Montpellier : Le SCUM fait irruption dans une cérémonie officielle organisée par le CROUS

Le Poing Publié le 26 mars 2025 à 14:49 (mis à jour le 26 mars 2025 à 14:53)
Ce mercredi 26 mars, des étudiants du SCUM ont perturbé une cérémonie d'inauguration de logements CROUS pour protester contre la hausse des loyers des logements universitaires. ("Jean-Luc Uedre/Le Poing)

Ce mercredi 26 mars, le Syndicat de Combat universitaire de Montpellier (SCUM) a perturbé une cérémonie d’inauguration de 72 logements étudiants dans le quartier Boutonnet pour dénoncer une augmentation des loyers dans les logements du CROUS

Grabuge, ce mercredi 26 mars, dans le quartier Boutonnet. Une inauguration officielle de 72 logements étudiants du CROUS avait lieu en présence d’élus et du préfet. Une cérémonie qui marquait un point d’étape, puisque 647 nouveaux logements étudiants devraient être construits à Montpellier entre 2024 et 2026, avec la volonté affichée de faire de la ville le premier parc locatif CROUS de France. Mais voilà qu’en plein milieu d’un discours, une dizaine d’étudiants du SCUM (Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier) a pénétré le barnum installé pour l’occasion en scandant “Se loger est un droit, pas un privilège”. Leur but : interpeller les autorités sur une augmentation des loyers des logements étudiants. 

Le Conseil d’administration du CROUS a essayé de la faire voter le 13 avril dernier, on s’y est opposé en faisant interrompre le Conseil, le vote a été reporté”, détaille Lorris, militant du syndicat. “Cette hausse représente 10 euros de plus par mois , on passerait de 275 à 285 euros par mois pour un 9m2 sans les APL, à partir de la rentrée prochaine. Pourtant, ’on sait que chaque euro compte, par exemple, un étudiant sur deux saute des repas.” 

Une mobilisation qui a choqué François-Xavier Lauch, préfet de l’Hérault, présent à la cérémonie : “Ce n’est pas le moment de faire de la politique, il ne faut pas regarder la bouteille à moitié vide mais à moitié pleine. Il y a des gens ici aux responsabilités qui essaient de vous aider.” 

Myriam, étudiante montpelliéraine et membre du SCUM, en a profité pour interpeller Michaël Delafosse, maire de Montpellier, sur ses conditions de vie : “Je vis en cité universitaire, on a eu des punaises de lits et je n’ai pas pu changer de logement pendant le traitement chimique. Une augmentation de 10 euros par mois, c’est énorme pour nous, alors que nos factures d’électricité ne font qu’augmenter. 150 étudiants se sont retrouvés à la rue à Montpellier en 2023 ! Il faut plus de logements.” Elle a également souligné le fait que les étudiants, principaux concernés par cette inauguration, n’avaient pas été invités à y prendre la parole. 

“Nous avons invité les représentants étudiants, mais on n’allait pas inviter les 80 000 étudiants de Montpellier. Cette inauguration est surtout là pour réunir les élus et les financeurs”, expliquait de son côté Sandrine Cloarec, directrice du Crous Montpellier Occitanie. Pour elle, cette hausse des loyers de 3,26% des loyers des chambres universitaires est inévitable : “J’entends le souci des étudiants d’être logé à des tarifs sociaux, mais nous avons besoin de maintenir notre capacité de production de logements. Cette augmentation servira à construire plus de logements et permettre à plus d’étudiants d’y avoir accès. Nous devons maintenir un équilibre entre les repas à un euro pour les étudiants boursiers et les logements à tarifs sociaux, en sachant que nos services de restauration ont connu une hausse de 25% de fréquentation en deux ans.”

Une réponse qui ne convainc pas Lorris, militant du SCUM : “Le CROUS a une capacité d’auto-financement de six millions d’euros par an, ce n’est pas aux étudiants de payer pour de nouveaux logements.” 

Le vote de cette augmentation aura finalement lieu le 1er avril prochain lors du Conseil d’administration du Crous, programmé en visio. Peut-être est-ce pour éviter que le SCUM ne vienne le perturber…

Elian Barascud et Jean-Luc Uedre

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