29 septembre : encourageante mobilisation héraultaise contre « une dégradation historique des conditions de vie »

Le Poing Publié le 29 septembre 2022 à 19:14 (mis à jour le 30 septembre 2022 à 18:03)
Dans les rues de Montpellier, près de 3500 personnes pour cette manifestation interprofessionnelle du 29 septembre.

1000 personnes à Béziers, 3500 à Montpellier : pour une mobilisation de rentrée, les cortèges héraultais organisés en lien avec la journée de grève interprofessionnelle du 29 septembre ont été relativement fournis.

Dès le milieu de matinée, environ un millier de manifestants se sont rassemblés devant la Bourse du Travail de Béziers pour défiler en cette journée de grève interprofessionnelle appelée par la CGT, la FSU, l’Union syndicale Solidaires et les syndicats étudiants et lycéens UNEF et FIDL.

Plus tard dans la journée, le cortège montpelliérain a lui aussi marqué une mobilisation encourageante dans la rue. Ni raz de marée, ni défilé de cadres syndicaux, puisque 3500 personnes ont battu le pavé entre la gare Saint-Roch et la place de la Comédie, via le boulevard du Jeu de Paume, le Peyrou et la rue Foch.

Coût de la vie et de l’énergie en nette augmentation, augmentations des salaires, des minimas sociaux et des pensions insuffisantes pour rattraper l’inflation : les représentants des confédérations syndicales présentes sont venus rappeler lors d’une prise de parole en clôture de manif que la guerre n’est pour rien dans cette « dégradation historique des conditions de vie », à l’heure où les grandes entreprises distribuent des dividendes records à leurs actionnaires. Dans le viseur également, la réforme des retraites, que le gouvernement Macron entend faire passer en force à grand renfort de concertations dans lesquelles personnes ne semble croire dans le cortège.

Encourageante journée de manifestation donc, surtout quand on prend en compte un contexte plus général. Cette journée du 29 septembre n’était effectivement pour les syndicats qu’une mobilisation de rentrée, une manière de prendre la température alors que l’envolée des coûts de l’énergie prépare un hiver particulièrement difficile pour toutes celles et ceux qui déjà ont du mal à boucler les fins de mois. Elle n’était appelée que par trois des grands syndicats, même si certaines fédérations comme la CFDT Cheminots ont pu rejoindre la grève. Elle s’adosse à un nombre très importants de luttes locales dans les entreprises, comme dans de nombreux autres pays européens, qui ne se traduisent pas forcément par une participation aux grandes journées interprofessionnelles mais offrent des victoires aux salariés. A titre d’exemple, le site d’Enedis Béziers est bloqué à l’appel d’une intersyndicale depuis cette matinée du 29 septembre par ses salariés, et ce jusqu’à nouvel ordre, pour des augmentations de salaires et des embauches. Notons également que la manif montpelliéraine était beaucoup structurée autour de cortèges de secteurs plus qu’autour des cortège de confédérations, signe que la lutte a un important ancrage dans les entreprises et les différents services publics.

A l’échelle nationale, les syndicats se félicitent de l’ampleur de la mobilisation. Si les cortèges n’étaient pas parmi les plus fournis de ces dernières années, le taux de grévistes est important dans certains secteurs, le nucléaire par exemple. Dans l’Éducation Nationale, le SNES-FSU compte 30% de grévistes en collèges et lycées. Le privé aura été également parti prenante de la mobilisation, avec de nombreux débrayages et des grèves importantes, que ce soit chez le constructeur automobile Stellaris, ou dans la chimie et la pétro-chimie.

Prélude à de grandes luttes nationales pour l’automne et l’hiver ? Possible. En attendant, le 3 octobre prochain seront invités dans les locaux de l’UNSA l’ensemble des syndicats français pour une intersyndicale qui décidera des modalités des mobilisations unitaires à venir. Des journées d’actions sont aussi prévues dans certaines branches, comme dans le secteur de l’énergie le 6 octobre. Et on ignore encore l’ampleur et l’impact que pourrait avoir la marche contre la vie chère programmée par la coalition de gauche NUPES le 16 octobre. Laquelle devra se passer de l’appui direct des confédérations syndicales, malgré de profondes divisions sur le sujet chez les syndicalistes.

Retrouvez dès demain notre reportage réalisé dans le cortège montpelliérain sur les perspectives de mobilisation à venir.

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