Chronique ” Gaza Urgence Déplacé.e.s” | Compte rendu Hebdomadaire du soutien psychologique pour les femmes
1 septembre 2026
Dans le camp d’Al- Israa 20 femmes déplacées trouvent un espace d’espoir : quand une femme prend soin de son cœur
Dans les camps de déplacement, les souffrances des femmes ne commencent pas par un seul événement, mais s’accumulent jour après jour. Entre la gestion des affaires familiales, la prise en charge des enfants et la recherche des besoins essentiels, la femme déplacée vit sous une pression constante qui laisse des traces sur son corps, son esprit et ses émotions. Au milieu de toutes ces responsabilités, les femmes placent souvent leurs besoins personnels au dernier rang des priorités.
Le repos devient quelque chose que l’on remet à plus tard, la fatigue s’intègre à la routine quotidienne, les émotions refoulées restent présentes sans espace d’expression. D’oùl’importance de créer des espaces sûrs où les femmes peuvent s’arrêter un moment, respirer, parler de ce qu’elles ressentent et retrouver une partie de leur énergie psychologique.
La séance Mon cœur mérite d’être pris en charge : des femmes plus fortes, soutien et espoir a été organisé par l’U.J.F.P Au début de la rencontre, les participantes ont été invitées à parler de leur réalité quotidienne et des responsabilités et pressions constantes qui l’accompagnent. Les femmes ont parlé de la fatigue qui s’accumule au fil des jours et de la difficulté à trouver du temps pour elles-mêmes au milieu des besoins de la famille et des enfants. À travers le dialogue, les participantes ont commencé à revoir leur conception du prendre soin de soi, en s’éloignant de l’idée selon laquelle il s’agirait d’une question secondaire ou d’un luxe incompatible avec les circonstances difficiles. La séance a souligné qu’une femme qui s’accorde un espace pour se reposer, se libérer psychologiquement est capable de faire face à ses responsabilités quotidiennes.
Au cours de l’atelier, les participantes sont passées à la première activité de soutien psychologique et de décompression, qui leur a offert un espace calme pour exprimer leurs émotions et parler des pressions qu’elles portent en elles. L’activité a contribué à briser la barrière du silence et a encouragé les femmes à partager leurs émotions et leurs expériences dans une atmosphère fondée sur l’écoute et l’acceptation.
Les femmes ont participé à l’activité en partageant des situations et des expériences liées à leur vie quotidienne et aux charges psychologiques accumulées du fait des conditions de déplacement.
Leurs émotions similaires, malgré les différences entre leurs histoires personnelles a contribué à atténuer le sentiment d’isolement : demander du soutien ex,primer ses émotions ne constitue pas une faiblesse.
L’atelier s’est ensuite concentré sur le concept de soins personnels, considérés comme un ensemble de pratiques simples qui aident les femmes à retrouver un certain équilibre psychologique.. L’importance d’être attentive aux signaux envoyés par le corps et l’esprit lorsque la fatigue et le stress s’accumulent a également été soulignée. Ne pas garder constamment ses émotions pour soi et disposer de personnes de confiance avec lesquelles il est possible de parler lorsqu’on ressent de la pression ou de l’épuisement.
L’atelier est ensuite passé à la deuxième activité de soutien psychologique, qui s’est concentrée sur le renforcement des émotions positives et l’identification des sources de force chez les participantes. Au cours de cette activité, les femmes ont évoqué des situations et des expériences qui leur avaient permis de surmonter des moments difficiles, malgré la dureté des circonstances qui les entouraient. Le fait de revenir sur ces expériences a permis de mettre en lumière les capacités des femmes, auxquelles elles ne prêtent parfois pas attention au milieu de leurs préoccupations quotidiennes. À travers cette activité, la séance est passée d’un espace consacré à la discussion des pressions à un espace permettant de découvrir les sources de force et d’espoir.
L’atelier a également abordé l’importance des relations de soutien au sein de la communauté et le rôle des femmes dans le soutien qu’elles peuvent s’apporter les unes aux autres. La séance a encouragé les femmes à construire des relations fondées sur l’empathie, l’écoute et le soutien mutuel. Dans ce contexte, l’une des participantes a parlé de son expérience en déclarant qu’en raison de la multitude des responsabilités quotidiennes, elle avait pris l’habitude de se placer elle-même et sa santé à la fin de sa liste de priorités. Elle a expliqué que la séance lui avait rappelé que prendre soin de la famille commence également par prendre soin de soi et que prendre soin de son cœur et de son bien-être l’aide à continuer à s’occuper de ses enfants et de son foyer.
Une autre participante a, exprimé qu’après la fin de l’atelier, elle avait le sentiment d’avoir retrouvé une part d’espoir et d’énergie, qu’à travers les échanges avec les autres femmes, elle avait compris qu’elle n’était pas seule face à ces émotions et que les femmes pouvaient puiser leur force les unes auprès des autres. L’atelier a également souligné que le soutien psychologique ne devrait pas se limiter à la gestion des crises après leur apparition, mais qu’il devrait également inclure le renforcement de la capacité à s’adapter et à faire face aux pressions avant qu’elles ne s’aggravent.
D’un autre côté, la séance s’est concentrée sur l’importance de l’espoir en tant que source permettant aux femmes de poursuivre leur vie quotidienne. L’espoir n’a pas été présenté comme une manière d’ignorer la réalité difficile, mais comme la capacité à rechercher un sens et une motivation pour continuer malgré les circonstances. Les participantes ont également discuté de l’importance de célébrer les petites réussites et de ne pas minimiser la valeur des efforts quotidiens déployés par les femmes pour prendre soin de leur famille et préserver sa cohésion.
Les participantes ont affirmé que ces pratiques simples pouvaient leur offrir un espace pour retrouver leur équilibre au milieu des pressions de la vie quotidienne.
De son côté, l’UJFP continue, à travers l’Unité de travail de terrain, à mettre en œuvre des activités qui répondent aux besoins psychologiques et sociaux des femmes dans ces contextes. Cette séance s’inscrit dans l’importance de fournir des espaces communautaires sûrs permettant aux femmes d’exprimer leurs émotions, d’échanger leurs expériences et de renforcer leur capacité à faire face aux pressions.
Dans le camp d’Al-Isra, à l’ouest de Gaza, l’atelier a réuni 20 femmes déplacées autour d’une idée simple : une femme qui prend soin d’elle-même n’abandonne pas ses responsabilités, mais se donne plutôt la capacité de continuer à les assumer.
Prendre soin de son cœur et de son bien-être n’est pas un luxe, et le soutien mutuel entre les femmes peut constituer une véritable source de force et d’espoir.
Depuis le camp d’Al-Isra, les femmes ont emporté avec elles une idée essentielle : prendre soin de soi n’est pas de l’égoïsme, mais une première étape vers une femme plus forte et une famille mieux à même de faire face.
https://drive.google.com/drive/folders/135HGciCsnkNYoJJLCG1Cla4zwludfF1g
Une séance de sensibilisation destinée aux femmes déplacées dans le camp d’Al-Durra : Les smartphones entre utilité et risques
Dans le contexte du déplacement et des pressions psychologiques et sociales continues qui l’accompagnent, les smartphones sont devenus une partie intégrante de la vie quotidienne des familles, ainsi qu’un moyen essentiel pour communiquer, suivre l’actualité et accéder aux informations et aux services. Mais cette présence croissante de la technologie soulève également des questions concernant l’impact de l’utilisation excessive des téléphones sur les relations familiales, la santé psychologique et le comportement des enfants.
La séance intitulée Les smartphones entre utilité et risques : le téléphone portable, une arme à double tranchant, mise en œuvre par l’ UJFP a réuni Vingt femmes déplacées du camp d’Al-Durra. La séance a porté sur la manière de tirer profit du smartphone sans tomber dans un usage excessif ou dangereux. Les participantes ont expliqué que le téléphone était devenu un outil indispensable pour prendre des nouvelles de leurs proches, communiquer avec les membres de leur famille et suivre les dernières actualités, ainsi que pour rechercher des informations susceptibles de les aider à gérer les aspects de la vie quotidienne. Les femmes ont également parlé de l’utilisation du téléphone pour apprendre et accéder à des contenus de sensibilisation, estimant que la technologie leur avait fourni de nombreux moyens auxquels il était difficile de renoncer dans les circonstances actuelles. Cependant, la discussion a également fait ressortir un autre aspect de cette expérience d’utilisation, lié au temps prolongé que les femmes et les enfants peuvent passer devant les écrans. Les participantes ont abordé l’impact de l’utilisation excessive des téléphones sur la communication au sein de la famille, notamment lorsque le téléphone, au lieu d’être un moyen de communiquer avec les autres, devient un facteur qui réduit les échanges directs entre les membres de la famille. Les femmes ont également discuté des effets psychologiques liés à une utilisation continue, notamment le fait de suivre l’actualité et les réseaux sociaux pendant de longues périodes.
Une activité comprenant de simples exercices de respiration et de relaxation, a aidé les femmes à apaiser leur tension et à retrouver leur concentration, leur offrant un moment de calme au milieu des conditions de déplacement et des pressions accumulées qu’elles vivent. L’activité de relaxation était directement liée au thème de la séance, puisqu’une discussion a été menée sur le rapport entre une utilisation équilibrée du téléphone et la préservation du bien-être psychologique. Les participantes ont souligné que le téléphone pouvait constituer un moyen de divertissement et une échappatoire temporaire aux pressions, mais qu’il pouvait, dans certains cas, devenir une source supplémentaire de stress lorsqu’il était associé à une utilisation continue et au suivi de l’actualité et de contenus anxiogènes.
Le dialogue s’est ensuite orienté vers l’impact de l’utilisation des téléphones sur les enfants, ceux-ci étant parmi les catégories les plus exposées aux écrans et aux applications numériques.
Les femmes ont indiqué que certaines mères avaient recours aux téléphones pour occuper leurs enfants, notamment en raison de l’espace limité dans les lieux de déplacement et de la difficulté à leur offrir des alternatives de divertissement. Les participantes ont estimé que le téléphone pouvait constituer une solution temporaire, mais qu’il devenait problématique lorsqu’il se transformait en principal moyen par lequel l’enfant passe la majeure partie de son temps. La séance a abordé l’importance d’organiser le temps que les enfants passent devant les écrans, tout en veillant à connaître la nature des contenus qu’ils regardent et les applications qu’ils utilisent.
Elle a également souligné l’importance du dialogue avec les enfants, plutôt que de se limiter à l’interdiction, et de les aider à comprendre les risques présents dans le monde numérique d’une manière adaptée à leur âge. La séance a également abordé le concept de contrôle parental, considéré comme un moyen de protéger et d’orienter les enfants, et non comme un simple dispositif visant à imposer des restrictions à l’utilisation du téléphone. Les participantes ont été sensibilisées à l’importance de suivre les applications et les sites utilisés par les enfants, ainsi qu’à la nécessité de prêter attention aux contenus inappropriés ou aux personnes qui pourraient tenter de communiquer avec eux en ligne.

Dans un autre axe, la séance a abordé l’importance de protéger la vie privée et les données personnelles lors de l’utilisation des smartphones. Les femmes ont été informées des risques liés au partage d’informations privées, de photos ou de données avec des personnes qui ne sont pas dignes de confiance, ainsi que de la nécessité de se méfier des messages et des liens suspects.
Une attention particulière a également été accordée aux méthodes d’escroquerie numérique qui peuvent exploiter les besoins des personnes ou leurs conditions de vie afin d’obtenir des informations personnelles ou de l’argent. La séance a également abordé le problème des rumeurs et des informations non fiables qui se propagent rapidement par l’intermédiaire des téléphones et des réseaux sociaux. Les participantes ont souligné que le partage d’informations sans vérifier leur source pouvait contribuer à accroître l’anxiété et le stress, en particulier dans les circonstances exceptionnelles que vivent les personnes déplacées.
La séance a insisté sur l’importance de vérifier la source des informations avant de les publier ou de les partager, et de ne pas considérer comme une vérité confirmée tout ce qui est reçu par téléphone.
Au cours du dialogue, l’une des participantes a expliqué que sa perception de l’utilisation du téléphone avait changé. Elle a indiqué qu’auparavant, les femmes le considéraient comme un moyen de communication ou comme une façon d’occuper les enfants et d’atténuer certaines pressions à l’intérieur de la tente. Elle a ajouté que la discussion l’avait aidée à comprendre que laisser les enfants devant les écrans pendant de longues périodes sans surveillance pouvait comporter des risques qui ne sont pas immédiatement visibles. Elle a souligné que la protection de l’enfant dans l’environnement numérique faisait désormais partie de la responsabilité de la famille, au même titre que sa protection dans la vie quotidienne.
Dans une autre intervention, l’une des femmes a évoqué l’importance de trouver un équilibre entre tirer profit du téléphone et préserver la communication directe au sein de la famille.
Elle a déclaré avoir appris que le téléphone pouvait l’aider à accéder à des informations utiles et à répondre aux besoins de sa famille, mais qu’il ne devait pas entraîner une diminution du dialogue et des interactions entre les membres de la famille. Elle a expliqué que le problème ne résidait pas dans le téléphone lui-même, mais dans la manière dont il était utilisé et dans le temps qui lui était consacré.
L’activité a également constitué un espace permettant aux femmes d’exprimer leurs préoccupations et de poser des questions concernant les enfants, la vie privée et l’utilisation sûre des téléphones.
Les participantes ont souligné que l’utilisation consciente de la technologie ne signifiait pas s’éloigner du téléphone, mais plutôt tirer profit de ses possibilités.
À la fin de la séance, plusieurs messages essentiels ; la nécessité d’organiser le temps consacré à l’utilisation du téléphone, de surveiller les contenus auxquels les enfants ont accès, de protéger les informations personnelles et de vérifier les informations avant de les partager.et ne pas permettre au téléphone d’occuper la plus grande place dans la vie quotidienne.
À travers cette activité, l’UJFP a souligné l’importance de renforcer la culture numérique auprès des femmes déplacées et de leur fournir des compétences pratiques les aidant à utiliser la technologie de manière plus sûre et plus équilibrée. La participation de 20 femmes du camp d’Al-Durra, à l’ouest de Deir al-Balah, a constitué une occasion de dialoguer autour d’un sujet désormais présent dans les différents aspects de la vie quotidienne, allant de la communication et de l’apprentissage à l’éducation, à la santé psychologique et à la vie privée.
Entre sensibilisation, discussion et activité de relaxation, la séance a cherché à proposer une vision plus globale de l’utilisation du numérique, fondée sur la capacité à tirer profit de la technologie sans lui permettre d’affaiblir la communication familiale ou d’accroître les pressions psychologiques.
Ainsi, la rencontre n’a pas été seulement une discussion sur les avantages et les risques du téléphone, mais également un espace permettant aux femmes de réfléchir à leur relation quotidienne avec la technologie et à la manière de transformer son utilisation, d’une habitude qui consomme du temps, en un outil plus utile et plus sûr pour elles et leurs familles.
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