Montpellier : le mouvement lycéen se durcit, la répression aussi
À la suite de la décision de la préfète de l’Hérault de fermer de nombreux lycées à Montpellier après la mobilisation d’hier, les lycéen·nes se sont retrouvé·es ce vendredi 2 octobre devant l’établissement Clémenceau. La police a usé de gaz lacrymogène, et un journaliste s’est fait percuter par la moto d’un policier alors qu’il filmait le mouvement. Les observateurs de la Ligue des Droits de L’Homme rapportent une dizaine d’interpellations.
La journée du 1er octobre a été mouvementée à Montpellier : plusieurs établissements étaient bloqués par des lycéens, et des départs d’incendies ont éclaté à Jules-Guesde, Mendez-France et Mermoz. Ce qui a conduit Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault, à ordonner la fermeture de ces établissements pour le lendemain.
C’est donc devant le lycée Clémenceau que se sont rejoint les lycéens et étudiants de l’université Paul-Valéry, ce vendredi 2 octobre. S’en est suivi toute la matinée un face à face entre la police et les personnes mobilisées. Des jeunes habillés de noir ont tiré au mortier et lancé des projectiles, la police a fini par répliquer avec du gaz lacrymogène. Une dizaine de personnes a été interpellée selon les observateurs de la Ligue des Droits de l’Homme. Le journaliste Valentin Levetti, fondateur de Stupmedia, s’est fait percuter la jambe par un des policiers à moto alors qu’il filmait le mouvement. Il était portait un brassard “presse” et était clairement identifiable. Les policiers, eux, ne l’étaient pas. Il a annoncé qu’il allait porter plainte.
Violences policières à #Montpellier : le journaliste Valentin Levetti, fondateur de @StupMedia était en train de couvrir le mouvement lycéen quand une moto de police lui a percuté la jambe. Il portait un brassard presse et était identifiable. Les policiers, eux, ne l’étaient pas https://t.co/Ns0J034cyJ
— Le Poing – Montpellier (@lepoinginfo) October 2, 2026
Les lycéens se sont ensuite rendus au lycée Joffre, où la police a utilisé du gaz lacrymogène pour disperser des jeunes qui tentaient de s’interposer lors d’une interpellation. L’ambiance s’est peu à peu détendue, et les jeunes ont fini par danser et faire des “battle d’aura” (comprendre, des danses et gestes tirés de la culture internet en face à face) devant un cordon de CRS.
Après Batman, Spiderman et des T-Rex, c’est Mickael Jackson qui est apparu ce 2 octobre, aux côtés des lycéen·nes, à #Montpellier aux abords de l’établissement Joffre, dont l’entrée est bloquée… Par des CRS ! https://t.co/DDizf20boS
— Le Poing – Montpellier (@lepoinginfo) October 2, 2026
Des moyens, pas des matraques
Derrière les images de poubelles en feu, les revendications n’ont pas varié depuis le début du mouvement. Parti de Créteil et d’Île-de-France avant de gagner de nombreuses villes, il a démarré à Montpellier le mardi 29 septembre, à Joffre, Jean-Monnet et Jules-Guesde, en pleine journée de grève de la fonction publique contre le projet de budget du gouvernement.
Les lycéen·nes réclament d’abord des moyens : des classes moins chargées (jusqu’à 32 à 35 élèves selon l’Union syndicale lycéenne), davantage de profs, de surveillant·es, d’infirmier·es scolaires et de psychologues, ainsi qu’une revalorisation du salaire des AESH, les accompagnantes d’élèves en situation de handicap, jugées trop peu nombreuses et mal payées. Ils et elles pointent aussi l’état du bâti : locaux mal isolés, intenables pendant les canicules, et l’exigence d’un plan de rénovation thermique pour adapter les lycées au changement climatique. À Clemenceau, un élève décrivait un escalier condamné faute de moyens pour le réparer, et des élèves contraints de faire cours par terre à la rentrée, faute de tables et de chaises. S’y ajoutent la pression de Parcoursup, des emplois du temps jugés trop lourds et l’inquiétude sur la santé mentale des jeunes.
Dernier mot d’ordre, apparu au fil de la semaine : la dénonciation des violences policières visant les lycéen·nes. Dès le 29 septembre, un membre de l’Observatoire des libertés de Montpellier rapportait l’usage d’une gazeuse à main sur des élèves devant Jean-Monnet. Un lycéen de Clemenceau résumait ainsi la situation : « On demande des moyens, ils nous envoient la police. »
Côté universités, les étudiant·es de Paul-Valéry demandent l’abandon de la hausse des frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·es et des moyens pour la fac et le Crous.
Vers le 6 octobre
L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent à une journée « décisive » le mardi 6 octobre, pour un financement massif des lycées et des universités.
Réuni·es en assemblée générale ce vendredi, une centaine d’étudiant·es de Paul-Valéry ont voté un nouveau blocage de la fac le lundi 5 octobre, et appellent à rejoindre la mobilisation nationale du lendemain.
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