Alès : après plus d’un mois de grève, les salariés d’ATS-Marle arrachent primes et augmentations

Le Poing Publié le 18 novembre 2022 à 21:21
De nombreuses luttes pour des augmentations de salaires et de primes, comme ici chez ATS à Alès où les salariés ont gagné, ont lieu actuellement, ainsi que des initiatives contre la vie chère. Image d'illustration.

Depuis le 12 octobre, entre 90 et 95% des salariés d’ATS-Marle à Alès, entreprise de fabrication de prothèses médicales, étaient en grève pour des augmentations de salaire. C’est par une victoire que la mobilisation s’est terminée ce jeudi 17 novembre.

La grève avait commencé le 12 octobre suite à l’échec des négociations annuelles obligatoires (NAO). Les grévistes, organisés en assemblées générales, demandaient une augmentation générale des salaires de l’ordre de 160 euros bruts. L’Union Locale CGT d’Alès rappelait alors le chiffre d’affaire et les bénéfices de l’entreprise : respectivement 23 et 7 millions d’euros.

Il aura fallu attendre le 14 novembre pour qu’Heimo Wabusseg, numéro 2 du groupe, daigne se déplacer sur le site, feignant de ne pas avoir été mis au courant du mouvement en cour. Depuis le début du conflit la direction campe sur ses positions, en proposant 2% d’augmentation générale des salaires plus une prime (dite Macron, mais qu’on serait en droit d’appeler Gilets Jaunes) de 500 euros. Rappelons que selon l’INSEE, les prix ont augmenté de 6,2% en moyenne sur les douze derniers mois, et que les plus bas salaires sur le site d’ATS d’Alès étaient à peine au dessus du SMIC, de 28 euros.

Après la venue d’Heimo Wabusseg, les négociations deviennent quotidiennes. Le 16, la direction propose des augmentations de 100 euros pour les salaires supérieurs à 2000 euros et de 125 euros pour les autres à compter de 2023, plus une prime de 1500 euros. Nouveau rebondissement ce jeudi 17 novembre : alors que les clients de l’entreprise commencent sérieusement à s’impatienter face à l’arrêt de la production, un accord est proposé par la direction, voté à l’unanimité par les salariés puis signé dans l’après-midi par les trois organisations syndicales (CGT, CGC et CFTC) de l’entreprise. Avec une clause de confidentialité. A en croire Jérome Hauteville, délégué syndical CGT de la fonderie, on est très près des revendications initiales des grévistes.

C’est donc une grève longue, soutenue localement (la manif interpro du 18 octobre avait pour point de départ le site d’ATS) qui s’achève sur une victoire, preuve que la lutte paie !

Rappelons qu’aucun préavis n’est nécessaire dans le privé pour se mettre en grève de manière légale, sauf dans le cas de certaines boîtes en délégation de service public. Il suffit d’être au moins deux (à l’exception des appels nationaux ou interpro, la grève ne peut être individuelle que dans les entreprises qui n’emploient qu’un seul salarié) et d’avoir tenu son patron informé de ses revendications.

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