Frais d’inscription à l’Université : à Montpellier, les syndicats dénoncent une “mesure de préférence nationale”
Plusieurs organisations étudiantes et associatives ont manifesté jeudi soir place des Martyrs-de-la-Résistance contre une mesure gouvernementale qui supprimerait la possibilité pour les universités d’exonérer les étudiants non-européens de frais d’inscription majorés
Ils étaient plusieurs dizaines à se rassembler jeudi 30 avril devant la préfecture de l’Hérault. À l’appel du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (SCUM), de la Cimade, des Jeunes insoumis et d’une dizaine d’autres organisations, étudiants, lycéens et personnels de l’enseignement supérieur ont manifesté leur opposition à une annonce du ministre de l’Enseignement supérieur : l’interdiction faite aux universités d’exonérer les étudiants étrangers hors Union européenne de frais d’inscription différenciés.
Ce dispositif, baptisé « Bienvenue en France », existe depuis 2018 et établit des frais majorés pour les étudiants extra-communautaires — jusqu’à 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master. Jusqu’ici, les établissements pouvaient choisir de ne pas les appliquer. C’est le cas à l’Université de Montpellier et à Paul-Valéry. La nouvelle mesure supprimerait cette marge de manœuvre.
Pour Kaïs, co-porte-parole du SCUM, le calcul est simple : « C’est un racket organisé juste parce que des gens n’ont pas le bon passeport. Ils paient leurs frais d’inscription seize fois plus chers que nous. C’est une mesure de préférence nationale. »
Thierry, représentant de la Cimade Montpellier, s’inquiète des conséquences concrètes pour des étudiants déjà fragilisés : « Beaucoup d’étudiants étrangers sont déjà obligés de travailler pour financer leurs études. Cette mesure va encore plus les précariser et rajouter un frein supplémentaire à la poursuite d’études. »
Les manifestants réclament le retrait de la mesure, l’abrogation de l’ensemble des frais différenciés et le rétablissement des aides sociales — APL et bourses — pour tous les étudiants quelle que soit leur nationalité.
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