Après le 17 octobre, le parquet de Montpellier requiert la détention provisoire dans tous les dossiers
Ce lundi 19 octobre, quatre jeunes interpellés lors de la manifestation du 17 octobre comparaissaient devant le tribunal de Montpellier. Dans les quatre dossiers, le parquet a requis la détention provisoire, conformément aux consignes de fermeté adressées par le garde des Sceaux à tous les procureurs de France. Un seul est reparti en prison
Le tribunal a commencé à écouler les 63 interpellations annoncées par la préfecture après la manifestation du 17 octobre à Montpellier. Dimanche 18 octobre, sept personnes sont passées en audience de reconnaissance préalable de culpabilité. Quatre sont reparties avec une condamnation et six mois d’interdiction de manifester dans l’Hérault : un stage de citoyenneté pour l’une, huit mois de prison avec sursis pour les trois autres, dont une avec 500 euros d’amende en plus. Une cinquième dit être ressortie sous contrôle judiciaire avec 250 euros d’amende. Une autre a été placée sous contrôle judiciaire en attendant son procès en mars, et une dernière affirme être repartie sans poursuites après avoir vu le substitut du procureur.
Ce lundi, en comparution immédiate, les quatre prévenus ont tous demandé un délai pour préparer leur défense. Trois ont 19 ans et un casier vierge. A. est poursuivi pour avoir renvoyé des grenades lacrymogènes sur les policiers, pour participation à un groupement en vue de commettre des violences et pour port d’une machette ; il reconnaît les faits. L. pour des tirs de feux d’artifice visage masqué, S. pour avoir brisé les vitres de l’arrêt de tram Corum. R., 27 ans, déjà condamné pour outrage et rébellion, est poursuivi pour outrage, rébellion et violences sur un gendarme.
À chaque fois, le parquet a avancé le même argument : le risque de réitération, puisque de nouvelles manifestations sont prévues. Contre A., déjà placé en détention provisoire par le juge des libertés, le parquet a demandé son maintien en invoquant notamment son « peu d’empathie », confié lors de l’enquête de personnalité. Contre S., étudiant, il a affirmé qu’il venait en manifestation avec une batte de baseball. « On ne va pas enfermer toute la population », a répondu son avocat.
Le tribunal n’a suivi le parquet que pour R., placé en détention provisoire jusqu’à son procès le 23 novembre. Dans la salle, des soutiens se sont levés en s’adressant à la présidente de séance : « Vous brisez des avenirs, madame. » Les trois autres repartent sous contrôle judiciaire, avec pointage régulier et interdiction de manifester. Ils seront jugés les 11, 18 et 23 décembre.
Ces réquisitions ne tombent pas du ciel. Dès le soir du 17 octobre, Gérald Darmanin, ministre de la justice, a annoncé sur X avoir donné instruction aux parquets d’apporter une réponse judiciaire « extrêmement ferme ». Dans sa circulaire, le garde des Sceaux demande que la détention provisoire soit requise dès que les conditions légales sont réunies et qu’un risque de renouvellement des faits est identifié, en tenant compte du contexte collectif des faits. Le Premier ministre Sébastien Lecornu réclame lui aussi une réponse pénale élevée. Un appel à manifester à nouveau samedi 24 octobre circule déjà sur les réseaux sociaux.
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