Grève des AED du lycée Jules-Guesde à Montpellier : “On est à bout de souffle”

Elian Barascud Publié le 3 avril 2025 à 12:00 (mis à jour le 3 avril 2025 à 12:01)
Les AED du lycée Jules-Guesde étaient en grève pour dénoncer une surcharge de travail. ("Le Poing")

Depuis le lundi 31 mars, les assistants d’éducation du lycée Jules-Guesde sont en grève pour dénoncer un manque de moyens et d’effectifs ainsi qu’une surcharge de travail

“Lundi soir, la majorité de l’internat a eu fermer car nous étions en grève, c’est la première fois que ça arrive depuis son inauguration il y a sept ans”, raconte Anna* une assistante d’éducation du lycée Jules-Guesde. Un mouvement qui a continué le lendemain avec le soutien des accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH) , ainsi que ce jeudi 3 avril, pour dénoncer “une surcharge de travail”.

“Nos conditions de travail sont insoutenables, nous sommes huit à travailler pour 2 800 élèves, alors qu’il y a quelques années, on avait 1 000 élèves en moins, et entre temps le nombre d’AED en service n’a pas augmenté”, continue Anna. A noter que 21 AED travaillent sur l’établissement, (internat et externat), mais pas tous en même temps. Pauline*, une autre assistante d’éducation du lycée, témoigne : “On ne peut pas tout gérer d’un point de vue de la sécurité, et on a pas le temps de tisser du lien avec les élèves alors que c’est la base du métier, ils ne savent même pas où nous trouver. Même l’administratif on a du mal à gérer, on a des centaines de mails en attente.”

Ces conditions de travail “délétères” ont un effet sur la santé des AED selon Pauline : “On est fatigués, à bout de souffle, les arrêts maladies s’enchaînent.” Dans le tract qu’ils ont rédigés, ils évoquent “une collègue [qui] a dû enchaîner cinq nuits d’affilée à l’internat puis travailler en journée à l’externat, faute de personnel disponible”.

Les assistants d’éducation mobilisés demandent la création d’au moins 4 postes d’AED sur leur établissement et des augmentations de salaire. “On demande aussi que les CDD puissent durer plus longtemps ou qu’ils soient automatiquement reconduits, là on signe des contrats d’un an et on est jamais sûr d’être renouvelé”, précise Anna. La titularisation en CDI des AED après six ans d’exercice fait également partie de leur demandes, qu’ils ont émises à la direction, chargée de les faire remonter au rectorat.

En attendant, ils envisagent de poursuivre le mouvement s’ils ne s’estiment pas entendu, et on lancé une caisse de grève. Pour y participer, c’est par ici : https://www.cotizup.com/caissedegreveaedjulesguesde

* Prénoms modifiés

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