Toulouse : elle accroche une banderole anti-Macron à son balcon, elle termine en garde à vue

par maximefr 24 avril 2020
Sur Toulouse, un des locataires a été placé en garde à vue pour "outrage au chef de l'État" après l'accrochage de banderoles ! Crédit photo : DR

Après Paris, Marseille et Caen, ce sont des habitants confinés de Toulouse qui ont reçu la visite de policiers pour avoir brandi une banderole à connotation politique. Russie de Poutine ? Hongrie de Orbán ? Turquie d’Erdoğan ? Non, France de Macron… 

Le Poing relaie ce texte a été rédigé par des organisations et des associations toulousaines de gauche, pour alerter sur cette situation inquiétante.

Depuis un mois des habitants et habitantes de la Roseraie avaient affiché sur leur façade une banderole “Macronavirus à quand la fin ?”. Le 29 janvier dernier, c’est Charlie Hebdo qui avait fait sa Une avec une caricature de Macron ayant pour légende “Macronavirus”.

Ce 21 avril la police est arrivée chez eux pour leur ordonner de décrocher la banderole, ce qu’ils ont fait même si aucun motif légal n’était avancé. Ils ont également demandé à ce qu’un ou une des locataires donnent son identité, ce qu’une d’entre eux a fait. Le 22 avril, les forces de l’ordre sont revenues en rentrant dans le jardin sans autorisation pour lui remettre une convocation pour une “audition” ce 23 avril à 11h.

Elle s’y est rendue et a immédiatement été mise en garde à vue. Motif ? Outrage au chef de l’Etat ! Elle a été interrogée en vue de donner l’identité de ses colocataires, ce qu’elle a refusé tout comme le chef d’inculpation.

Cette habitante est sortie après 4h de garde à vue mais on lui a fait comprendre que cette affaire n’était pas terminée et que ses colocataires allaient également être convoqués. Nous dénonçons ces méthodes d’intimidation.

Nous sommes dans cette affaire confrontés à un cas grave de remise en cause de la liberté d’expression comme du droit à critiquer le pouvoir, y compris par la caricature. Et pour faire respecter cela, serions-nous face à la mise en place d’une police politique qui viendra jusque dans nos logements pour nous faire retirer nos panneaux des balcons ?

Car depuis le début du confinement des milliers de personnes accrochent banderoles et pancartes à leurs fenêtres pour dire ce qu’elles pensent de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. C’est l’un des rares moyens que nous avons pour exprimer nos revendications, le droit de manifestation ayant été suspendu dans le cadre du confinement.

Nous, organisations progressistes et démocratiques toulousaines, appelons à ce que ces pratiques répressives cessent immédiatement et soient condamnées par le gouvernement ou ses représentants. Le dossier doit être refermé sans aucune poursuite.


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