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En Bref 6 juillet 2019

Montpellier. « La police, dans le Lez ! » : 150 personnes manifestent en hommage à Steve

par Le Poing
Dans la nuit de 21 au 22 juin, lors de la fête de la musique à Nantes, la police a chargé, gazé, matraqué et lancé des grenades sur des fêtards, provoquant la chute d’au moins quatorze personnes dans la Loire. Steve, jeune homme de 24 ans, n’a pas donné de signe de vie depuis cette soirée. L’une de ses amies a précisé qu’il ne savait pas nager. Le 29 juin, une semaine après le drame, un millier de personnes ont manifesté à Nantes en hommage au disparu. Dans un billet, le média Nantes Révolté parle d’une manifestation plutôt triste : «Le parcours a été déposé en préfecture, et même modifié sur demande des autorités. […] En gilets oranges, le service d’ordre encadre de près le cortège. Au mégaphone, pas de slogans mais des rappels à l’ordre. […] La police peut attaquer une fête de la musique et tuer sans susciter de révolte générale. La barbarie s’installe. Dans un silence de mort ».

À Montpellier, à l’appel de l’événement facebook « Soulèvement populaire, soutenons les proches de Steve Caniço », lancé par une anonyme, nous étions à peine cent cinquante hier à manifester notre colère. Les manifestants se sont rejoints sur la place de la Comédie en début de soirée, vers 19h, avant de s’arrêter devant le commissariat, protégés par les casqués, et de faire demi-tour en direction de la préfecture, où ils sont restés une bonne heure devant la ligne de policiers. Outre les classiques « tout le monde déteste la police » et « la police mutile, la police assassine », on notera quelques nouveaux slogans, comme « La police, dans le Lez » (fleuve de l’Hérault) et « vérité pour Steeve, justice pour Zined » (morte en décembre suite à un tir policier). À la préfecture, les policiers se sont fait traiter de « tortionnaires », « d’assassins », et de « violeurs », mais le faible nombre de manifestants a empêché tout débordement. Vers 21h30, on ne comptait que quelques dizaines de personnes devant la préfecture, et autant de policiers. Pourtant, à Montpellier aussi, la police a gâché la fête de la musique en percutant en fourgon une dizaine de personnes, blessant sérieusement un piéton.

Nantes Révoltée a raison : « La police peut attaquer une fête de la musique et tuer sans susciter de révolte générale. La barbarie s’installe. Dans un silence de mort ».

En occitan : « quand il n’y aura plus de police, on fera la fête, on fera la fête, quand il n’y aura plus de police, on fera la fête, et on pourra tout péter ! »

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