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Reportage 14 février 2021

Montpellier : 1500 manifestants à 140 BPM contre la loi sécurité globale | Photos

Du soleil, de la techno, des revendications, et un parcours inhabituel pour les 1500 personnes qui ont battu le pavé ce samedi 13 février contre la loi sécurité globale à Montpellier.

11h, le vrombissement des enceintes placées sur un camion sono commence à se répandre sur le marché du quartier Mas Drevon. Deux autres camions diffusant de la techno le précèdent, et des manifestants commencent à y fixer des banderoles contre la loi sécurité globale.
Peu après, le cortège se met en branle. Beaucoup de jeunes dansent, et la joie du lien social qui se recrée de manière éphémère, échappant un instant aux restrictions sanitaires arbitraires, emplit les esprits. L’incursion de la fête dans le politique dans une période où l’on se rend compte à quel point celle-ci est importante.

La presse locale, et même un certains nombre de militants politiques de notre bord, ont tendance à considérer « les teufeurs » comme des drogués hédonistes dépolitisés. Il leur suffira de lire les banderoles suspendues au camion « Loi sécurité globale, Maskarade (rave party du nouvel an sévèrement réprimée, ndlr), séparatismes, même combat », où d’entendre la prise de parole de l’un des collectifs, résolument opposé aux lois liberticides sur un point de vue politique qui dépasse celui de la fête libre, pour se rendre compte que le milieu de la free party n’est pas aussi dépolitisé qu’on le croit.

La manifestation a ensuite tracé sa route dans des quartiers résidentiels loin du centre ville, interdit par arrêté préfectoral, pour finir place Salengro, dans une ambiance festive.

Si la lutte contre la loi sécurité globale manque de perspectives de part l’affaiblissement de la coordination nationale, et que le débat stratégique sur la jonction avec la lutte contre le projet de loi contre les séparatismes divise au sein du collectif montpelliérain et en dehors, une chose est sure : ce que l’on retient de cette manifestation, c’est avant tout qu’elle a su apporter par la fête et la danse du lien social et de la joie, si absents en cette période. Et même si ça fait pas la révolution, en ces temps troubles, c’est déjà beaucoup !


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