« Kamal n’est pas un dossier, c’est notre ami, notre coéquipier » : rassemblement devant la préfecture de Montpellier

Elian Barascud Publié le 20 mai 2026 à 20:22
Une centaine de personnes se sont rassemblées mardi 20 mai devant la préfecture de Montpellier pour exiger la libération de Kamal, membre du club omnisport Asteras, placé en rétention administrative au CRA de Sète depuis le 24 avril. ("Le Poing")

Une centaine de personnes se sont rassemblées mardi 20 mai devant la préfecture de Montpellier pour exiger la libération de Kamal, membre du club omnisport Asteras, placé en rétention administrative au CRA de Sète depuis le 24 avril, et dénoncer des politiques migratoires “déshumanisantes”

Sur le parvis de la préfecture, les membres du club Omnisport Asteras ont ramené des petites cages de foot et des ballons, ce mardi 20 mai. Un rappel de ce qui unit ce club à Kamal, 30 ans, fils de pêcheur algérien arrivé en France en 2021. Et peut-être aussi une allusion aux 45 m² grillagés qui lui servent de cour de promenade au Centre de Rétention Administratif de Sète — « une cage », selon les termes mêmes du contrôleur général des lieux de privation de liberté.

Le club dénonce ce qu’il qualifie de « contrôle au faciès caractérisé » lors de l’interpellation, gare Saint-Roch, le 24 avril. Kamal a été conduit au commissariat, puis transféré le lendemain au CRA. Sa rétention a depuis été prolongée jusqu’au 28 mai. Une audience devant le juge des libertés et de la détention n’est pas encore fixée. Depuis le centre, il garde le contact. Matthieu, fondateur du Football du peuple Montpellier, rapporte : « Au babyfoot, il appelle les autres joueurs du nom de ses coéquipiers d’Asteras. Parfois, il se tourne vers les caméras de surveillance pour demander la VAR. »

Outre le cas de Kamal, Mathieu, président de l’association Asteras, dénonce la privation de liberté dans les Centre de Rétention. « On est contre le cas par cas et les politiques migratoires actuelles. Il faut qu’il n’y ait plus personne en CRA. Kamal n’a pas besoin d’être exceptionnel pour mériter d’être libéré. »

En 2023, un rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté décrivait des locaux vétustes, des sanitaires sans verrou, une atmosphère de tensions — et relevait l’usage d’un Taser sur un retenu qui venait de s’automutiler. Les associations La Cimade et France terre d’asile notaient, la même année, une hausse continue des actes auto-agressifs. En mai 2024, dix personnes s’évadaient du CRA en une nuit.

Et la lutte ne s’arrête pas à Sète. Un CRA de 120 places doit ouvrir à Béziers d’ici 2027. Pour s’y opposer, un week-end de mobilisation est prévu les 3 et 4 octobre dans la région.

La prochaine audience de Kamal n’est pas fixée. Son club a déjà annoncé qu’il sera là.

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