“On a peur qu’un drame arrive” : à Montpellier, le lycée Léonard de Vinci alerte sur le manque de moyens
Ce jeudi 12 février, les enseignants du lycée professionnel Léonard de Vinci, situé dans le quartier de la Paillade, étaient en grève. Face à une augmentation des violences au sein de l’établissement, ils demandent des embauches d’un CPE et de trois assistants d’éducation, ainsi qu’une baisse du nombre d’élèves par classes
Sur une soixantaine d’enseignants et de personnel de l’établissement, ils sont quarante en grève, ce jeudi 12 février. Depuis la rentrée, le lycée professionnel Léonard de Vinci, situé dans le quartier de la Paillade, à Montpellier, a connu trente conseils de discipline. “Il est arrivé des choses très graves”, décrit Matthieu Brabant, enseignant en maths-sciences et syndiqué à la CGT : “Agressions sexuelles, intrusions d’armes ou de drogues et de personnes extérieures à l’établissement, bagarres, incivilités, menaces et insultes quotidiennes envers toute la communauté éducative… On est en grève aujourd’hui pour alerter, on a peur qu’un drame arrive”, complète Sylvain Marchand, un autre enseignant du lycée, en faisant référence à l’attaque au couteau d’une enseignante d’un collège de Sanary-sur-Mer par l’un de ses élèves le 3 février dernier.
“Les moyens ne cessent de baisser”
“Il y a des choses qui se passent dans ce quartier qui se répercutent sur l’établissement, mais le manque de moyens ne fait qu’aggraver la situation, cela fait des années qu’on le dit mais on n’est pas entendu. Moi par exemple, des fois, je n’ai pas assez de chaises dans ma salle pour faire assoir tous mes élèves”, raconte Matthieu Brabant. Actuellement, un conseiller principal d’éducation (CPE) et six assistants d’éducation s’occupent de 600 élèves. “Trois AED sont destinés à l’internat, et avec les repos, on se retrouve parfois avec un seul assistant d’éducation en poste dans la journée, voire même avec une vie scolaire fermée”, décrit l’enseignant, pour qui supprimer l’internat afin de récupérer des heures d’encadrement la journée n’est pas une solution. “Nous demandons des classes de 24 élèves maximum que l’on peut dédoubler et l’embauche d’un CPE et de 3 AED”, énumère-t-il. Le sujet sera bien entendu à l’ordre du jour du conseil d’administration de l’établissement, qui devrait se tenir la semaine prochaine.
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