Monde
En Bref 21 juin 2020

Montpellier : manifestation de soutien aux Kurdes face aux bombardements de l’armée turque

Hier soir, samedi 20 juin, une soixantaine de personnes se sont rassemblés à Montpellier à l’appel du Centre Démocratique Kurde (CDK) pour protester contre la guerre menée par le président turc Erdogan au Kurdistan Irakien.

Au cours de la nuit de dimanche au lundi 15 juin, l’armée turque a bombardé le Sud Kurdistan (en Irak) avec une soixantaine d’avions de chasse ciblant notamment le camp de Makhmour (à une centaine de kilomètres d’Erbil), qui abrite 15000 réfugiés kurdes.  Le camp se trouve en principe sous la protection du Haut-commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (HCR). Une autre zone ciblée par les bombardements est la région kurde-yézidie de Shengal, lourdement attaquée par Daesh en 2014 ; la population de Shengal, qui ne s’est pas encore remise de ces massacres, subit aujourd’hui les bombardements de l’État turc.

Sur la place de la Comédie, des représentants du CDK ont pris la parole pour afficher leur soutien au peuple kurde. Ils dénoncent une violation du droit international par Erdogan, qui outrepasse les frontières aériennes pour bombarder des zones irakiennes. Le CDK en appelle aujourd’hui à la communauté internationale – les États-Unis, l’Union Européenne et l’ONU en tête – de « cesser de cautionner les agissements d’Erdogan » et de prendre des mesures de sanctions diplomatiques, économiques, voire militaires contre la Turquie. Les Kurdes sont un peuple éclaté entre la Turquie, l’Iran, la région du Kurdistan irakien et la Syrie, et se retrouvent encore sous les feux des projecteurs et des fusils. Les milices kurdes contrôlant le Rojava, cette région du nord de la Syrie expérimentant le confédéralisme démocratique, ont défait l’État islamique, avec le soutien aérien de l’armée étasunienne. Mais l’ennemi historique des Kurdes est l’État turc, qui a toujours perçu le projet d’indépendance kurde comme une menace, les Kurdes étant nombreux dans le sud-est de la Turquie. En octobre dernier, Donald Trump annonçait le retrait de l’armée étasunienne en Syrie. Les soldats turcs et leurs alliés islamistes en ont profité pour lancer une offensive contre les Kurdes syriens. La situation est explosive et nous rappelle que les forces impérialistes de l’OTAN – dont la France, les États-Unis et la Turquie –, bien que divisées, n’ont jamais été des alliés sincères des Kurdes : ils préféreront toujours une guerre menée par les islamistes et les nationalistes plutôt qu’une paix favorable à des milices se revendiquant comme révolutionnaires.


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