Après nos révélations sur la police municipale, de nouvelles images et une pétition pour dissoudre le GSO

Elian Barascud Publié le 16 octobre 2026 à 16:35
Le Groupement de Soutien Opérationnel, G.S.O) (floqué sur les badges qu’arborent ces agents sur leur torse) était présent lors de la manifestation du 8 octobre à Montpellier. (Photo de l’Observatoire des libertés de Montpellier).

De nouvelles images montrent des policiers municipaux de Montpellier, dont des agents du Groupement de soutien opérationnel (GSO), évacuer des militants de la campagne BDS pendant un discours de Michaël Delafosse, lors de l’Antigone des associations. L’un des policiers porte un bouclier anti-émeute. Dans le même temps, une pétition demande la dissolution du GSO (Groupement de soutien opérationnel)

Lundi 12 octobre, Le Poing publiait une enquête sur le rôle de la police municipale de Montpellier dans les manifestations lycéennes. Vidéos, photos et rapport de l’Observatoire des libertés de Montpellier à l’appui, nous montrions des agents municipaux casqués et équipés de boucliers. Ils prenaient part à des charges aux côtés de la BAC et formaient des barrages avec les CRS, alors que les textes interdisent de confier à la police municipale toute mission de maintien de l’ordre. Le premier adjoint Sébastien Côte assurait pourtant, le 6 octobre en Conseil municipal, que la police municipale n’était « en rien concernée ».

Les nouvelles images dont nous disposons ne viennent pas d’une manifestation. Elles ont été tournées le dimanche 6 septembre, pendant l’Antigone des associations, ce rendez-vous de rentrée où la Ville met en avant le tissu associatif montpelliérain. Michaël Delafosse, maire de Montpellier, prononce un discours sur scène. Des militants de la campagne BDS (Boycott, désinvestissements, sanctions) s’approchent alors en scandant « Delafosse réprime les soutiens à la Palestine ». Pour rappel, l’édile déclarait en juin 2023 qu’il est “mensonger de parler d’apartheid israélien”.

Le slogan ne sort pas de nulle part. En 2025, la Ville avait écarté de l’Antigone des associations la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien de l’Hérault (CCIPPP34). Dans un courrier recommandé, elle lui reprochait de ne pas avoir respecté son engagement à « ne pas communiquer sur la campagne BDS », un engagement que l’association conteste avoir pris. Fin août 2026, comme nous le racontions, l’association attendait toujours une réponse pour l’édition suivante.


Sur la vidéo, les militants sont repoussés loin de la scène par des policiers municipaux, parmi lesquels des agents du GSO. Ce groupement d’une vingtaine d’agents, créé à l’automne 2024, était déjà au centre de notre première enquête. L’un des policiers municipaux tient un bouclier de type anti-émeute. Pour évacuer quelques militants revendiqués non-violents venus perturber un discours, c’est un équipement pour le moins surdimensionné. Interrogé par un sénateur, le ministère de l’Intérieur rappelait dans une réponse publiée au Journal officiel du Sénat le 25 avril 2019 que les policiers municipaux ne peuvent pas participer physiquement au maintien ou au rétablissement de l’ordre. Le ministère en concluait que les casques, sauf pour les motards, et les boucliers anti-émeutes ne font pas partie de leur équipement. Faire reculer un groupe de militants, bouclier en main, relève-t-il de la simple surveillance du bon ordre, ou déjà du rétablissement de l’ordre ? C’est l’une des questions que nous avons posées à la mairie.

Nous lui avons aussi demandé pourquoi un policier municipal portait ce type de matériel. Une autre question reste ouverte : combien ces équipements de protection ont-ils coûté à la collectivité ? Nous avons demandé à la Ville les marchés publics et les factures correspondants. Nous réitérerons notre demande par courrier recommandé, puis saisirons la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA), comme nous l’avions déjà fait dans le cadre de notre enquête sur les aides indirectes à la presse versées par la Ville et la Métropole.

Une pétition pour dissoudre le GSO

Après notre enquête, La Libre Pensée, Les Écologistes Mosson et ATTAC ont lancé une pétition adressée à Michaël Delafosse et au préfet de l’Hérault. Elle reprend les faits documentés les 1er, 6 et 8 octobre et formule trois demandes : la dissolution immédiate du GSO, le retrait de tous les équipements anti-émeutes de la police municipale, et une enquête indépendante sur les faits signalés, avec d’éventuelles sanctions. Les signataires dénoncent aussi l’anonymat de certains agents, apparus masqués et sans numéro d’identification : « Nous refusons l’anonymat des agents, qui empêche tout contrôle et toute responsabilité. »

De son côté, Sébastien Cote, premier adjoint à la mairie de Montpellier a diligenté une enquête administrative selon Ici Hérault. Contactée, la mairie de Montpellier, n’a, une fois encore, pas répondu à nos questions.

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