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Tribune 17 mars 2020

Covid-19 : à Montpellier, les postiers se mobilisent contre leur direction pour leur droit de retrait

Poste Rondelet de Montpellier (capture d'écran Google Maps)

L’heure est au confinement généralisé pour pallier au péril mortifère du Covid-19, mais les autorités permettent cependant aux salariés ne pouvant pas télétravailler de continuer à se rendre au travail, plongeant ainsi des centaines de milliers de personnes dans l’incertitude et l’angoisse. À Montpellier, les postiers se mobilisent pour se protéger. Témoignage d’un postier du centre Rondelet :

« Ce mardi matin en arrivant à la Poste, on a constaté que la direction n’avait pris aucune mesure particulière. On a donc pris la parole pour appeler à une assemblée générale, et les facteurs sont sortis. On a rappelé ce qu’on disait déjà depuis plusieurs jours, à savoir que la Poste ne respecte aucune des mesures de prévention, nous mettant ainsi en danger, nous, nos familles, et tous les Montpelliérains. La direction est descendue pour nous dire que la Poste était un service essentiel à la Nation, et qu’il fallait donc retourner travailler. Mais on a voté à une large majorité pour un droit de retrait. Le temps que les syndicats formalisent le droit de retrait, le chef de la Poste a dit qu’il ne l’accepterait pas, avant de revenir sur leur propos. Mais les chefs de service ont mis la pression au maximum sur les postiers, et on est finalement qu’une trentaine à se retirer pour le moment, même si de nombreux autres refusent de faire les tournées en extérieur. Au final, la direction envisagerait de faire travailler la moitié des facteurs un jour sur deux, mais toujours sans protection. À Malbosc et Lunel aussi, des postiers ont fait valoir leur droit de retrait. »

La page facebook Postiers de Montpellier en Action précise que la comité hygiène et sécurité exceptionnel prévue ce matin ne s’est pas tenue, et qu’il a été signalisé un cas de « danger grave et imminent à Rondelet, Malbosc, Lattes-Mauguio, Saint-Jean-de-Védas et Coliposte ». Cette page appelle à se « battre pour notre santé » et à ne pas se laisser « intimider par une direction qui ne connait que […] le fouet pour nous obliger à travailler dans des conditions inacceptables, bien planquée pour la plupart dans leurs petits bureaux ou en télétravail. »


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