À Montpellier, la répression fait consensus aux municipales

Le Poing Publié le 30 janvier 2020 à 18:00 (mis à jour le 30 janvier 2020 à 19:51)

Ce mercredi 29 janvier, l’université de Montpellier accueillait le Grand Débat, première rencontre officielle entre les différents candidats et candidates à l’élection municipale de mars. Cet évènement co-organisé par le Bureau des étudiants de science politique et le média d’opinion Le vent se lève devait être l’occasion d’en savoir plus sur les programmes et les motivations des diverses forces en présence. Six listes étaient représentées (plusieurs candidats ayant choisi de ne pas participer), allant de la droite à la gauche radicale en passant par les écologistes et la République en marche en la personne du député de la majorité Vignal. Trois thématiques avaient été sélectionnées pour entendre leurs propositions : l’écologie, la sécurité, et le développement économique.

Le moins que l’on puisse dire est que ce débat est resté plat. Il ne fallait pas s’attendre à des propositions révolutionnaires en mesure de protection de l’environnement ou d’économie. Mais c’est la question sécuritaire qui a le mieux représenté ce consensus dominant la politique locale.

Chaque responsable politique à la tribune a dressé un portrait plus ou moins catastrophique de Montpellier. Le socialiste Delafosse a exprimé sa peur d’utiliser les transports en commun, quand le candidat de la droite Larue évoquait les témoignages terrifiés qu’il recevait. Avec des solutions toujours semblables : plus de commissariats, plus de contrôles, plus de policiers municipaux, voire même une police des transports (proposée par différents candidats). Plus virulente que le coronavirus, l’hystérie sécuritaire n’épargne apparemment personne : quand à droite on s’est lamenté des « punks à chien » de la Comédie, à gauche on a pu évoquer la casse du service public nuisant à la police, et souhaité d’avantage de « proximité » dans la répression. Larue a proposé de faire de Montpellier une « ville bleue » (couleur uniforme) car « la sécurité » serait « la première des libertés ».

Citant Rousseau, un intervenant du public a cependant rappelé qu’on pouvait tout à fait être en sécurité dans une cage nous privant de toute liberté. Et que la réalité locale d’une ville subissant la politique macronienne, avec ses violences policières désormais hebdomadaires, était en complet décalage par rapport à la fuite en avant des responsables politiques. Une remarque qui a forcé le député En marche à admettre que nous vivions une époque « autoritaire » marquée par des violences policières.

Les personnes de plus en plus nombreuses qui, chaque semaine, sont brutalisées, menacées, insultées, éborgnées, emprisonnées ou mutilées apprécieront donc que tous les candidats et candidates aux municipales se préoccupent de leur sécurité… En renforçant le nombre des bourreaux potentiels.

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