le gaz de cuisson sont devenus des ressources rares, tandis qu’il est difficile d’obtenir des denrées alimentaires en quantité suffisante pour plusieurs jours. Préparer un repas sous une tente est un défi quotidien qui exige du temps, des efforts et des ressources. Face à l’augmentation constante des besoins et à la diminution de la capacité des familles à subvenir seules à leurs besoins, l’action humanitaire est devenue l’un des principaux piliers de la stabilité sociale. L’aide alimentaire constitue désormais un élément essentiel d’un système qui protège la société contre une détérioration encore plus profonde et permet à des milliers de familles de préserver un minimum de conditions de vie dignes.

C’est dans cette perspective que les équipes de l’UJFP, en partenariat avec la Fondation POD, mettent en œuvre un programme de cuisines communautaires dans les camps et les zones de déplacement. Chaque jour, des repas chauds y sont préparés puis distribués aux familles les plus vulnérables. Chaque matin, les équipes commencent leur travail plusieurs heures avant l’arrivée des bénéficiaires. Les denrées alimentaires sont préparées, les repas cuisinés selon les moyens disponibles, puis transportés vers les points de distribution situés dans les camps, où des centaines de familles les attendent. Pour beaucoup d’entre elles, ce repas n’est pas l’un des plusieurs repas de la journée, mais bien le principal, voire l’unique repas dont bénéficient tous les membres de la famille. Ces repas revêtent une importance particulière parce qu’ils parviennent à des familles qui ne sont plus en mesure de cuisiner elles-mêmes. Une tente ne dispose ni d’une cuisine, ni d’un espace de stockage adapté. De plus, la pénurie de combustible et d’ustensiles de cuisine fait des cuisines communautaires une nécessité imposée par les circonstances. Cependant, l’impact de ces repas dépasse largement leur seule valeur nutritionnelle. Lorsqu’une famille sait qu’un repas lui sera livré chaque jour, elle peut consacrer les quelques ressources dont elle dispose à l’achat d’eau, de médicaments ou aux besoins de ses enfants, au lieu de les épuiser entièrement dans la recherche de nourriture.

Ainsi, le repas chaud devient un facteur qui atténue les pressions économiques et psychologiques auxquelles les familles sont confrontées. Les cuisines communautaires contribuent également à préserver le tissu social au sein des camps. Elles apportent aux familles une certaine stabilité, réduisent l’anxiété liée à l’approvisionnement alimentaire et participent au maintien de la cohésion familiale malgré les conditions particulièrement difficiles du déplacement. L’action humanitaire contribue activement à protéger la société contre les conséquences sociales susceptibles de résulter de crises prolongées. Les équipes de terrain sont pleinement conscientes que chaque repas préparé possède une valeur qui dépasse largement ses simples composants alimentaires. Pour un enfant, cela signifie qu’il ne s’endormira pas le ventre vide. Pour une mère, cela signifie qu’elle n’aura pas à passer des heures à chercher comment préparer un repas. Pour un père ayant perdu son emploi, cela signifie que sa famille pourra manger ce jour-là. En même temps, ces repas offrent aux familles le sentiment que quelqu’un se tient à leurs côtés dans l’une des périodes les plus difficiles de leur existence. Malgré le manque de ressources, les difficultés d’accès à certaines zones et l’augmentation constante du nombre de personnes dans le besoin — les équipes de l’UJFP poursuivent leur mission quotidienne, convaincues que la protection de l’être humain commence par la protection de son droit à l’alimentation et à la dignité. L’expérience que vit aujourd’hui la bande de Gaza démontre que les sociétés ne résistent pas uniquement grâce à la solidité de leurs infrastructures, mais également grâce à la force de la solidarité qui unit leurs membres et aux efforts humanitaires qui empêchent leur effondrement lorsque les capacités individuelles ne suffisent plus à faire face aux crises. L’action humanitaire est devenue un véritable partenaire dans la protection de la société, la préservation de sa cohésion et le renforcement de sa capacité à continuer d’exister, même dans les circonstances les plus difficiles. Chaque repas chaud distribué dans les camps constitue un message affirmant que l’être humain demeure au cœur des préoccupations, que la dignité humaine peut être protégée par des actes avant de l’être par des paroles.

Lien vers les photos et vidéos.

Distribution de repas aux familles de Mawasi Khan Younis.

https://drive.google.com/drive/folders/1GeeHQi_a6udXN88HDTI_AxiuVhHzPnYk

Distribution de repas aux familles de Deir al-Balah.

https://drive.google.com/drive/folders/1uufBLhZBV5gkhh0YP5jI42hunEzNhPu1

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