Projet de loi Yadan : à Montpellier, les soutiens à la Palestine craignent “la fin des manifestations”

Elian Barascud Publié le 1 avril 2026 à 20:26
Ce mercredi 1er avril, quelques dizaines de personnes se sont réunies à Montpellier sur la place de la préfecture pour s'opposer au projet de loi porté par la députée macroniste Caroline Yadan. ("Le Poing")

Ce mercredi 1er avril, quelques dizaines de personnes se sont réunies à Montpellier sur la place de la préfecture pour s’opposer au projet de loi porté par la députée macroniste Caroline Yadan. Le texte, qui devrait être discuté à l’assemblée nationale mi-avril, prévoit l’introduction de nouveaux délits en assimilant à de l’antisémitisme la critique du sionisme ou des politiques de l’État israélien

Parmi les soutiens à la Palestine montpelliérains mobilisés sur la place de la préfecture, ce mercedi 1er avril, on s’interroge. “Pourra-t-on encore manifester dans quelques mois ?” Au cœur des inquiétudes, un projet de loi, porté par la députée macroniste Caroline Yadan. Le texte, dont la date d’examen avait été avancée au 2 avril, sera finalement débattu à l’assemblée nationale les 16 et 17 avril prochain.

Celui-ci prévoit notamment, au nom de la lutte contre l’antisémitisme, l’élargissement du délit d’apologie du terrorisme à des formes dites “indirectes”, voire à des propos jugés “banalisants” — sanctionnant non seulement ce qui est dit, mais aussi ce que cela pourrait laisser entendre. Le projet entend également créer de nouveaux délits en assimilant la critique du sionisme ou des politiques de l’État Israéliens à de l’antisémitisme.

“C’est une mise à mort programmée de la solidarité avec la Palestine”, analyse José-Luis Moraguès, co-fondateur du collectif BDS-Urgence Palestine à Montpellier. “Plein de slogans de nos manifestations vont être criminalisés”, commente Ibtissame, porte-parole du collectif, qui ajoute : “Le timing est troublant : Israël vient de voter une loi qui élargit et accélère le recours à la peine de mort pour les palestiniens sans procès équitable au nom de la lutte contre le terrorisme, et en France, on tente une nouvelle fois de nous museler alors qu’on attendait de notre pays qu’il se mobilise pour le droit et la justice.”

“Nous devons dénoncer le fait qu’une partie de la gauche soutient cette proposition, et normalise ainsi le génocide en cours”, appuie Alban Desoutter, membre de l’association La Libre Pensée. Michaël Delafosse, maire “socialiste” de Montpellier fraichement réélu, avait lui-même signé une tribune demandant l’interdiction de la critique du sionisme. Le militant voit dans ce projet une dérive liberticide pour le moins inquiétante : “Cette mécanique d’interdiction peut ne pas s’arrête là : on pourrait imaginer une interdiction de la critique des institutions françaises au motif que cela serait séditieux…”

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