Montpellier : des blocages lycéens réprimés par la police
Ce mardi 29 septembre, des élèves des lycées Joffre, Jean-Monnet et Jules-Guesde ont bloqué leurs établissements pour réclamer davantage de moyens et dénoncer le manque de professeurs. Ils affichaient aussi leur soutien aux lycéens franciliens, dont les blocages ont donné lieu à des dizaines d’interpellations ces derniers jours. À Jean-Monnet, un observateur rapporte l’usage d’une gazeuse à main sur des lycéens
Un membre de l’Observatoire des libertés de Montpellier (OLM) qui observe les pratiques policières en vue d’écrire des rapports, était présent devant le lycée Jean-Monnet ce mardi 29 septembre. Il raconte : « Les lycéens ont commencé à disposer des poubelles devant l’entrée vers 7h30. Deux camionnettes de la police municipale et une de la Compagnie départementale d’intervention sont arrivées et ont foncé dans le tas pour débloquer. Le proviseur a reçu une délégation d’élèves pour discuter de leurs revendications et le blocage a continué. Des équipes de la CDI sont arrivées, ont bousculé des élèves et ont fait usage d’une gazeuse à main sur des lycéens. »
Au lycée Jules-Guesde, une vidéo publiée en story Instagram par les Jeunes insoumis de Montpellier montre un policier maîtriser un jeune en le saisissant par derrière. “Il voulait juste récupèrer son sac derrière le cordon dressé par la police, mais les policiers ne l’ont pas laissé faire”, commente une témoin présente sur place.
Même chose au lycée Joffre, comme le raconte Mila, une lycéenne : “On est arrivé à 6 heures du matin, et à chaque fois qu’on a essayé d’installer le blocage, la police est intervenue. On s’est fait charger et bousculer, mais on a fait une chaîne humaine pour tenir.”
Un mouvement parti d’Île-de-France
Le mouvement a démarré à Créteil avant de s’étendre à plusieurs départements franciliens, porté par les réseaux sociaux. Le président de l’Union syndicale lycéenne (USL), Ryad Rani, énumère les griefs : manque de moyens, classes pouvant atteindre 32 à 35 élèves, manque d’enseignants mais aussi d’infirmières scolaires et de surveillants. Eli, lycéen de l’établissement Joffre, à Montpellier, détaille : “Notre mobilisation s’inscrit dans une journée de grève de la fonction publique contre le nouveau budget ultra-libéral que le gouvernement s’apprête à voter. On est là aussi parce qu’on en a marre de nos classes surchargées, et que l’on veut un vrai plan d’adaptation de nos lycées au changement climatique pour ne plus avoir cours sous 30 degrés. La question de la santé mentale des jeunes nous préoccupe aussi, un de nos camarades du lycée Mermoz a récemment fait une tentative de suicide, nous avons besoin de plus de moyens pour des infirmières scolaires, des psychologues…”
Lundi 28 septembre, environ 180 établissements ont connu des blocus, et 27 blocages totaux ont donné lieu à une intervention de la police, selon les chiffres relayés par franceinfo, qui fait état d’au moins 164 interpellations dans la journée. Le même jour, dans un message consulté par l’AFP, les ministres de l’Intérieur et de l’Éducation nationale, Laurent Nuñez et Édouard Geffray, ont annoncé que la police interviendrait en cas de violences ou de blocage total.
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