Social
Reportage 28 juillet 2019

À Montpellier, un samedi marqué par les gilets jaunes et un rassemblement pour Mamoudou Barry

par Le Poing
Une cinquantaine de gilets jaunes se sont réunis hier sur la place de la Comédie de Montpellier avant d’aller perturber un événement commercial au Polygone. Pendant ce temps, un rassemblement de soutien se tenait pour dénoncer le caractère raciste du meurtre de l’enseignant-chercheur Mamoudou Barry.

Des gilets jaunes peu nombreux mais déterminés

Vers 14h30 sur la Comédie, on comptait une cinquantaine de gilets jaunes pour la traditionnelle manifestation hebdomadaire. L’appel national fixé à Perpignan et la pluie ont visiblement fait fondre les effectifs. Après un trajet classique Comédie – Préfecture, l’idée de perturber la messe commerciale du Polygone a commencé à se répandre. Un événement promotionnel s’y tenait tout l’après-midi pour promouvoir la série « La Casa Del Papel » : un canon tirait des confettis et des bons de réduction au niveau de la Fnac. Les participants venus avec un haut rouge repartaient avec un masque. Ce jeu publicitaire a énervé les gilets jaunes, qui ont dénoncé la récupération marchande d’une série se voulant vaguement anticapitaliste, dans le sens où elle met en scène des braqueurs de banques qui redistribuent l’argent.

À 16h, les contestataires se sont postés sur les étages supérieurs et ont jeté des autocollants anticapitalistes et antifascistes, pendant que qu’autres chantaient des slogans anticonsuméristes, provoquant l’incrédulité voire l’affolement chez certains badauds. Très vite, la sécurité du centre commercial est intervenue pour rétablir un semblant d’ordre et pour rassurer les consommateurs. Les gilets jaunes sont repartis en demandant « Où est Steve ? », satisfaits d’être parvenu à mener une action malgré leur faiblesse numérique.

« Le racisme n’a pas de culture »

De retour sur les marches de l’Opéra, le micro-cortège est tombé nez à nez avec un autre rassemblement d’environ 150 personnes. L’enjeu était de dénoncer le meurtre de Mamoudou Barry, un enseignant-chercheur tué à Rouen le 19 juillet. Son agresseur présumé, interpellé avant d’être interné en hôpital psychiatrique, l’aurait traité de « sale noir ». Des marches similaires se sont tenues dans plusieurs villes.

Un manifestant a pris la parole pour rappeler la prégnance du racisme dans la société et les médias français : « S’il s’agissait d’un Français enlevé au Rwanda, toutes les chaînes de télé en parleraient, mais là, c’est le silence ! » L’assassin a d’abord été présenté à tord comme un supporteur algérien, ce qui a donné l’occasion aux organisateurs de rappeler que « le racisme n’a pas de couleur, pas de culture, pas de civilisation », avant de conclure sur un « stop au racisme, justice pour Mamoudou Barry », répété en chœur. Les manifestants ont pris la direction de la préfecture, suivi par une poignée de gilets jaunes, très attentifs aux prises de parole.


ARTICLE SUIVANT :

Extrême-droite : le porte-parole de la Ligue du Midi, Olivier Roudier, continue d’agresser en toute impunité