1er-Mai à Montpellier : un jour férié à défendre
4 500 personnes ont défilé à Montpellier à l’appel de l’intersyndicale, ce jeudi 1er mai. En toile de fond : un projet de loi gouvernemental qui entend autoriser boulangers et fleuristes à faire travailler leurs salariés lors de l’unique jour férié légalement chômé acquis par les luttes sociales
À l’appel de l’intersyndicale, 4 500 personnes ont battu le pavé à Montpellier ce jeudi 1er mai, dans un contexte particulier : pour la première fois depuis des décennies, le caractère chômé de la journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs est ouvertement contesté par le gouvernement.
Annoncé mi-avril, le projet de loi du premier Ministre Sébastien Lecornu autorise les artisans boulangers et fleuristes — dans les structures de moins de onze salariés — à faire travailler leurs employés le 1er mai, sur la base du volontariat et avec paiement double. Le texte, applicable à partir de 2027, avait déjà reçu l’aval du Sénat sous l’impulsion de sénateurs centristes, après que 22 boulangeries avaient été verbalisées en mai 2025 pour avoir ouvert en faisant travailler leurs salariés. Une « clarification juridique », selon ses promoteurs. Une brèche, selon les syndicats.
« C’est le seul jour férié et payé acquis par les luttes des travailleurs et des travailleuses », a rappelé Myriam Rivoire, secrétaire de l’Union locale CGT aire urbaine de Montpellier, au micro de fin de manifestation. Avant d’élargir la focale : « On est dans un contexte où les salariés ne peuvent plus mettre de l’essence dans leur voiture pour aller travailler, alors que les patrons de l’industrie pétrolière se gavent. » L’UNSA, de son côté, a pointé une logique d’extension prévisible de la mesure de Sébastien lecornu : « On le sait, l’exception risque de devenir la règle. »
La sécurité au travail a également occupé une place dans les prises de parole. Marie-Pierre, pour Solidaires, a rappelé que la Journée mondiale de la sécurité au travail, célébrée trois jours plus tôt, coïncide avec une recrudescence préoccupante des accidents mortels — y compris chez de très jeunes travailleurs. Elle a cité le cas de stagiaires, en écho notamment à la mort d’un lycéen de 15 ans, percuté par un engin de chantier le 17 avril à Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard, lors d’un stage. Une enquête administrative a été ouverte par le rectorat de l’académie de Montpellier.
Pour Serge Ragazzacci, secrétaire de l’union départementale CGT Hérault, rencontré en début de cortège, le débat sur le 1er mai sert avant tout à masquer d’autres urgences : « C’est un enfumage qui permet de ne pas parler des vrais problèmes : l’inflation galopante, les suppressions de postes dans l’industrie, les 5 millions de travailleurs privés d’emplois, la marche à la guerre. » Il a conclu sur un appel à faire de ce 1er mai une journée « internationaliste et antifasciste » : « L’extrême droite a toujours été l’ennemie des travailleurs. »
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