« Il n’était même pas masqué » : à Montpellier, neuf jeunes déférés après une manifestation lycéenne

Elian Barascud Publié le 4 octobre 2026 à 13:03
Des policiers ont bloqué l'entrée du lycée Joffre le vendredi 2 octobre au début de l'après-midi. ("Le Poing")

Neuf jeunes ont été déférés samedi 3 octobre pour des accusations liées à la journée de mobilisation de la veille. Ils seront jugés le 8 décembre. La mère de l’un d’eux, âgé de 15 ans, décrit une interpellation violente. Elle s’inquiète aussi d’un contrôle judiciaire qui pourrait tenir son fils éloigné de son lycée

Ils sont neuf. Samedi 3 octobre, ces jeunes ont été déférés au tribunal de Montpellier pour leur participation à la manifestation lycéenne de la veille. Ils sont poursuivis pour dégradations et jets de projectiles Leur audience est fixée au 8 décembre.
Parmi eux se trouve le fils de Marie*, 15 ans. Il lui est reproché d’avoir lancé un feu d’artifice et une motte de terre sur des policiers, lors de la manifestation à Clemenceau. D’après sa mère, ces jets n’ont entraîné aucune interruption totale de travail (ITT). Marie a découvert l’interpellation de son fils le jour même, sur les réseaux sociaux. « J’ai vu des vidéos où mon fils était menotté. Les policiers l’ont giflé, l’ont frappé dans les testicules, ont arraché son jogging pour récupérer son téléphone. » Elle annonce son intention de porter plainte.

L’adolescent est désormais placé sous contrôle judiciaire. Il n’a plus le droit de se trouver à proximité d’une manifestation. Pour sa mère, cette mesure pose un problème très concret : « Comment va-t-il faire pour aller en cours, si son lycée est de nouveau bloqué ? » Un blocage est annoncé ce lundi. Elle gardera donc son fils à la maison, « de peur que la police le recroise ». Elle rejette l’image que dessinent les poursuites. « Ce n’est pas un casseur de flics. Il n’était même pas masqué et il était habillé de couleurs vives, pas en noir. Il était juste au mauvais endroit au mauvais moment. »

Le cas de Montpellier s’inscrit dans une vague d’interpellations à l’échelle nationale. Lundi 28 septembre, les manifestations et blocages ont donné lieu à 164 interpellations aux abords des lycées. Le lendemain, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez en annonçait 440, principalement des mineurs. Le même ministre avait déjà jugé que ces blocages « s’apparentent à des violences urbaines ». Il assurait aussi ne pas croire du tout que l’action des policiers soit disproportionnée. Samedi, Le Figaro faisait état de plus de 5 000 interpellations depuis le début de la semaine. Rapporté aux 2 248 900 lycéens de France, cela fait 0,22 %, soit environ un sur 450.

Les neuf de Montpellier, eux, seront jugés un 8 décembre.

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