Montpellier : l’édition 2026 du Carnaval des Gueux sera surveillée par drones
La préfecture de l’Hérault a publié un arrêté autorisant la captation d’images par drones dans le centre-ville de Montpellier pour surveiller le Carnaval des gueux, traditionnelle fête subversive parfaitement désorganisée, qui doit avoir lieu ce mardi 17 février
Cette année, le Carnaval des gueux sera surveillé par drones, qui survoleront le centre-ville ce mardi 17 février. Dans un arrêté paru le 13 février, la préfecture de l’Hérault considère que que cette manifestation, “qui ne fait l’objet d’aucune déclaration”, présente des risques de troubles à l’ordre public : “Depuis dix ans, ces rassemblements dont l’objet de dégradations de mobiliers urbains, bris de vitrines, tags, d’incendies de containers à poubelles ou autre, de jets de projectiles sur les forces de l’ordre…”, écrit la préfecture.
Car en effet, le Carnaval des gueux, c’est « une vieille coutume parfaitement inorganisée à la gloire des culottes sales, des haleines fortes, des sales mômes et autres partisans de la méchanceté gratuite sans complaisance. » écrivait-on il y a quelques années dans notre petit historique du Carnaval.
Si les premières traces de cette coutume remontent au Moyen-Age (où riches et pauvres inversaient les rôles sociaux), il faudra attendre les années 80 pour voir un esprit subversif et volontiers émeutier resurgir à nouveau dans les rues du Clapas, sur fond de tambours, de grailles catalanes et autres batucadas.
Les riches étant sans doute moins enclins qu’avant à échanger de rôle, même sur un cours laps de temps, cette fête a été de plus en plus réprimée au fil du temps, et ce depuis 2004, édition particulièrement houleuse.
Pendant l’édition de 2017, la police a gazé le cortège dès 21h30 et deux personnes ont purgé une peine de prison pour des tags. En 2018, la police a gazé gratuitement les clients d’un bar, et a blessé plusieurs personnes, dont quelqu’un qui s’est retrouvé avec un trou dans la jambe à cause d’un projectile des forces de l’ordre. En 2019, une course-poursuite avec la police, qui avait bloqué le centre-ville, s’était terminée par une nasse place Carnot et en 2020, le cortège n’avait même pas pur partir et s’était fait nasser immédiatement.
Les dernières éditions ont néanmoins été plus calmes et festives, sans répression. En sera-t-il de même cette année ? Rendez-vous est donné mardi 17 février à 19 heures devant le parc du Peyrou.
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