La police municipale de Montpellier intervient elle contre les ventes de journaux à la criée à Montpellier ?

Julien Servent Publié le 20 mars 2026 à 17:09

Les membres du NPA Anticapitaliste de Montpellier se plaignent d’actions récentes de la police municipale visant à interrompre les ventes à la criée de leur journal devant la gare Saint-Roch. La mairie dément donner des directives dans ce sens. Le Poing avait pourtant déjà fait les frais de ce zèle policier contre la liberté de la presse, il y a un peu plus d’un an.

La police municipale montpelliéraine apprécie-t-elle la liberté de la presse ? Dans un courrier adressé la semaine dernière au maire PS de la ville, Michaël Delafosse, à son adjoint Sébastien Cote, chargé de la protection de la population et de la tranquillité civile, à la presse et aux « organisations politiques progressistes », le groupe local du NPA Anticapitaliste se plaint d’interventions envahissantes des policiers municipaux.

« Depuis de nombreuses années le NPA-A vend régulièrement son journal L’anticapitaliste sur l’espace public devant la gare Saint Roch. », explique l’organisation. « Depuis quelques semaines des agents de la police municipale avec, nous disent-ils, l’accord de […] Sébastien Cote, nous demandent d’arrêter cette vente car nous n’avons pas d’autorisation municipale et menacent de faire appel à la police nationale. »

La législation est pourtant plutôt claire sur la question. Les militant-es du NPA mettent en avant « une jurisprudence constante renforcée par l’article 13 de la loi du 9 décembre 2004 qui supprime totalement le régime de déclaration administrative pour les colporteurs, renforçant ainsi la liberté de distribution de presse et d’écrits sur la voie publique. » Avant de souligner une situation « d’autant plus choquante de la part d’une municipalité qui se revendique de la gauche. »

À l’autre bout de la France, à Lille, c’est une autre mairie PS, dirigée par Martine Aubry, qui en 2015 verbalisait le journal La Brique, au nom d’un arrêté municipal interdisant les ventes de journaux sur les marchés de la ville. Face au refus de la rédaction de payer l’amende, au nom de l’article 1 de la loi Bichet qui dispose que « la diffusion de la presse imprimée est libre [et que] toute entreprise de presse est libre d’assurer elle-même la distribution de ses propres journaux et publications périodiques par les moyens qu’elle jugera les plus convenables à cet effet », la mairie intente un procès. Résultat, en novembre 2016 : un acquittement.

Contactée par Le Poing, la mairie de Montpellier nie en bloc. « La police municipale de Montpellier n’a pas vocation à interdire les ventes à la criée des journaux proposés au public, dès lors que l’activité ne contrarie pas la libre circulation des usagers de la voie publique ainsi que les principes généraux qui fondent les arrêtés de police du Maire prévus par le code général des collectivités locales. », nous a-t-on répondu. « […] En l’espèce, aucune mission interdisant la vente des journaux évoqués n’a été demandé à ce jour à la Police Municipale sur le domaine public relevant de la commune de Montpellier. »

Vocation ou pas, on se souvient au Poing de quelques soucis similaires avec la police municipale pendant les distributions de notre journal papier, en février 2025. Les équipes de Sébastien Cote nous avaient déjà appréhendées, rue de la Loge, nous menaçant malgré notre argumentation de verbalisation, en l’absence d’une autorisation préalable demandée aux services de la mairie, comme pour les marchands ambulants.

À la rédac on s’était alors interrogé-es. Décision prise en haut lieu ? Initiative malheureuse des fonctionnaires de police, peut être suite à un dessin-caricature portant sur l’activité de la municipale à Montpellier, publiée dans le numéro en question (mais où est donc passé l’esprit Charlie) ?

Hier comme aujourd’hui, toujours aussi peu de clarté sur l’intérêt que porte la police municipale à la liberté de la presse.

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