Contournement ouest de Montpellier : le collectif AutreCOM dénonce des nuisances sonores “sous-estimées” à Juvignac
Le collectif AutreCOM a organisé, dimanche 29 mars, une simulation sonore à Juvignac pour alerter les riverains sur l’impact du futur contournement ouest de Montpellier. Alors que les travaux préparatoires ont débuté fin 2025, l’association critique des modélisations jugées incomplètes et appelle les élus à se saisir du dossier
Le projet de contournement ouest de Montpellier (COM), porté notamment par Vinci Autoroutes, poursuit son avancée. Les travaux préparatoires ont débuté à la fin de l’année 2025, après des années d’études et de procédures administratives, pour cet axe de 6 kilomètres destiné à relier les autoroutes A750 et A709. Mais sur le terrain, l’opposition s’organise. Ce dimanche 29 mars, à Juvignac, le collectif AutreCOM a mené une action de sensibilisation autour des nuisances sonores générées par le futur aménagement.
Une « mise en situation » pour les riverains
À l’aide d’une sonorisation portative et d’un sonomètre, les militants ont reproduit les niveaux sonores annoncés dans les études de Vinci. Objectif : permettre aux habitants de se projeter dans leur environnement futur. « Notre objectif était de sensibiliser les riverains avec cette action en reproduisant les bruits d’une autoroute », explique Céline Scornavacca, porte-parole du collectif. Selon AutreCOM, les résultats sont sans appel : même avec des écrans acoustiques pouvant atteindre cinq mètres de hauteur, les nuisances resteraient importantes. Le collectif prévoit de renouveler ces démonstrations dans d’autres secteurs concernés par le tracé.
Ses membres dénoncent par ailleurs les hypothèses retenues dans les études acoustiques fournies par VInci. « Il y a un véritable flou artistique concernant la maîtrise d’ouvrage. Selon nous, les simulations effectuées par Vinci sont sous-évaluées car elles ne tiennent pas compte d’une augmentation des flux, notamment des camions », affirme Céline Scornavacca. AutreCOM souligne notamment que les projections à l’horizon 2049 n’intégreraient pas le trafic induit par la nouvelle infrastructure. Le collectif pointe également des seuils réglementaires qu’il juge insuffisants : des bâtiments exposés à moins de 60 décibels en journée ne bénéficieraient d’aucune protection.
Des impacts au-delà du bruit
D’après les chiffres avancés par l’association, 113 bâtiments pourraient dépasser les seuils légaux de bruit une fois le projet réalisé. Parmi eux, 36 nécessiteraient des protections individuelles (changement de fenêtres, ventilation spécifique), sans traitement des espaces extérieurs. Autre sujet d’inquiétude : l’absence d’analyse des effets cumulés. Le collectif regrette que les études ne prennent pas en compte l’addition des nuisances sonores liées aux autres infrastructures existantes (routes, aérien, ferroviaire).
Enfin, AutreCOM insiste sur le rôle de la vitesse dans la production du bruit. Le choix d’une circulation à 90 km/h est jugé particulièrement pénalisant, alors que des alternatives à vitesse réduite auraient, selon l’association, un impact sonore moindre. Face à ces constats, le collectif appelle les pouvoirs publics à intervenir. « Nous espérons que le maire de Juvignac va se saisir de ce problème », indique la porte-parole.
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