Expulsion du squat Triolet : en période de crise sanitaire mettre des familles à la rue est inacceptable ! | Collectif Alerte

par Le Poing 26 septembre 2020
Le Poing relaie ce communiqué du collectif Alerte, « rassemblement d’organisations de lutte contre la pauvreté et les exclusions et lieu de réflexion et d’échanges interassociatif où s’élaborent des prises de position et communications communes : »

Ce vendredi 25 septembre au matin, la police est intervenue pour expulser les habitants du 206 rue Triolet à Montpellier.

Une dizaine de familles regroupant une cinquantaine de personnes dont 23 enfants sont ainsi remises à la rue sans aucune solution. Ces familles en situation de très grande précarité avaient trouvé dans cette maison un refuge depuis environ un an.

Dans l’Hérault et en particulier dans l’agglomération de Montpellier, le dispositif d’hébergement d’urgence est totalement saturé. Face aux besoins, des personnes s’organisent et investissent des lieux souvent inoccupés depuis des années, plusieurs squats pallient ainsi l’insuffisance du droit commun.
La Préfecture de l’Hérault a décidé aujourd’hui qu’il était urgent de remettre ces hommes, ces femmes et ces enfants à la rue. L’expulsion s’est déroulée sans aucune évaluation sociale, sans même que les services de l’accueil d’urgence (115 / SIAO) n’aient été prévenus.

Malgré les multiples interpellations des associations, en dépit des instructions ministérielles qui recommandaient aux services de l’État de ne procéder à aucune expulsion sans solution de relogement, le Préfet de l’Hérault a ainsi organisé la cinquième expulsion de squat à Montpellier depuis la fin du confinement.

Des centaines de personnes ont été mises à la rue malgré les signes évidents d’une reprise de l’épidémie de COVID-19. Notre département fait partie des plus touchés, depuis de longues semaines.

Nous, associations de lutte contre la pauvreté, pour le logement et le droit des personnes, nous ne pouvons aujourd’hui que condamner cette nouvelle expulsion et nous désoler de ces décisions inhumaines et inadaptées.

Premiers signataires : Fondation Abbé Pierre, Médecins Du Monde Languedoc-Roussillon, Secours Catholique de l’Hérault, Cimade Montpellier, Uriopss Occitanie, MRAP de Montpellier, Association AREA

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