Conseil Municipal de Montpellier : la guerre est déclarée entre socialistes et Insoumis

Elian Barascud Publié le 8 avril 2026 à 12:52 (mis à jour le 8 avril 2026 à 16:25)
Mairie de Montpellier. Photo de Mathieu Le Coz/Hans Lucas

Le premier Conseil municipal du mandat, ce mercredi 8 avril, consacré aux questions budgétaires et au règlement intérieur de l’assemblée, a fait l’objet de débats houleux entre la majorité socialiste et l’opposition issue de la France Insoumise, qui dénonce un “budget d’austérité” et une “concentration des pouvoirs” entre les mains du maire

De trois, ils sont passé à huit. L’opposition de gauche du conseil municipal a vu ses rangs plus que doubler depuis le précédent mandat, et s’impose désormais comme principal adversaire de la majorité “socialiste” à la mairie de Montpellier. Le Conseil municipal de ce 8 avril, le premier du mandat, en offre un exemple éloquent.

L’austérité, mais en mieux

Le débat d’orientation budgétaire, sujet principal de la séance, a opposé deux lectures irréconciliables d’un même chiffre : 157 millions d’euros de dépenses d’équipements. Pour la majorité, c’est la preuve d’une gestion solide — épargne brute au-dessus de la moyenne nationale, dette maîtrisée, taxe foncière stable. Pour l’opposition insoumise, c’est précisément le problème.

« Gérer la dette n’est pas une orientation politique », tranche Nathalie Oziol, cheffe de file de l’opposition de gauche, qui plaide pour un plan d’urgence contre la précarité. La pique est directe : pendant que le parti socialiste vote à l’Assemblée les budgets qui assèchent les dotations des collectivités — et la députée PS Fanny Dombre-Coste était dans la salle pour l’entendre — la municipalité en gère les conséquences et appelle ça de la rigueur. Antoine Bertrand, autre élu Insoumis, va au concret : la non-augmentation de la taxe foncière protège avant tout les propriétaires, minorité tranquille, pendant que les locataires subissent seuls l’explosion des loyers. « Le budget est à l’équilibre sur le papier, mais en déséquilibre face à la réalité des Montpelliérains », avance-t-il.

Julie Frèche, pour la majorité, a sorti le bilan en rafale — épiceries solidaires, gratuité des transports, encadrement des loyers — avant de conclure : « Gouverner, c’est choisir. Nous choisissons l’efficacité plutôt que les postures. » La formule est rodée. Elle évite soigneusement la question de ce qu’on ne choisit pas.

Gouverner seul, c’est aussi un choix

Car Delafosse, a, au cours de cette séance, aussi obtenu une extension de ses compétences propres : 29 décisions qu’il pourra désormais prendre sans vote du conseil municipal. L’opposition Insoumise a voté contre .L’un de ses élus, Rhany Slimane a proposé, sans succès, que les groupes d’opposition puissent inscrire des points à l’ordre du jour. Le règlement intérieur a lui aussi été simplifié — au point, selon Alenka Doulain, d’effacer toute référence à certaines commissions de contrôle et de créer « un flou » sur leur existence même. La majorité appelle ça de la simplification. L’opposition, un recul démocratique.

8 000 euros pour mieux comprendre les Montpelliérains

Dernier point notable : les indemnités des élus. Delafosse cumule la mairie et la présidence de la Métropole pour un total dépassant les 8 000 euros mensuels. Alenka Doulain a posé la question sans détour : « Vous allez être parmi le 1 % des revenus les plus élevés de notre ville. Cela crée une déconnexion. ». Une attaque renvoyée en boomerang par la majorité socialiste, évoquant avec gourmandise le cumul de mandats de la députée Nathalie Oziol, avant que Salim Jawhari, bras droit du milliardaire Mohed Altrad, ne s’en mêle, provoquant une engueulade dans l’hémicycle. Manu Raynaud (Vert de la majorité socialiste) a quant à lui défendu la nécessité de « bien payer ses élus ». Chacun ses priorités.

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