PoliceJustice
En Bref 25 mars 2020

À Carcassonne aussi, les prisonniers-mutins sont réprimés

par Le Poing

Surpopulation carcérale, hygiène déplorable, manque d’accès aux soins… : les prisonniers sont particulièrement exposés à la pandémie de covid-19. Depuis l’annonce du confinement, les détenus se sont mobilisés dans une trentaine de centres pénitenciers pour exprimer leurs inquiétudes.

Samedi dernier, une mutinerie « sans violence », pour reprendre les mots du procureur de Béziers, a éclaté à la prison de Gasquinoy, à Béziers. Un prisonnier a été mis en joug par une arme à feu – probablement un fusil à pompe, en dotation chez les surveillants pénitentiaires – et cinq détenus ont été condamnés, dont l’un à six mois de prison ferme avec mandat de dépôt pour avoir jeté une bouteille en plastique en direction d’un agent des équipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS), sans l’atteindre.

À Carcassonne aussi, les prisonniers se sont rebellés, dimanche dernier. Deux détenus auraient été interpellés et placés en garde à vue, et l’un d’entre eux devrait être jugé en comparution immédiate ce jeudi.

Les prisonniers sont privés de liberté, mais pas de dignité. Ils ont le droit de s’exprimer, et étant donné la gestion calamiteuse de la pandémie par le gouvernement et l’administration pénitentiaire, leurs inquiétudes sont légitimes, et la réponse apportée doit être sanitaire et non répressive. Respectons-les.


ARTICLE SUIVANT :

Covid-19 : la direction du CHU de Nîmes interdit au personnel de communiquer sur les décès