Chronique ” Gaza Urgence Déplacé.e.s” | Nouvel atelier de soutien psychologique pour les femmes
20 juin 2026Compte rendu de cet atelier dans le camp de Baladna à l’Ouest de Gaza :Entre les pressions et l’espoir
Dans le paysage humanitaire complexe que connaissent les camps de déplacés de la bande de Gaza, la tente n’est plus seulement un espace temporaire offrant une protection contre les intempéries ou un refuge imposé par la réalité du déplacement continu. Elle est devenue un monde à part entière derrière les fines parois de tissu qui séparent les familles du monde extérieur, se déroulent chaque jour des batailles silencieuses menées par les femmes pour préserver la cohésion de leurs familles et maintenir vivante la flamme de l’espoir dans le cœur de leurs enfants malgré les pressions accumulées et les défis croissants.
Les équipes de l’UJFP ont organisé un atelier de soutien psychologique Entre les pressions et l’espoir, dans le camp Baladna, à l’ouest de la ville de Gaza. Vingt-cinq femmes déplacées vivant dans le camp ont participé à cette activité. La séance a été organisée sous forme de cercle de discussion ouvert, dans un message symbolique affirmant que toutes les voix sont égales et que chaque femme a le droit d’être entendue et de voir son expérience humaine respectée.
La rencontre a débuté par une activité de présentation Je suis plus forte que je ne le pense Chaque participante a été invitée à citer une qualité positive qu’elle avait découverte en elle-même pendant la période de déplacement. Patience, capacité d’adaptation, sens des responsabilités, détermination à protéger la famille et aptitude à créer de l’espoir malgré les circonstances difficiles. Très vite, ces mots ont rappelé aux femmes l’ampleur de la force qu’elles possèdent dans ce qu’elles ont traversé.
Dans la partie principale de l’atelier, une discussion a été ouverte sur les pressions psychologiques auxquelles les femmes sont confrontées dans les camps. Les participantes ont parlé de l’inquiétude constante concernant l’avenir de leurs enfants, de la peur de ne pas pouvoir répondre aux besoins de leur famille et de l’épuisement causé par l’accumulation des responsabilités quotidiennes. Elles ont également évoqué la tristesse liée à la perte de stabilité et la nostalgie d’une vie plus normale, qui leur offrait davantage de sécurité, d’intimité et d’autonomie. L’une des participantes a expliqué que la chose la plus difficile à laquelle elle est confrontée chaque jour n’est pas seulement la dureté des conditions de vie, mais aussi ses efforts permanents pour cacher sa fatigue à ses enfants afin qu’ils ne ressentent ni peur ni anxiété. Une autre a souligné que la femme dans le camp assume plusieurs rôles simultanément : elle est mère, éducatrice, organisatrice et soutien psychologique pour sa famille, ce qui la rend constamment en besoin d’écoute et de soutien. Toutes ont convenu que parler des difficultés et les partager avec d’autres aide considérablement à en réduire le poids, tandis que l’isolement psychologique accroît le sentiment de fatigue et d’épuisement.
Une activité interactive intitulée La fenêtre de l’espoir. Chaque participante a reçu une carte sur laquelle elle a écrit un objectif qu’elle souhaite atteindre ou un espoir auquel elle s’accroche malgré les circonstances actuelles. Les cartes ont ensuite été accrochées sur un panneau collectif, créant une image forte qui reflétait l’attachement des femmes à la vie et leur confiance dans leur capacité à surmonter les crises.
La rencontre comprenait également un exercice de relaxation et de respiration profonde destiné à réduire le stress physique et psychologique. Pendant l’exercice, l’accent a été mis sur l’importance de s’accorder chaque jour quelques instants de repos, quelles que soient les difficultés. Une autre activité Une lettre à moi-même, a invité chaque participante à écrire un court message à elle-même contenant des mots d’encouragement, de soutien et des pensées positives pour l’avenir.
L’atelier a également comporté plusieurs activités récréatives légères destinées à réduire les tensions et à instaurer une atmosphère de détente et de bien-être. Les échanges ont porté sur les moyens de transformer les émotions négatives en énergie positive orientée vers l’action, la coopération et la planification de l’avenir, plutôt que de céder aux sentiments d’impuissance et de découragement. De nombreuses participantes ont souligné que les relations sociales au sein du camp constituent une source essentielle de soutien psychologique et que l’entraide entre voisines contribue à alléger de nombreux fardeaux quotidiens. De cette réflexion a émergé l’importance de construire des réseaux de soutien féminins capables d’apporter une aide pratique et morale lorsque cela est nécessaire. Au cours de la séance, de nombreux récits humains inspirants ont émergé, révélant l’ampleur de la force intérieure que possèdent les femmes malgré les défis.
À la fin de l’atelier, une activité collective L’arbre de la force a été réalisée. Les participantes ont inscrit sur des feuilles colorées les principales forces qu’elles reconnaissent en elles-mêmes et dans leur communauté. Ces feuilles ont ensuite été fixées sur un grand panneau en forme d’arbre symbolisant la résilience, la croissance et le renouveau.

L’importance de ces ateliers constitue un pilier fondamental des efforts de rétablissement psychologique et social dans la période post-conflit. En offrant des espaces sûrs pour le dialogue, l’expression et la libération émotionnelle, ces rencontres aident les femmes à retrouver confiance en elles et à renforcer leur sentiment de contrôle sur leur propre vie. Elles contribuent également à la création de réseaux communautaires solides et soutiennent les valeurs de solidarité et d’entraide dont la société a besoin pendant les phases de reconstruction et de relèvement. L’expérience de l’atelier Entre les pressions et l’espoir dans le camp Baladna confirme que l’investissement dans la santé mentale des femmes est un investissement dans l’avenir de la famille et de la société tout entière, et que la reconstruction de l’être humain est tout aussi importante que celle des lieux. Lorsqu’une femme retrouve son équilibre psychologique et la confiance en ses capacités, elle devient davantage capable de protéger sa famille, de soutenir ses enfants et de participer activement à la construction d’un avenir plus stable et plus humain. C’est ce qui fait de telles initiatives l’un des outils les plus importants pour la période à venir.
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